‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 425 sur 478 · III. — ŒUVRE DES ÉCOLES D'ORIENT · texte numérisé non relu

III. — ŒUVRE DES ÉCOLES D'ORIENT

ŒUVRE des Ecoles d'Orient a un but beaucoup plus restreint que les deux grandes œuvres catholiques de la Propagation de la Foi et de la Sainte- Enfance, Il ne s'agit plus du monde entier, mais d'une portion, la plus vénérable, il est vrai, et la plus sainte par ses souvenirs de toutes les contrées du globe, Tavailler par . scole et la diffusion de l'enseignement catholique à régénérer l'Orient, engourdi depuis des siècles dans lignorance et le schisme, ramener par l'éducation les jeunes générations orientales à la vraie foi et à l'unité catholique, ouvrir dans ces contrées des écoles, des collèges, des séminaires surtout, pour la formation, jusqu'ici négligée, du clergé, tel est, dans ses

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grandes lignes, le but excellent que se propose l'œuvre des Ecoles d'Orient, qui est légalement autorisée en France, qui a été solennellement approuvée et bénie, À l'origine, par Pie IX, et que Léon XIII a recommandée plusieurs fois au monde catholique, notamment dans l'encyclique du mois de décembre 1880, et dans les lettres pontificales du 19 mars 1881 et du 10 avril 1882,

On sait que, depuis des siècles, l'Orient s'est séparé de l'unité catholique par le schisme. Plus de soixantedix millions de chrétiens, qui ont conservé à peu près les grandes lignes du dogme, refusent d'obéir au successeur de Pierre et de reconnaître l'autorité du Vicaire de JÉSUS-CHRIST. Séparées du tronc de la vigne mystique, qui est le CHRIST, ces branches, désormais desséchées et flétries, ne portent plus de fruits. Les anciennes et vénérables Eglises de Jérusalem, d’Antioche, d'Alexandrie et de Constantinople, tombées aux mains d'un clergé simoniaque et marié, sont devenues l'opprubre du nom chrétien et le jouet méprisé des ministres du Sérail,

Que faire pour rappeler à la vie ces ossements desséchés, pour relever ces Églises orientales, qui furent le berceau du christianisme et d'où sont sortis tant d'apôtres et de docteurs ? Tous ceux qui sont un peu au courant des choses de l'Orient affirment que le remède unique est dans l'éducation de la jeunesse. I1 faut éclairer ces populations, si longtemps abruties dans une ignorance séculaire. Le schisme ne repose que sur des malentendus, des susceptibilités nationales, qui se dissiperont à la lumière de l'histoire: ces hérésies obscures, qui remontent aux Dioscore, aux Eutychès, aux Nestorius, ne sont que des disputes de mots, des subtilités byzantines, qui s'évanouiront à l’enseignement sérieux de la science sacrée, Il a fallu lignorance incroyable du clergé et du peuple, pour que ces vieilles erreurs aient pu traverser les siècles et arriver jusqu'à nous, [1 faut donc multiplier, par tout l'Orient, les écoles, les collèges, les universités, les séminaires, afin d'instruire la jeunesse et de former un clergé sérieux, qui, tout en gardant ses rites particuliers et son antique discipline, sache repousser le particularisme étroit des Orientaux et s'inspirer de l'esprit catholique.

Malheureusement, sur ce terrain de l'enseignement, le catholicisme rencontre, comme je l'ai dit ailleurs, l'influence politique de la Russie schismatique et les millions de l'Angleterre protestante. Il faut donc lui créer des ressources pour cette œuvre toute spéciale que la Sainte-Enfance, exclusivement occupée de l'enfance payenne, a refusé d'accepter (1). C'est de cette pensée que naquit, en 1855, l'Œuvre des Ecoles d'Orient.

C'était au lendemain de la guerre de Crimée : toutes les préoccupations politiques et religieuses étaient tournées vers l'Orient. De grandes choses venaient de s’y faire ; de plus grandes encore s'y préparaient, C'était le réveil de toutes les nationalités chrétiennes, si longtemps écrasées sous l'oppression musulmane. Dans cette crise décisive, le catholicisme et la France avaient à sauvegarder leurs intérêts, qui sont les mêmes. Le schisme moscovite et l'hérésie protestante allaient profiter de la liberté religieuse, accordée par le hattihuyamoun de 1858 aux sujets chrétiens du Sultan, pour chercher à nous enlever cette clientèle catholique

que nous ont acquise cinq cents ans de services rendus aux populations, depuis les Croisades, La France,

1. Lettre du directeur de l'œuvre de la Sainte-Enfance À Mgr Valerga, patriarche de Jérusalem, 1855.

Missions catholiques,

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