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LIQUES AU XIXe SIÈCLE.
droits de ïa France, l'influence de l'Angleterre, finirent par lasser la patience du gouvernement français, On se rappelle qu'en 184oles Sakalaves de la côte occidentale, pour éviter d'être absorbés par les Hovas, s'étaient mis sous le protectorat de la France. Vers 1880, les RR,. Parrett, Shaw et Pickersgill, dignes successeurs de M. Ellis, avaient essayé de soulever contre nous les Sakalaves et les habitants des petites iles malgaches, Arguant du titre de reine de Madagascar, que le traité de 1868 avait eu Île tort de reconnaitre à la souveraine des Hovas, le fameux Shaw avait décidé quatre des principaux chefs sakalaves à envoyer chercher à Tananarive le pavillon de la reine et à accepter sa suzeraineté sur leur pays.
Averti de ces menées anti-françaises, le brave commandant Letimbre, chef de la station navale, adressa au premier ministre d'énergiques réclamations ; celles-ci n'ayant abouti à rien, il alla arracher de sa main les deux drapeaux hovas qui flottaient déjà sur le territoire protégé par la France. Les Hovas envoyèrent alors en France une ambassade, qui commença par aller chercher son mot d'ordre à Londres. Les négociations n'ayant pu aboutir, parce que les Hovas, soutenus par l'Angleterre, ne voulaient rien rabattre de leurs prétentions, le contre-amiral Pierre fut chargé d'ouvrir les hostilités. 11 commença par bloquer la côte, s'emparer de Tamatave et mettre la main sur le Rév. Shaw, cause première de la guerre, Cet acte énergique suscita aussitôt les protestations de l'Angleterre, qui, sentant le gouvernement français prêt à céder, le prit de très haut, à son habitude. Le ministère ayant jugé bon de désavouer son représentant et d'accorder une indemnité au Révérend, ainsi dérangé dans ses menées anti-françaises, l'amiral Pierre, atteint subitement d'une ophtalmie opportuniste, revint en France, A cinquante ans de distance, c'était le pendant de l'affaire Pritchard,
Les tergiversations de nos parlementaires et l'insuffisance numérique des troupes engagées contre Madagascar prolongèrent pendant près de trois ans une lutte peu glorieuse, qui aboutit à un traité assez peu avantageux, signé le 17 décembre 1885. Ce traité reconnait, une fois de plus, les droits de la France sur Madagascar, mais en réservant aux autorités hovas l'administration intérieure de l'ile. La France a le droit
de se faire représente: à la capitale par un résident, assisté d'une garde de vimgt.cing soldats, Après avoir attendu céng ans, l'Angleterre vient enfin de se décider à reconnaitre les droits des Français sur Madagascar, en échange de l'abandon de ceux qu'ils possédaient, de concert avec elle, sur Zanzibar (:890). Tel quel, ce traité règle pour le moment nos relations avec les Hovas. Il vaudra tout juste ce que l'autorité morale du résident pourra obtenir,
Dès le commencement des hostilités, tous les Français et les missionnaires furent expulsés de Madagascar et forcés de se réfugier à la côte. En vain deux de ces derniers voulurent exciper, l'un de sa nationalité belge, l'autre de sa nationalité britannique : € Français et catholiques, répondirent les Hovas, c'est tout un, vous partirez tous. }
À la capitale, les choses se passèrent assez correctement, parce qu'on était sous les yeux de la reine, qui avait recommandé de garder ‘les convenances internationales ; mais, dans l'intérieur, la haine protestante se donna libre carrière et des scènes odieuses se produisirent : on refusa aux exilés des porteurs, même payés par eux ; on les obligea de gagner Tamatave à étapes forcées ; on défendit aux villages de leur rien vendre, pas même un verre d'eau : € Vivez avec vos provisions ou mourez, tel est l'ordre de la reine, » dirent les officiers ; on les accabla de mauvais traitements ; on leur vola en chemin le peu d'effets et d'argent qu'ils avaient pu emporter. Plusieurs missionnaires, les PP. Morisson, de Batz et le Frère Brutail, étaient malades au moment du départ; ils durent se trainer à pied comme les autres,
€— Vous n'aurez pas de porteurs, dirent en riant les officiers malgaches ; si nous avions l'ordre de vous tuer, nous le ferions avec grand plaisir ; mais nous avons l'ordre de vous faire marcher, et vous marcherez, »
À Ja fin, le P. de Batz et le Frère Brutail, épuisés par les fatigues inouïes et les tortures morales qu'ils avaient endurées dans leur long voyage d'Ambositra à la côte, expirèrent en chemin (27 et 28 juillet 1883).
Les populations malgaches témoignèrent généralement assez d'égards au passage des exilés, mais plusieurs prédicants s'oublièrent jusqu'à insulter bassement les malheureux qu'ils faisaient