‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 50 sur 478 · Exf · texte numérisé non relu

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et celui de Jésus, Aussi, pour les vieux Turcs, le chrétien est toujours un Æafr, un infidèle, qui a été créé et mis au monde uniquement pour servir les croyants et leur Permettre de passer leur vie dans l'oisiveté, De là, malgré les trai tés qui règlent assez équitablement la situation des chrétiens, malgré la vigilance et les réclamations des consuls européens, bien des injustices de détail qui se produisent, surtout parmi les fonctionnaires inférieurs de la Porte, race avide et vénale, qui appartient à qui la paie le mieux. I y a là une situation fâcheuse, que l'on a déjà beaucoup améliorée, mais qui subsistera plus ou moins tant que les Turcs seront les maitres des chrétiens,

La mauvaise administration de l'empire, dont les populations chrétiennes sont naturellement les premières victimes, constitue une autre cause de malaise, L'argent des impôts est gaspillé en dépenses improductives: la misère est effroyable ; dans les campagnes, il n'y a pas de sécurité pour le paysan ; dans les villes, il ny à pas d'industrie pour l'ouvrier ; le commerce est nul, faute de débouchés et aussi de ce: mfiance,

Au fond, tout le monde l reconnait, depuis un siècle et demi, l'empire Turc s'effondre sur lui-même, et la grande

question pour l'Europe, c'est de savoir en quelle

‘ mains viendra échoir la succession de l'Aomme malade (1).

Si la Russie, soutenue par les populations schismatiques, dont elle à su très habilement se faire une clientèle, arrive à S'installer à Constantinople, ce qui, depuis Pierre le-Grand, son rêve, c'est un coup terrible

a été porté à l'équilibre européen par la résurrection de l'empire de Byzance, et, dans un temps plus où moins éloigné, c'est la ruine de toutes les œuvres catholiques en Orient. Ce que le schisme moscovite a fait en Pologne et en Russie nous dit assez quel avenir est réservé au catholicisme oriental, le Jour où le Czar serait le maitre du pays,

À côté des convoitises de la Russie, l'Angleterre protestante travaille de toutes ses forces, d'abord Pour retarder autant que possible la Catastrophe, et ensuite, pour avoir sa part de l'héritage. C'est dans ce but «

qu'elle s'est déjà installée à Chypre et en Egypt

e:: c'est pour la même fin qu'elle inonde l'Asie. Mineure de prédicants, de médecins et de maitres d'école, I]

1. Expression de Lord Palmerston pour désigner l'empire Turc,

s'agit de faire concurrence à l'influence de la Russie, et aussi à celle de la France,

Ah ! l'influence française en Orient, où en est-elle ? Il y a un siècle encore, on ne connais-

sait dans ces contrées que la France, si bien que le nom générique de Francs est encore aujourd'hui synonyme d'Européens, dans tout le Levant, D'où vient que notre influence séculaire | nous échappe, au profit de nos rivaux ? C'est que trop souvent, depuis un siècle, la France | catholique a été infidèle à sa mission providentielle, Plus d'un million de catholiques, répandus uans la Turquie d'Europe et les Échelles du Levant, lui formaient une clientèle dévouée ; Mais trop souvent, par indifférence religieuse, quelquefois même par esprit sectaire, nos représentants en Orient ont sacrifié, aux exigences de la Russie et de l'Angleterre, la clientèle catholique de la France. Aussi il est bien À craindre que, lorsque la question d'Orient viendra à se résoudre, elle ne soit résolue sans nous, c'est-àdire contre nous, La Russie schismatique, l'An. gleterre protestante, l'Allemagne peut-être, se Partageront les morceaux de ce vaste empire, au grand détriment de l'influence catholique et de la nôtre,

Pourtant le plus simple bon sens politique aurait dû apprendre à nos gouvernants que cette fameuse question d'Orient, qui tient, depuis Cinquante ans, tous les cabinets européens en Échec, est avant tout une question religieuse, L'Europe occidentale tout entière est intéressée à ce que le Czar ne devienne pas à Constantinople le successeur religieux et politique des empereurs de Byzance, Or, l'unique moyen d'arrêter l'influence envahissante du panslavisme en Orient, c'est de ramener au catholicisme les populations de la Turquie. Devenues catholiques, chacune de ces petites nationalités, Serbes, Roumaines, Bülgares, Valaques, échappent à l'action de la Russie, et se réclament nécessairement de l'influence occidentale, La solution catholique de Ja question d'Orient est dons la plus équitable, celle qui sauvegarde le mieux le droit des petites nationalités et les intérêts politiques de I" Jccident, en particulier de la France.

C'est ce qu'ont parfaitement compris les Souverains Pontites. Depuis quarante ans, les Vicaires de Jésus-Curisr ont entretenu avec le

commandeur des croyants les relations les plus

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