Voir Le Zour du Monde en J. 130 jours, par Michel
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cinq colonies distinctes et indépendantes les unes des autres : La Nouvelle Galles du Sud, Capitale Sydney ; Victoria, capitale Melbourne ; le Queensland, capitale Brisbane ; l'Australie occidentale, capitale Perth ; l'Australie septentrionale, capitale Palmerston, On peut y joindre la Tasmanie, capitale Hobart-Town, et la Nouvelle- Zélande, capitale Auckland, Ces sept colonies s'administrent elles-mêmes par des parlements et des conseils exécutifs librement élus, sous la présidence d'un gouverneur envoyé par la Grande-Bretagne, C'est de l'autonomie et de la décentralisation bien entendue, et ce système libéral permet à nos voisins, sans entretenir au loin des armées dispendieuses, de faire rayonner leur influence dans les cinq parties du monde,
L'Australie, ayant commencé par être une colonie pénitentiaire, comptait, à la fin du der. nier siècle, un certain nombre de déportés irlandais, qui soupiraient naturellement après le ministère d'un prêtre catholique, seule consnlation à leur lointain exil. Dès 1798, deux prétres furent envoyés d'Irlande pour assister leurs malheureux compatriotes, qui avaient d'autant plus besoin de secours -pirituels que, frappés par la justice des hommes, ils n'avaient plus rien à attendre que de la miséricorde de Dieu qui pardonne toujours au repentir. L'intérêt politique bien entendu eut dà favoriser cette mission toute de charité et de réhabilitation sociale, mais l'intolérance protestante ne l'entendait pas ainsi, et les deux missionnaires furent forcés presqu'aussitôt de se rembarquer.
Vingt ans après, on fit une seconde tentative, qui n'eut pas d'abord un meilleur résultat. 1] y avait déjà en Australie quelques milliers de colons libres, à côté des condamnés à la déportation ; dans ce nombre, il se trouvait des catholiques. Le Rév. Flinn fut envoyé par le Saint- Siège, avec le titre d'archiprêtre, et débarqua à Sydney, dans le courant de 1818, [1 fut accueilli avec enthousiasme par le petit troupeau catholique, mais les autorités coloniales, sous prétexte qu'il n'avait pas de permis de résidence, ce qu'aucune loi n'exigeait, le jetérent en prison, quelques mois après son arrivée, le privant de communication avec les fidèles, et l'embarquèrent de force sur le premier bâtiment qui fit voile pour l'Angleterre, Pour comprendre cet
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488 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXM"e SIÈCLE,
acte, #osolument illégal et inhumain, il faut se rappeler ce que j'ai dit ailleurs de la recrudescence de fanatisme qui se manifesta à cette époque dans toutes les colonies britanniques,
'archiprêtre, enlevé subitement, avait été forcé de laisser le Saint Sacrement dans la maison d'un catholique de Sydney, qui servait de lieu de réunion aux fidèles,
Deux ans après, quand la Grande-Bretagne se décide. enfin à autoriser le passage de deux prêtres catholiques en Australie, ils trouvèrent parfaitement conservées les saintes espèces, qui avaient été déposées dans le tabernacle deux ans auparavant, Pendant ce long espace de temps, les catholiques de Sydney et des environs avaient monté une garde d'honneur devant le divin prisonnier de l'Eucharistie, et Dieu avait fait un miracle pour récompenser la foi et la piété de ce bon peuple,
La mission d'Australie était commencée, mais les débuts furent longs et pénibles, La mauvaise volonté de l'administration coloniale et la dureté draconienne du régime auquel étaient soumis les transportés à Botany.Bay, paralysaient tous les efforts du zèle, À cette époque, la Nouvelle- Hollande (Australie et Tasmanie réunies) relevait au spirituel du vicariat apostolique de Maurice, qui manquait également d'hommes et de ressources pour cultiver un champ situé presqu'aux antipodes, En 1832, un Bénédictin anglais, le R. P, Ullathorne, mort plus tard évêque de Birmingham (Angleterre), fut envoyé en Australie, avec le titre et les pouvoirs de vicaire-général de l'évêque de Maurice, Il trouva, dans toute l'Australie et la Tasmanie réunies, trois prêtres, une église inachevée, deux misérables chapelles et quatre écoles, pour 20.000 catholiques : et, ce qui est plus triste encore, une population complètement démoralisée par la rigueur excessive des châtiments auxquels les déportés étaient alors soumis. T faut lire dans les Annales de la Propagation de la Foi (1) la description de ce bagne, véritable image de l'enfer : comme unique moyen de moraliser ces masses de déportés, le fouet, le gibet ou la hache ; une promiscuité dégoûtante entre les plus vils scélérats et ceux qui, n'ayant succombé que par faiblesse, auraient pu se relever par le repentir ; aucun secours religieux pour adoucir