‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 49 sur 478 · PILES · texte numérisé non relu

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L est certain, bien que la chose soit pénible à constater, que le Sultan des Tures, commandeur des croyants et successeur offi- SR ciel de Mahomet, s'est généralement montré plus juste et moins intolérant que la plupart des gouvernements protestants ou schismatiques, dans ses rapports avec le Vicaire de JÉSUS-CHRIST au cours du xiIxe siècle, Plus d'un État prétendu catholique pourrait méme prendre auprès du Grand Turc des leçons de libéralisme ; et les fidèles de France, en particulier, auraient à gagner bien souvent, si on leur donnait la liberté comme en Turquie. A l'heure où, chez nous, les processions sont obligées, presque partout, de se renfermer dans l'intérieur des églises, elles sortent dans les rues de Constantinople, avec le concours de l'autorité militaire, au milieu du respect universel des populations musulmanes et schismatiques.

Tous les Ordres religieux, même ces terribles Jésuites que l'on chasse de partout, ont droit de cité en Turquie, et peuvent en paix y développer leurs œuvres. Si le gouvernement Ottoman ne paye pas le clergé, il ne s'ingère pas, en revanche, à nommer les évêques et à déplacer les curés. Sans doute, il est défendu de convertir aucun musulman; mais à part cette restriction qui, en fait, se réduit à peu de chose, (car il est malheureusement prouvé que, même là où ils sont libres, les disciples de Mahomet sont à peu près inconvertissables,) chaque communauté chrétienne élit elle-même son patriarche, et s'administre librement au spirituel, et même, dans une certaine mesure, au temporel, car dans le bérat impérial qui est octroyé aux

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Évêques, la Porte les reconnait en qualité de chefs civils de leur communauté, et leur prête, au besoin, main forte pour faire reconnaitre leur autorité,

Il est vrai que plus d'une fois, dans le cours de ce siècle, les chrétiens ont eu à souffrir sous la domination des Turcs; mais cela tient à des causes plus politiques que religieuses, Ainsi, quand les Grecs se souievèrent en 1820, pour recouvrer leur indépendance, il y eut d'épouvantables massacres de chrétiens. Plus tard, lors des guerres de 1828 et de 1877 contre les Russes, les Turcs essayèrent de se venger de leurs défaites sur leurs sujets chrétiens. Ce sont là les suites presque inévitables de toute guerre de race, Mais jamais, en Turquie, la lutte politique n'a dégénéré en guerre d'extermination religieuse, et si les Turcs, encore semibarbares, se sont donné le tort.de réprimer avec trop de cruauté les insurrections, dont finalement ils ont été les victimes, il est juste de reconnaitre qu'on trouve souvent les mêmes fureurs chez leurs adversaires.

Une cause plus vraie de souffrances pour les chrétiens, c'est l'inégalité entre musulmans et raias, En vain le hatti-hamoun de 1856 a proclamé solennellement, devant l'Europe, l'égalité des droits politiques entre tous les sujets du Sultan ; il est plus facile de décréter des lois que de changer les mœurs. Si le vieux fanatisme des musulmans est tombé chez les hommes intelligents qui ont fréquenté l'Europe et qui la connaissent, il subsiste toujours dans Îles masses et fait partie intégrante de la religion, Le Coran s'oppose invinciblement à ce que l'on mette sur le même pied le disciple de Mahomet

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