‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 299 sur 478 · PRÉFECTURE APOSTOLIQUE DU ZAMBÈZE · texte numérisé non relu

PRÉFECTURE APOSTOLIQUE DU ZAMBÈZE

or À «

Éd A

ENTALE, 1800-1890, 413 A A ES RE RE ee A QU quatre États Principaux : au sud, le Bétchouanaland, entièrement soumis à l'influence britannique ; dans Ja région du Moyen-Zambèze, l'État des Matabélés, qui, depuis, est tombé, lui aussi, Sous le protectorat de l'Angleterre ; à l'est, dans la sphère d'action du Portugal le royaume d'Um:zila; enfin au nord, dans le Haut-Zambèze, l'État des Barotsés, toujours déchiré par les révolutions. € On ne vicillit pas chez les Barotsés, » a écrit Élisée Reclus ; les missionnaires n'allaient pas tarder à en faire l'expérience. En dehors de ces quatre grands États, une vingtaine de roitelets cafres, les uns complètement indépendants, les autres sous le protectorat de l'Angleterre ou du Portugal.

Telle était, à grands traits, la situation politique de la mission du Zambèze, quand le R. P.

Depelchin vint en prendre possession avec ses COMpagnons, en 1879. On comprend que les difficultés et les souffrances de toutes sortes ne devaient pas manquer aux nouveaux apôtres Les Missions catholiques ont fait le récit des dix premières années d'épreuves, récit que je vais essayer de résumer.

Partis de Grahamstown (vicariat du Cap oriental), le 11 avril 1879, les Jésuites se rendirent dans leur lointaine mission sur de lourds wagons, trainés chacun par dix-huit à vingt bœufs ; c'est le seul véhicule en usage dans ces régions reculées de l'Afrique. Le 11 mai, ils étaient à Kimberley, la capitale de la Terre des Diamants. Leur Projet était de s'établir d'abord chez les Bétchouanas et chez les Matabélés, dans le sud de leur mission, En conséquence, poursuivant leur

C'est seulement en 1879 qu'un décret dela | Propagande, en érigeant la préfecture apostolique | du Zambèze, rouvrit aux Pres de la Compagnie de Jésus leurs missions de l'Afrique orientale, d'où la main brutale de

Pombal les avait arrachés En 1759. Bien des choses s'étaient passées d ces Cent vingt années, I rante du Portugal av

ans A puissance prépondéait fait place à celle de l'Angleterre, sauf dans la colonie du Mozambique ; toute trace de christianisme et de civilisation avait disparu de ces vastes régions, qui couvrent environ trois cents lieues carrées et comptent plusieurs millions d'habitants : à la place du fameux empire de Monomotapa, évangélisé par eurs dévanciers, les nouveaux missionnaires trouvaient, dans le bassin du Zambèze,

route, ils arrivèrent le 24 juillet à Shoshong, capitale du Bétchouanaland : mais le roi Khama, surnommé le gentleman de l'Afrique australe, les reçut fort mal, et leur refusa aettement la permission de s'établir chez lui, Ce prince avait été endoctriné depuis longtemps, lui et les siens, par les Wesleyens ; il fut impossible de le faire sortir de ce dilemme, qui lui avait été évidemment suggéré par ses prédicants : € Ou vous prêcherez la même religion de Jésus que les missionnaires arrivés avant vous, et, dans ce cas, je n'ai pas besoin de vos services : ou vous nous apporterez une autre religion, et alors vous amènerez le trouble et les dissensions religieuses ; je n'en VEUX pas, }

Il y avait bien une troisième hypothèse à

mn, Y

Ares -#age ie Ge

Ci en

ot dm,

poser, à savoir, si la religion qu'on lui avait d'abord enseignée était la vraie: mais le prince, stylé par ses prêcheurs, se refusa à la laisser discuter, et les missionnaires se virent forcés de remporter la bénédiction qu'ils apportaient à ce pauvre neuple. Espérons qu'à mesure que l'Angleterre établira son influence politique sur ces régions reculées, on verra cesser les prétentions intolérantes des ministres Protestants, prétentions bien singulières, il faut l'avouer, de la part de ceux qui rejettent toute autorité doctrinale, Que font-ils donc de leur fameux principe du libre examen, là où ils sont les maitres ?

Repoussés du Bétchouanaland, les voyageurs apostoliques arrivèrent, le 27 août, chez les Matabélés, où le roi Lo Bengula les reçut fort bien, et leur permit de s'établir. Ils sefixèrent à Gubulawayo, qui devint ainsi la station centrale de la mission du Zambéze, Néanmoins les débuts furent lents et pé- A nibles, et les missionnaires consumèrent #ur/ longues années à attendre, C'est seulement en 1883 qu'ils obtinrent la liberté de l'apostolat, Ils sc transportérent alors à Empé dani, où leurs prédications commencent à porter des fruits. Aux dernières nouvelles un certain nombre de noirs se préparaient sérieusement au baptéme, et chaque dimanche, Ja pétite chapelle est remplie de Cafres, qui assistent avec respect aux cérémonies et écoutent attentivement le catéchisme qu'on leur fait,

Pendant le temps qu'ils passèrent à Gubula- Wayo, les Pères employérent leurs loisirs forcés

P. Depeichin, de la Compagnie de Jésus, premier =—— +4 supérieur de la mission du Haut-Zambèze, d'après une photographie,

LIQUES AU XIXe SIÈCLE.

à parcourir leur immense mission, afin de reconnaître les localités les mieux disposées à recevoir la Bonne Nouvelle, Dés 1880, une expédition apostolique s'organisa pour le royaume d'Uinzila, dans la partie orientale de la mission, La caravane se composait de deux pré 5, les Pères Law et Wehl, et des Frères “iadley et Desadeleer. L'expédition devait aboutir à une catastrophe.

À moitié route, entre Gubulawayo et le kraal d'Umzila les voyageurs durent s'arrêter devant les ‘difficultés de la route et l'attitude hostile des populations, Pendant qu'ils délibéraient sur le moyen de sortir de ce mauvais pas le P. Wehl se perdit, et toutes les recherches qu'on fit pour le retrouver furent sans résultat, Le P.

Law, demeuré

seul avec lesdeux Frères, se vit forcé d'abandonner le wagon et de s'enfuir à pied jusqu'auprès du roi d'Umzila, qui le reçut bien, et donna

même quelques-uns de ses gens pour aller dégager le wagon resté en détresse ; le Frère Desadeleer les acCOMpagna, et le P, Law, demeuré en compagnie du Frère Hadley, ne tarda pas à tomber malade d'épuisement et de fatisue, Au bout de quelques jours, il était à l'extrémité et mourait bientôt, comme saint François Xavier, sans aucune assistance, seul, dans une hutte ouverte au vent et à Ja pluie, pendant que le Frère Hadley, presque aussi malade, agonisait de son côté, Contre toute espérance, celui-ci se rétablit : le Frère Desadeleer ramena le chariot, le P,

fe |

NA Re Ue 4 a en a | é— mm À —————— .

LES MISSIONS DE L'AFRIQUE ORIENTALE, 1800-1890, 415 Une ee ee PPES En le nn An da bond Wehl se retrouva, et l'on PUEUR moment espérer | fallut aviser à sortir de cette situation, Les ina de meilleurs Jours, Le Père s'était SSATE au | missionnaires n'avaient plus de provisions et ne expédition milieu des hautes herbes ; il avait errc plusieurs | plus de marchandises pour s'en procurer, Le ume d'Urnzila, jours dans ces solitudes, JuSqu à ce qu'il fût ren- Frère Desadeleer proposa de Pousser jusqu'au sion Latéars. contré par une troupe de chasseurs curopéens, | poste Portugais de Sofala, pour demander du res, les Pères | qui lui avaient prodigué tous les soins que | secours. Malheureusement le R. P. Wehl, Ja diey et Desa- réclamait son état, Mais sa santé restait irrévo- | tête encore affaiblie par les souffrances qu'il » EUne tue | cablement compromise : quand il arriva au kraal avait endurées, voulut absolument être du

yo et le kraal Imzila,les voy- ‘urs durent rêter devant difficultés de oute et l'atti- > hostile des ulations. Pen- : qu'ils déliient sur le en de sortir è mauvais pas Wehl se perct toutes les erches qu'on ur le retroufurent sans tat. Le P.

, demeuré ivec lesdeux es, se vit for- ‘abandonner agon et de ir à pied auprès du Umzila, qui çut bien, et a même ues-uns de on resté en CcCoMmpagna, e du Frère lade d'épuiques jours, tôt, comme assistance,

et à la pluie, 16 aussi ma-

se rétablit :

ariot, le P.

d'Umzila, il était dans nn état de surexcitation fébrile, qui faisait craindre pour ses jours, Cependant la petite colonie s'installa de son mieux dans une hutte abandonnée, Pour passer la mauvaise saison, Au Printemps de 18841, il

Page 1