BULGARIE
en peuple conquis, et il mit tout en œuvre
pour détruire
leur nationalité, On leur envoya des évèques grecs, dont l'unique mission était d'extorquer à leurs ouailles le plus d'argent possible et de les gréciser, [ls interdirent l'usage (
le la langue slave dans la liturgie et du buleare
dans les écoles. | Opprinrés politiquement par les Tures et religieu | sement par leurs pasteurs, les malheureux Bul- | gares demeurérent Jusqu'au milieu du xixe siècle |
dans un état d'abaissement à peine croyable, |
, et la sui-
e joug du ‘ux siècles d'oppression, un de leurs meilleurs princes, Joan- , Avec
tout son peuple, la suprématie spirituelle de
oisés firent |!
— Types bulgares, d'après une photographie.
avercer ces espérances, Baudoin, empereur latin de Constantinople, ayant, sans motifs et contre la défense du Pape, déclaré Ja guerre à Joannice, fut vaincu, fait prisonnier et mis à mort par lui, Dès lors et jusqu'à la chute de l'empire franc, les Bulgares se montrérent les ennemis implacables des Latins, et il ne fut plus question d'union avec Rome,
| Le patriarche schismatique de Constantinople
abusa de la situation pour traiter les Bulgares
Pendant la guerre de Crimée (1854), l'esprit de nationalité se réveilla fortement chez les Bul. Sares, comme parmi toutes les populations chrétiennes soumises au Sultan. Ils réclamèrent, auprès du patriarche, des évèques de leur nation, le rétablissement du slave dans la liturgie et du bulgare dans l'enseignement. Leurs demandes ayant été rejetées, ils résolurent de secouer enfin le joug du Phanar,
Mais, sentant leur faiblesse et leur isolement,
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les Bulgares se tournèrent tout naturellement vers Rome. Ce fut, il faut bien le reconnaitre, un entrainement plus politique que religieux. Les chefs du mouvement ne s'occupaient nullement de la question de dogme. Ils cherchaient uniquement à sortir de l'oppression, dans laquelle les retenait depuis des siècles le patriarche de Constantinople,
Mais si les motifs qui poussaient les Bulgares vers Rome laissaient à désirer sous le rapport religieux, au point de vue politique, les résultats
Mgr Paul Brunoni, patriarche latin d'Andrinople,
ancien vicaire patriarcal de Constantinople,
étaient immenses, Cng à six millions de Bulgares enlevés au schisme, et par conséquent à l'influence russe, comme le déclarait, vingt ans plus tard, Said-Pacha, premier ministre de la Porte, c'était la ruine du panslavisme et la question d'Orient bien près d'être résolue, Placés entre le Danube et Constantinople, six millions de Bulgares catholiques barraient au Czar ja route de cette capitale, C'eût été le triomphe de la civilisation occidentale.
Pourquoi faut-il qu'à cette heure décisive la
France n'ait pas eu conscience de son rôle ? Tout simplement parce que notre ambassadeur à Constantinople, M. Thouvenel, était un libre-penseur, qui ne vit dans le retour des Bulgares qu'une question de sacristie, indigne d'occuper son attention, Il refusa le concours de la France à ce peuple opprimé, qui venait avec enthousiasme se déclarer notre client et se jeter entre les bras de la seule puissance qui représente le catholicisme en Orient, le laissant ainsi exposé sans défense aux intrigues de l'Angleterre et de la Russie.
Rome comprenait mieux l'importance de la question et suivait attentivement le mouvement bulgare, À Constantinople, Mgr Brunoni, vicaire patriarcal, M. Boré, supérieur des Lazaristes, accucillaient avec bienveillance les envoyés de la nation. Après plusieurs pourparlers, un prêtre rentré dans l'union, le Révérend Joseph Sokolski, fut choisi pour évêque. Pie IX, voulant donner à ses nouveaux enfants un gage d'affection paternelle, l'appela à Rome pour lui conférer de ses propres mains l'onction épiscopale ; un diacre, M. Raphaël Popoff, et plusieurs envoyés de la nation bulgare accompagnaient le nouveau prélat,
Le sacre de Mgr Sokolski eut lieu dans la chapelle Sixtine, le dimanche 14 avril 1861.
Malgré l'opposition de l'Angleterre et de la Russie, la Porte s'empressa de reconnaitre l'existence de la communauté bulgare unie et délivra à son chef, Mer Sokolski, son bérat impérial. I] y eut alors un ébranlement général dans la nation, et l'on put croire un moment que tout le peuple bulgare allait rentrer en masse dans l'union.
La Russie comprit le danger qu'allait faire courir à sa politique le retour au catholicisme de la nation bulgare. D'accord avec l'Angleterre, toujours prête à contrecarrer en Orient l'action du catholicisme et l'influence de la France, le gouvernement russe mit tout en œuvre pour arrêter le mouvement, et il n'y réussit que trop bien, Que se passa-t-il entre les agents du Czar et le nouvel évêque ? On ne l'a jamais su positivement, Mais, deux mois après son retour de Rome, Mgr Sokolski disparaissait, emportant ses bulles d'évêque et son bérat impérial de chef civil de la coinmunauté,
Quelques jours après, on apprenait avec stu-
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peur qu'on l'avait vu sortir de nuit de |
‘ambussade russe et s'embarquer pour Ode
‘ssa, On sut depuis qu'on l'avait dirigé sur Kiew, où il demeura jusqu'à sa mort, interné dans un tère, sans qu'il fût possible aux muniquer avec lui, Il est pe le vieillard fut victime de
monas- Bulgares de comrmis de croire que Sa confiance dans les Russes, plutôt qu'apostat, Ce qui tend à le démontrer, c'est son interne l'intérieur de la Rüssie. S'il eût formellement abjuré l'union, le gouvernement moscovite n'eût pas manqué de le renvoyer publier sa victoire, Du
ment rigoureux dans
à ses ouailles et de reste, après ce que j'ai raconté au chapitre précédent, ces de quoi nous surprendre,
La disparition de Mgr Sokolski, exploitée par la Russie et Pi