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gouvernement cantonal déclara qu'il refusait l'érection du siège épiscopal réclamé par ses prédécesseurs, et demanda l'adjonction du Tessin au diocèse de Coire ou à celui de Bâle.
C'était se moquer du Saint-Siège; l'union demandée était impossible à cause de l'éloignement, de la difficulté des communications à travers des montagnes inaccessibles, et de la différence des idiomes, le Tessin étant de langue italienne, pendant que Coire et Bâle sont de langue allemande.
Cependant le gouvernement tessinois n'en poursuivit pas moins sa pointe, avec l'obstination implacable de l'esprit sectaire. N'ayant pu amener Rome à ses vues, il s'adrzssa à la diète fédérale, et demanda la rupture de l'union diocésaine. Le 12 juillet 1859, l'assemblée fédérale, sans tenir compte des droits acquis, Sans SC préoccuper de pourvoir au gouvernement spirituel de 130,000 catholiques, décrétait que les évêques de Côme et de Milan n'avaient plus aucune juridiction dans le Tessin.
Depuis lors, le canton du Tessin se trouva officiellement en dehors de la hiérarchie catholique. Le gouvernement n'y reconnut pendant longtemps l'autorité d'aucun évêque, et les prétres fidèles à leur devoir furent obligés de s'entourer de mille précautions pour commu niquer avec leur supérieur légitime ; autrement ils s'exposaient à se voir écrasés d'amendes, jetés en prison, révoqués ou exilés.
Pour faire cesser cette situation navrante, Pie IX proposa de charger provisoirement un vicaire apostolique de l'administration du canton: Cette offre paternelle fut repoussée, parce que le Conseil d'État émit la prétention de nommer lui-même le vicaire du Souverain Pontife. En vain le Pape, pour calmer toutes les défiances, promit de fixer son choix sur un prêtre agréable au gouvernement tessinois. Celui-ci s'obstina dans ses prétentions insoutenables, ét les négo ciations furent rompues.
Tel est, en résumé, le Mémoire adressé en 1571, par tous les évéques de Suisse, à la diète fédérale. J'ai laissé de côté bien des plaintes aACCEESOIrES au sujs tdé la suppression des fêtes, du mariage civil, du divorce, des attaques conti nuelles de la presse contre] Église ; mais il ven
a assez pour faire connaitre l'oppression ües
catholiques par une majorité sectaire, composée de protestants et de francs-maçons,
À l'époque où parut ce remarquable Mémoire, l'Église catholique allait entrer, en Suisse, dans une période de cise aiguë, C'était en 1871, au lendemain des définitions du concile du Vatican et de l'écrasement de la France par la Prusse. Un souffle d'impiété, de persécution et de haine passait sur l'Europe. Bismarck venait de commencer son fameux £u/{urkampf, la France était impuissante, la Révolution triomphait à Rome. Évidemment il n'y avait plus à se gêner avec l'Église.
La persécution s'étendit à toute la Suisse, mais elle s'exerça surtout dans les cantons de Genève et de Berne, ces deux foyers du radicalisme et du protestantisme,
Je vais résumer aussi succinctemeént que possible cette lamentable histoire.
ILest certain que lorsque Mgr Eugène Lachat, évêque de Bâie, revint du concile, 1l était condamné d'avance par la majorité des États diocésains. Sur les neuf cantons qui composent Île diocèse de Bâle, cinq cantons, Berne, Soleure, Argovie, Thurgovie et Bâle-campagne, étaient décidés à se débarrasser à tout prix du prélat ; deux cantons, Bâle-ville et Schaffhouse, restaient neutres ; seuls, les deux cantons de Lucerne et de Zug demeuraient fidèlement attachés au premier pasteur du diocèse.
Quel était donc son crime ? C'était d'avoir fait partie, au concile, de la majorité infailhbiliste, et surtout, CE qu'on SE wardait d'avouer, de montrer, dans la revendication des droits de l'Église, plus de fermeté et de zèle que ses prédécesseurs.
Pour entamer la lutte, il fallait un prétexte. Il fut vite trouvé, Quelques mauvais prêtres, une dizaine environ Sur 673 que comptait alors le diocèse de Bâle, protestaient bruyamment contre l'infaillibilité du Pape. Mgr Lachat, après avoir épuisé toutes les longanimités du zèle épiscopal, se vit forcé d'interdire deux des plus compromis, les nommés Egli et Gehwind, du canton de Soleure,
Le io novembre 172, la conférence diocé
saine se réunissait à Bâle, et, à l'exception des
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représentants de Lucerne et de Zug, elle prenait à l'unaniänité les décisions suivantes :
1° Le décret du concile du Vatican relatif à l'infaillibilité pontificale n'est pas reconnu par les États, et il ne peut lui être attribué aucune valeur légale.
2° Il est interdit à l’évêque de prononcer des censures contre les prêtres qui refusent de c:?:e à l'infaillibilité du Pape.
3° Il est interdit de révoquer, pour quelque raison que ve soit, les prêtres du diocèse, sans la participation des autorités cantonales,
4° Un délai de quatorze jours lui est accordé pour rendre raison de sa conduite à la conférence des États diocésains.
5° Dans le même délai de quatorze jours, l'évêque est sommé de lever, sans conditions, les excommunications prononcées contre les curés Egli et Gchwind.
6° Il est fortement invité à révoquer de ses fonctions M. Duret, chancelier épiscopal.
7° À l'expiration du délai ci-dessus, la conférence diocésaine se réunira de nouveau, pour prendre, s'il y a lieu, des décisions ultérieures.
La lutte à mort était engagée !
Le 21 décembre, Mgr Lachat répondait point par point à ce décret, où l'insolence le dispute à l'absurde. :
Je ne puis m'empêcher de citer les passages les plus remarquables de cette noble réponse épiscopale,
€ 1° Un évêque ne peut jamais se soumettre à une défense quelconque d'enseigner les vérités et les dogmes de la foi. J'espère, Messieurs, que le simple bon sens vous suffira pour le comprendre,
» 2° L'évêque peut, et doit, de sa seule autorité, juger le prêtre qui attaque la doctrine de 1 Église et trahit les devoirs de son ministère. Par conséquent, il a le droit et le devoir d'appliquer librement, et sans le concours de l'autorité civile, les censures ecclésiastiques.
» : Vous ne voulez pas que l'évêque de Dâle prononce, sans votre autorisation, aucune révocation, pour quelque motif que ce soit. Cependant le pouvoir temporel a, dans mon diocèse, destitué plusieurs excellents prêtres, non seulement sans le cu:sentement de l'autorité spirituelle, mais contre ses protestations réitérées. L'éloignement d'un curé de sa paroisse ressort évidemment de la juridiction épiscopale. L'évêque ne peut tolérer que des loups dévorent son troupeau.
» 4° Permettez-moi de vous déclarer, Messieurs, que je ne Vous reconnais pas le droit de m'intimer, dans des questions dogmatiques et disciplinaires, l'ordre de venir me justifier à votre barre. D'ailleurs à quoi bon cette justification? Vous m'avez condamné avant de m'entendre.
» 5° Vous me sommez de réhabiliter deux prêtres justement interdits, La réhabilitation de ces prêtres excommuniés dépend avant tout de leur bonne volonté, Qu'ils reviennent à la foi de l'Église, qu’ils fassent pénitence et réparent le scandale ; alors je les recevrai À bras ouverts.
» 6° En m'invitant à éloigner le chancelier épiscopal, vous
me mettez dans la nécessité de vous dire qu'il ne relève, sous aucun rapport, de votre autorité, Il est mon secrétaire, mon aide, et il appartient à ma famille épiscopale. Qu'il me suffise de déclarer, et je suis seul juge ici, que j'apprécie infiniment son activité, son dévouement, ses mérites et ses vertus.
» 7° Vous me moutrez en perspective des mesures sévères, si ma réponse ne satisfait pas vos désirs, Il est un silence plus éloquent que tous les discours ; c'est pourquoi j m'abstiens de toutes remarques.
» Cependant encore deux mots pour finir. Dès mon enfance, on m'a appris à craindre Dieu plus que les hommes. Doisje maintenant, pour m'éviter quelques désagréments passagers, m'établir en évêque traître et parjure ? Irai-je contrister ma Mère la sainte Église et mes fidèles diocésains ? Oh ! qu'on re l'espère pas. Non, jamais! J'aime cette mâle devise : Potius nor quam fœdari ; Plutôt mourir que de vivre déshonoré ! »
Après cette courageuse réponse, l'évêque de Bâle s'était irrévocablement condamné,
Le 17 janvier 1873, cinq cantons, Berne, Soleure, Argovie, Thurgovie et Bâle-campagne, destituent Mgr Lachat et déclarent le siège vacant.
Le 1 février, le gouvernement de Berne envoie une circulaire aux prêtres du canton, leur enjoignant de cesser toutes relations avec l'exévêque Lachat. Le 4 février, Mgr Lachat proteste contre sa destitution par les cinq Etats diorésains.
9 février. Le chapitre de Soleure, à l'unanimité, refuse de reconnaitre la destitution de Mer Lacnat.
15 février, Le gouvernement de Soleure fixe au 14 avril le délai accordé à Myr Lachat pour évacuer la demeure épiscopale.
18 février. Tout le clergé du Jura bernois, au nombre de 72 prêtres, déclare qu'il continuera à regarder Mgr Lachat comme son seul et légitime évêque.
20 février. Le gouvernement de Berne somme les ; 2 prêtres d'avoir à retirer leur signature,
18 mars. Le conseil d'État de Berne suspend
de leurs fonctions le: signataires de la protestation, Ceux-ci en appellent.
16 avril L'évêque de Bâle est expulsé de sa demeuie. I se retire dans le canton de Lucerne,
18 septembre. La Cour d'appel de Berne rejette le pourvoi des prêtres du Jura. Il leur est interdit de remplir aucune fonction ecclésiastique dans le canton. Malgré les protestations des conseils des paroisses, le gouvernement s'empare des églises et des presbytères, et y installe des
misérables venus de tous les diocèses, qu'un
illustre évêque, Mer Dupanloup, appelait « la
boue des siècles. »
12 decembre, Le
passeports au fonce, et rompt tous ses rapports
diplomatiques ave Rome.
Voilà donc queile était, à la fin de 1873, la
27 D situation religieuse du Jura ernois : le culte
catholique public supprimé dans 76 paroisses ;
les prêtres chassés des églises, des presbytères,
JURA BERNOIS Suisse). Le
rejetés A4 uw par le peuple catholique
Pendant l l'hiver, les populations
sentassaient dans d vronves autour de leur
pasteur, le tient seuls dans leurs évlises vole et à Délémont,
deux print Ipaux fura, on comptait en movenne de d juinze assistants à la messt
ipart des autres paroisses,
cristain et la misérable
La fidélité de
mirabl
conseil fédéral envoie ses
Culte catholique
au fameux
des écoies, des hôpitaux; le culte privé s'exerçant dans des granges, dans des hangars improvisés, avec mille restrictions génrntes ; défense aux prêtres de paraitre dans i:5 écoles, de présider aux enterrements , de faire aucune fonction en dehors des maisons particulières. Sous tous les prétextes, et le plus souvent sans prétextes, ils sont emprisonnés, jetés pêle-mêle avec les pires malfaiteurs, nourris au pain et à l'eau, quelquefois même privés de nourriture. Cependant les prêtres intrus se voyaient
à Porrentruy, en 1874, d'après une photographie.
Pour en triompiher, le gouvernement de Berne
essava de l'intimidation, Un grand nombre di
maires, d'adjoints, de conseils paroisstaux furent
suspendus ou destitués, pour n'avoir pas voulu
COOPÉTEr au Si hisme : des femmes, des enfants
furent jetés en prison, pour avoir levé les épaules u souri au passage de Fintrus ; les Ursulines de Porrentruv furent chasses du pays, pour avoir
refusé l'entrée de leur chapelle et di
leurs école Pips, dit Deérames le curé schis
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s'exerimprodéfense es, de aucune ulières.
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Toutes ces tracasseries ne suffisant pas, un décret du 31 janvier 1974, four assurer la paix confessionnelle, expulsa du canton de Berne tous les prêtres fidèles, au nombre de 87. La plupart se réfugièrent en France ou dans les cantons voisins. Le canton catholique de Séleure eut l'indignité de fermer ses portes a ëux con fesseurs de la foi.
Les catholiques jurassiens, privés de leurs prêtres, ne s'abandonnèrent pas. Ceux qui résidaient dans les paroisses limitrophes de la France
JURA BERNOIS (Suisse), Le Culte catholique
; < 3 < désert on Chantut les priere s de la messe, le lyrie, le credo ; on lisait le prône que le curé exilé envoyait r ment chaque semaine :
on SCNCOUrFISeAIL 6er commun à outrtr : on priait pour les persécuteurs. Jamais les paroisst du Jura r'avaient tér oigné plus de régularité, plus de 1 que pendant ces années néfastes, Pou ister les malades en danver de mort, prètres exilés se glissaient de nuit, à trovere les montac
suisement
Reconnus ou ti ë Vovalent arrétés, jetk
à Saint-Ursanne, en 1874, d'après une
passaient la frontière chaque dimanche, pour assister à la messe de leur pasteur. La Prusse, complice et instigatrice de la persécution, interdit ces pieux pèlerinages pour l'Alsace-Lorraine. De son côté, le gouvernement de Berne prit des mesures arbitraires pour surveiller et remdre à peu près impossibles ces voyages, qu'un arrêté préfectoral qualifiait de contraires aux bonnes mœurs. On se contenta alors de ce que les fidèles appelaient /e culte de la grange. Chaque dimanche, ils se réunissaient autour de leur autel
photograrh
en prison, reconduits à la fror tière, apres avoir subi toutes sortes de mauvais ents. Plus d'un manqua d'v lisser sa 1; ce zèle des pasteurs, à la fermeté des fidèles, et
s doute à l'action providentielle, qui voulait récompenser Ja foi de ce bon peu a remarqua avec admiration que, pendant toute cette crise qui dura près de deux ans. pas un malade ne mourut sans avoir reçu les sacrement
À da fin, là patience du peuple catholique
triompha de la haine des persécuteurs. Déià
plusieurs fois, les députés catholiques avaient courageusement élevé la voix, à la diète fédérale, pour réclamer contre l'oppression dont leurs concitoyens étaient victimes, Au mois d'octobre 1875, le conseil fédéral se décida enfin à inviter le gouvernement de Berne à rapporter ses arrêts d'expulsion, Forcés d'obéir, les radicaux bernois se hâtèrent de forger une nouvelle loi pour restreindre, autant que possible, l'exercice du culte privé, le seul qu'il fût permis aux curés révoqués d'exercer.
Voici les principales dispositions de cette loi :
Arr. Ie Il est défendu de mettre en danger la paix confessionnelle en attaquant les adhérents d’un autre culte, Les contrevenants sont punis d’une amende de 1,0c0 francs ou d'un an de prison.
Arr. IL Il est défendu de critiquer en chaire, ou dans une réunion privée, les actes du gouvernement. 1,cco francs d'amende où un an de prison.
Arr. III. L'exercice du culte privé est interdit aux religieux exclus de la Confédération, et à tous les prêtres qui sont notoirement connus pour faire opposition aux autorités publiques. 1,000 francs d'amende o4 un an de prison.
Arr. IV, Il est défendu d'exercer dans le canton de Berne aucune fonction pontificale sans une autorisation expresse du conseil exécutif. 2,000 francs d'amende ou 2 ans de prison.
Arr, V. Sont absolument interdites, en dehors des maisons particulières, toutes les procssions et cérémonies religieuses quelconques. 200 francs d'aniendeou soixante jours de prison.
Arr, VI. Les assemblées privées dans lesquelles l'ordre serait troublé, ou qui seraient contraires aux bonnes mœurs, pourront toujours être dissoutes par la police. 200 francs d'amende ou soixante jours de prison,
Arm£ de cette loi draconienne, le gouver nement de Berne autorisa gracieusement Île retour des exilés (7 novembre 1875). Il y avait 21 mois qu'ils étaient retenus loin de chez eux
Mais les tracasseries et les méchancetés n'en , tinuèrent pas moins. On essaya d'abord d'in terdire aux prêtres rentrés tout exercice même privé du culte, en s'appuyant sur l'article 3, con tre ceux qui font notoirement opposition aux autorités. Les prêtres en appel Feet après plusieurs mois, la diète fédérale leur donna gain de cause, On se rabattit alors à mille tracasseries, Pendant plusieurs mois, la police épia toutes leurs paroles, toutes leurs démarc hes, pour les trouver en faute, Une trentaine de prêtres furent incarecrés pour des d ‘its imaginaires, Plusieurs églises restaient fermées, faute d'assistants vieux catholiques ; des prêtres catholiques furent mis à
l'amende ou en prison, pour avoir, à la demande
QUES AU XIX" SIÈCLE
des communes, officié dans ces églises abandonnées par le schisme. Le ridicule le disputa à l'odieux : sur le rapport d'un brave gendarme, peu versé probablement dans les questions liturgiques, un curé fut condamné à 60 francs d'amende, pour avoir chanté une grand'messe à voix basse !
Xe
Peu à peu cependant la situation s'améliora, Un certain rombre d'intrus, pris du dégoût de leur œuvre, s'étaient convertis et avaient abandonné leurs postes ; d'autres avaient été expulsés par la police, pour délits de droit commun. Les catholiques profitèrent de la loi de 1874, qui remit aux communes l'élection des curés, pour réélire, partout où cela fut possible, leurs pasteurs légitimes. En 1880, 31 paroisses du Jura avaient ainsi recouvré leurs églises et leurs presbytères, avec la publicité du culte.
A cette époque, il restait encore, dans le diocèse de Bâle, 66 prêtres non reconnus par l'État canton de Bâle-campagne,
: 56 dans le canton de Berne, 2 dans le 4 dans le canton d'Argovic et 4 dans le canton de Soleure.
Pendant ce temps, que devenait le schisme des vieux-catholiques, soutenu si violemment par les gouvernements protestants ? IT avortait dans le mépris et la stérilité. Sur 675 prêtres que comptait le diocèse de Bâle, on trouva à peine 13 apostats ; les autres furent appelés de France, d'Allemagne, d'Italie, pour remplir les églises et les presbytères volés aux catholiques. Maluré les avances du gouvernement, ‘ce triste clergé ne dépassa jamais le chiffre de 40 membres, à la tête desquels on mit un évêque intrus, le nommé Herzog, ancien curé d'Olten, dans le canton de Soleure.
Quant au chiffre des schismatiques, les rap ports officiels le font monter à 72.000, pour toute la Suisse : mais il faut évidemment er rabattre beaucoup. En tenant compte du nombre des lecteurs dans les conseils paroissiaux, on arrive à un total de 5 à 6.000 vieux-catholiques, dont 3.000 pour le canton de Genève, 2.0:
pour le dioct se ae Bâie, et 5 où 000 pour le reste de la
Suisse
Disons un mot, en terminant, de la persé
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On à vu les magnifiques accroissements du prendre ombrage, le gouvernement genevois catholicisme à Genève ; jamais la cité de Calvin, | aurait dû se montrer fier de l'honneur accordé à la Rome protestante, n'a pu pardonner à l'Église | l'un des plus illustres enfants du pays ; mais les ses succès, Pour se défaire des catholiques, les | radicaux ne l'entendaient pas ainsi, Dès je mois conservateurs genevois ont fait alliance avec les | de septembre 1868, le Conseil d'État de Genève radicaux, et tout homme politique qui a voulu se | notifia à Mgr Mermillod qu'il ne le reconnaissait montrer simplement équitable envers les catho- pas en qualité d'évêque ; c'était une première liques, n'a pas tardé à se voir renversé du pou- | escarmouche. voir, Cela explique la haine implacable portée à Le 20 septembre 1272, un arrêt du Conseil Mgr Mermillod, et la résolution prise par les protestants de se débarrasser par tous les moyens d'un homme dont le zële, les talents, l'éloquence séduisante leur faisaient peur.
Au moment où s'engagea la lutte (1870), voici, d'après les documents officiels, quelle était la situation respective des protestants et des catholiques.
Population totale du canton : 03.197 habitants,
Sur ce nombre il y avait
47.859 catholiques, 43.006 protestants, 1.732 juifs s religion,
Les catholiqu donc arrivés à avoir la majorité absolu : canton; mais il faut observer qu'ils ét: encore loin d'y avoir la majorité légale, car il faut retrancher de leur nombre environ 28.000 étrangers, domiciliés
dans le pays. Il reste donc une minorité légale d'environ 19.000 catholiques, jouissant de tous — leurs droits politiques, contre 43.000 protestants. Se” num le 2 true der En fait, les catholiques ‘enevois ne forment D D 72 ET . / situation anormale permettait de les opprimer Pere an ctlie, | légalement, On ne s'en fit pas faute, comme on : Va voir, 7 fagoar? EE gues 2° PAT ’
Cest au retour du concile du Vatican que
guère que le tiers du corps électoral. Cette
= rer : pr. De À l'hostilité contre Mgr Mermillod commence à se fiat sé LS de Lena manifester au grand jour, En récompense de
son zèle et de ses succès apostoliques, Pie IX Mer Mermillod. l'avait préconisé , en 1864, eveque d'Hébron.
avec la charge d'auxiliaire de Genûve. Il con l'Etat enleva à Mer Mermillod Le titre de curé tinua donc, sous le titre de vicaire général de de senève et de vicaire général de Mer Marilley Mgr Marilles, évêque de Lausanne et de Ge Défense fut faite au clergé de le
reconnaitre en nève, à diriger toutes les œuvres re livieust
s du cette double qualité
canton, Au fon cela ne changeait rien à sa
Q Pie IX répondit à cette insolente us ‘pation position officielle vis-à-vis des autorités canto de pouvoirs, en instituant, le 16 janvier 187 g nales, Le caractère épiscopal était un honneuw Mgr Mermillod vicaire apostolique de Genève. personnel, un gage d'estime donné à l'éminent Le > février,
prélat par le Pape, et rien de plus. Au lieu d'en
le Conseil d'État déclara le
bref nul et non avenu al frappa tout le clergé
$ A Din, Lana nl ne FARRERE
d'une suspension de traitement de trois mois, pour avoir, sans autorisation, lu en chaire une lettre pastorale du nouveau vicaire apostolique.
Le 17 février, le prélat fut expulsé de son domicile : il se retira à Ferney (France), d'où il continua, en dépie des autorités cantonales, d'administrer son diocèse,
Le même jour, un décret du conseil fédéral lui interdit le territoire de la Confédération.
Ainsi Genève, l'asile des communards français et des nihilistes russes, était purgée de ce qu'un journal radical appelait élégamment le virus épiscopal.
Après s'être débarrassé de l'évêque, il fallait détruire ses œuvres, On commença, selon l'usage, par l'expulsion des Congrégations.
Voici quelles étaient, à cette époque, Îles œuvres des Cngrégations religieuses dans Île canton de Genève :
Un hôpital à Plainpalais (faubourg de Genève), fondé en 1846, et desservi par les Sœurs de Saint-Vincent-de- Paul.
Un hospice à Carouge, desservi par Îles Petites-Sœurs des pauvres,
Quatre orphelinats de je’ aes filles, tenus par les Sœurs de Saint-Vincent-de- Paul.
Des écoles libres de garçons, tenues par neuf
Frères des Écoles chrétiennes, et donnant l'instruction à 7ot enfants.
Des écoles libres de filles, tenues par les Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, et donnant l'instruction à 908 jeunes filles.
Un pensionnat et une école normale de filles à Carouge, tenus par une congrégation de dames, appelées les Fidèles Servantes de Jést $,
Une loi de 1872 commença par imposer aux Congrégations religieuses de se faire autoriser.
Elles se soumirent à cette exI rence, et le 27 juin 1872, un arrêté du Grand Conseil refu sait l'autorisation aux Congrégations enseinantes, ei fermait les écoles des Frères et des Sœurs. Exceptionnellement, et à titre person
nel, les religieuses hospitalières étaient. auto-
ristes à demeurer dans le canton pour assister
les pauvres.
Trois ans plus tard (23 août 1875), un nou veau décret révoquait cetté autorisation, € chassait de leurs hôpitaux les Sœurs de Saint Vincent-de-Paul et les Pcuites-Sœurs des pau
vres,
Une pétition, signée de 40 médecins et de 655 dames protestantes, avait demandé, au nom de l'humanité, le maintien des religieuses hospitalières ; mais la Loge avait parlé, elle fut obéie.
La Sœur Vincent, Supérieure de l'hôpital de Plainpalais, était mourante au moment des expulsions. I fallut l'arracher de son lit et la jeter dans une voiture, pour la transporter à la frontitre, La fière cité de Genève, qui donnait asile en ce moment à plusieurs pétroleuses, était évidemment en danger si une vieille Sœur de Charité, qui avait passé 47 ans de sa vie au service des pauvres dans le canton, était restée quelques jours de plus, pour mourir dans son lit !
L'expulsion des Congrégations religieuses n'était, comme d'habitude, que le premier acte du drame, On ne tarda pas à s'attaquer au clergé paroissial, en s'appuyant sur une poignée de libres-penseurs, qui, se disant catholiques libéraux, protestaient contre les décrets du concile,
Mais il fallut forger de nouvelles lois, pour livrer à ces apostats les églises et les presbytères de la communauté catholique. Le 27 août 1873, le Grand Conseil vota une loi organique du culte catholique, dont voici les principales
dispositions :
Art, IV. Les curés et vicaires sont nommés par les électeurs catholiques, inscrits au rôle des électeurs cantonaux et domiciliés dans la paroisse.
ART. V. — Sont éligibles tous les ecclésiastiques ordonnés prêtres dans l'Eglise catholique. Ils ne peuvent, sans l'autorisation du Conseil d'État, exercer de fonctions ou accepter des dignités ecclésiastiques autres que celles qui leur ont été conférées par les électeurs.
Ar. VI. — Avant leur installation, les curés et vicaires prêteront serment d’obéissance à la constitution et à la loi organique du culte catholique.
ART. VII. — Les curés et vicaires peuvent toujours être suspendus par le Conseil d État pour violation de leur serment, et par le Conseil supérieur pour infraction discipli naire.
Arr. VIII. — Les électeurs d'une paroisse peuvent toujours demander que le curé et le vicaire soient soumis à une nouvelle élection,
Arr. IX. — Chaque paroisse est administrée par un Conseil pris parmi les électeurs laïques ; ce Conseil se compose de neuf membres pour les paroisses de Genève et de cinq membres dans les paroisses de campagne. Le curé en fait partie, mais seulement avec voix délibérative.
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Arr XI. — Les Conseils de paroisse sont soumis à un Conseil supérieur du culte catholique, qui sera nommé par tous les électeurs catholiques du canton,
ART. XII. — Le Conseil supérieur se compose de vingtcinq membres laïques pris parmi les électeurs, et de cinq membres ecclésiastiques choisis parmi les curés et vicaires.
ART. XIIL — Les églises et presbytères sont la propriété des: communes ; elles sont affectées exclusivement au culte catholique reconnu par l'État.
Munis de cette loi schismatique, les protestants et les libres-penseurs de Genève étaient forts.
Le 4 septembre 1873, le clergé catholique était invité à se présenter à l'hôtel du Gouvernement, pour prêter serment à la nouvelle constitution civile, Pas un prêtre ne se présenta, pas une défection ne se produisit parmi les 47 prètres du canton. C'était ce qu'on voulait : curés et vicaires furent déclarés déchus de leurs fonctions, et on procéda aux élections.
Comme on s'y attendait, les catholiques s'abstinrent en masse de prendre part à cette comédie sacrilège ; mais quelques centaines de francs-maçons se rappelèrent qu'ils étaient catholiques, et s'en allèrent chercher, au fond de leurs tiroirs, un vieil acte de baptême, oublié depuis longtemps, afin de s'en faire une arme légale contre leur Mère la sainte Église,
Donc le 22 octobre 1873, furent élus comme curés de Genève trois apostats : MM. Loyson (l'ex-Père Hyacinthe), Hurtault et Chavard. Il y eut seulement 1.207 Votants, contre 2.507 abstentions. Ainsi, même à Genève. sur le terrain qui leur était le plus favorable, les schismatiques ne formaient pas même le tiers des électeurs catholiques.
Cela n'empécha pas le Conseil d'État de livrer aux intrus l'église Saint-Germain, que Ja ville avait cédée en 1803 aux catholiques, Chassés de Süint-Germain, les catholiques achetèrent, au prix de 155.000 francs, le teniple maçonnique, qui se trouvait alors en vente, et y installèrent l'église du Sacré-Cœur.
Le 28 décembre 1873, des élections eurent lieu dans les paroisses de Carouge, de Chêne et de Lancy. A Carouge, sur 5.0C0 catholiques,
M. Marchal, Mariste défroqué, obtint 231 voix :
à Chêne, paroisse de 2.500 âmes, M. Quilly
obtint 79 voix : à Lancy, paroisse de 1,200
âmes, l'intrus en eut 53.
En présence de ces minorités ridicules, on
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renonça pour les autres paroisses à ce simulacre d'élection ; d'autant que, dans la plupart, il eût été difficile de trouver un seul électeur. En conséquence, malgré les protestations des maires et de l'universalité des habitants, malgré la loi organique de 1873, qui déclarait les églises et les presbytères propriétés communales, on crocheta la porte des églises et des presbytères, et on y installa des apostats, après en avoir chassé les titulaires légitimes.
Dans le cours des années 1874 et 1875, vingtsix églises furent ainsi volées aux catholiques, avec les maisons presbytérales ; Quatorze seulement furent desservies par des intrus, les autres restèrent fermées faute d'adhérents au schisme.
De toutes ces spoliations, la plus inique fut celle de l'église Notre-Dame, bâtie par Mer Mermillod, à l'aide des souscriptions du monde catholique. L'église Saint Germain fut fermée alors par les schismatiques, car ils n'avaient pas assez de monde pour occuper à la fois les deux églises. En effet, l'assistance du dimanche ne dépassa jamais So personnes, y compris les enfants.
On s'empara aussi du presbytère de Notre- Dame, qui était la propriété personnelle de Mgr Mermillod, Le prélat réclama devant les tribunaux ; de riches familles anglaises, qui avaient souscrit pour l'église Notre-Dame, réclamèrent aussi. Le gouvernement suisse resta sourd à toutes les plaintes. Dans ce pays de liberté, il n'y à pas de droit pour les catho. liques.
Il y eut, à l'occasion du crochetage des églises, des scènes infâmes de violence : plusieurs prêtres furent incarcérés et punis comme voleurs, pour avoir conservé des objets qui, les factures en faisaient foi, étaient leur propriété personnelle : un vieilla“d vénérable, M. Guillermin, curé de Ver- SOIx, fut condamné à trois mois de prison, pour détournement d'objets appartenant au culte pl fut soumis à toutes les rigueurs du régime comnun, cheveux rasés, costume des détenus, travail forcé ; à la sortie de prison, ses paroissiens le reçurent en triomphe,
La plus hideuse de ces scènes de pillage eut
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lieu dans la paroisse de Chêne. le 2 avril 1838.