‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 478 · CE À · texte numérisé non relu

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de Gentils, plus de Grecs ni de Barbares, mais il y a un peuple nouveau, qui grandit chaque jour, et qui demain s'appellera 4 Chrétienté, Et tout peuple qui s'obstinera à rester en dehors de cette famille des nations chrétiennes sera condamné à une irrémédiable décadence ou à une stérile immobilité, jusqu'au jour où, réveillé à la voix de l'apostolat catholique, il se décidera enfin à venir se ranger sous la loi du Cris.

Faut-il faire ici la preuve de ce que j'avance ? Prenez le ?/anisphère des croyances religieuses et des missions chrétiennes, et voyez où commence et où finit la civilisation, Aux peuples nés du Curisr, quelles que soient d'ailleurs leurs défaillances et leurs misères morales, comparez les nations restées en dehors du christianisme : les musulmans, les bouddhistes de l'Inde, les lettrés de la Chine et du Japon. Je ne parle pas, et pour cause, des peuplades abruties sous le fétichisme : ici, tout terme de comparaison fait défaut : c'est la barbarie absolue, la décadence intellectuelle, morale et sociale de l'homme redescendu audessous de la brute, jusqu'à faire douter nos libres-penseurs que ces malheureux aient avec nous une origine ét des destinées coramunes,

Ce serait done une belle et touchante histoire que celle des missions catholiques, depuis les temps apostoliques jusqu'à nos jours. Que d'efforts, que de dévouements, que de sueurs, que de sang versé pour propager et affirmer la foi ! Que d'apôtres, que de martyrs, que de saints connus de DIEU seul, et dont les noms glorieux

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resplendiront pour la première fois au g

jour des Rétributions !

Mais ce travail serait évidemment trop audessus de mes forces, Mon dessein est beaucoup plus modeste, je me limite au x1x€ siècle : et, sans entreprendre de donner l'histoire complète des missions catholiques pendant cette période restreinte, ce qui exigerait plusieurs volumes, je me propose simplement d'en esquisser les principaux traits, afin de constater le travail fait et les résultats acquis. Pour cela, il faut commencer par dire quelle était, au début de ce siècle, la situation vraie des missions dans les cinq parties du monde, afin de pouvoir comparer en connaissance de cause et voir les progrès obtenus depuis 1800,

LE D RS ü 2 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIX" SIÈCLE, selle au Sauveur Jésus, il n'y a plus de Juifs ni Pr

Si l'on veut apprécier équitablement l'état des missions au commencement du xixe siècle, il faut se rappeler que l'Église catholique sort, à cette époque, d'une crise effroyable, Pie VI vient de mourir prisonnier du Directoire à Valence, et le commissaire de la République, chargé de présider aux obsèques, s'est écrié avec une joie satanique : € Nous avons scellé le cercueil du dernier Pape ; désormais il n'y en aura plus. » La France républicaine a rompu avec l'Église ; ses temples sont fermés, le sang des pontifes et des prêtres a coulé à flots sur les échafauds, et ‘les misérables débris de cette illustre Église gallicane sont errants sur tous les chemins de l'exil, L'Allemagne, les États héréditaires de l'empereur sont livrés au joséphisme, et l'esprit du schisme à gagné jusqu'au clergé. Les Bourbons d'Espagne et de Naples ont gardé les traditions parlementaires, qui viennent de mener à l'échafaud les Bourbons de France. Ils prétendent être Papes chez eux, et ne cessent de fatiguer de leurs exigences le Père commun des fidèles. Selonile mot si vrai et si méchant de Voltaire, le Vicaire de Jésus-Crrisr est pour eux un personnage à qui on baise les pieds en lui liant les mains. » Je regarde au-delà, et je ne vois plus rien. Sur tous les autres trônes de l'Europe, l'hérésie et le schisme sont assis, Jamais peut-être, depuis les jours du Calvaire, l'Église catholique ne s'est vue si abandonnée. De son ancienne puissance, il ne lui reste plus rien, rien si ce n'est DIEU, et, au fond.d'une obscure cellule du conclave de Venise, un moine inconnu, qui s'appelle Barnabé Chiaramonte, et qui demain sera Pie VIT.

On comprend ce que l'œuvre des missions, qui ne vit que de la surabondance des nations catholiques, a dû souffrir d'un pareil état de choses,

D'autres causes encore étaient venues, au dernier siècle, affaiblir l'action de l'apostolat. La ruine de la Compagnie de Jésus, qui marchait incontestablement la première à l'assaut de l'idolâtrie, avait été pour les missions une véritable catastrophe. Comment remplacer, du jour au lendemain, 16.000 religieux expérimentés qui étendaient leur action des rives du Paraguay aux

côtes du Japon? D'autant que les vocations

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deviennent rares à la fin du xvinie siècle. L'esprit du temps, l'esprit de Voltaire et de l'Encyclopédie, s'est glissé, sous des dehors hypocrites, jusque parmi les plus saintes familles religieuses, Avec la foi qui a diminué, la charité d'un grand nombre s'est refroidie. Les grands Ordres de saint Dominique et de saint François, qui, pendant la période du Moyen Age, ont donné à l'Église tant d'illustres missionnaires, ne fournissent plus à l'apostolat que de rares recrues ; en revanche, ils donneront tout à l'heure à la Révolution quelques-uns de ses plus féroces proconsuls.

Pour achever de paralyser l'apostolat, de misérables chicanes ont répandu je ne sais quel esprit de division entre les différentes Sociétés, qui travaillent en commun à l'œuvre des missions. Au lieu de s'aimer comme des frères, on se jalouse ; au lieu de s'éclairer mutuellement, on s'accuse. La malheureuse auestion des Rites Malabare et Chinois, envenimée surtout par des compétitions d'Ordres et de nationalités, vient, pendant près d'un siècle, de fatiguer Rome et de jeter la discorde parmi les néophytes. A la fin, le Pape, avec son autorité infaillible, a mis un terme à la controverse ; mais, si les esprits sont soumis, les cœurs restent divisés, les froissements subsistent, Au milieu de ces douloureux conflits, que deviennent la charité fraternelle, l'union des cœurs, les féconds labeurs de l'apostolat ?

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Hodese RACE au schisme grec et au protestantisme, qui sont venus, dans le briser l'unité de

reg, l'É glise et déchirer la robe sans coutures du Cnrisr, une grande partie “ l'Europe est à reconquérir par le catholicisme. La hitrarchie ayant été détruite partout où domine l'hé-

résie, ces peuples infortunés sont réduits à l'état

cours des âges,

de missions, et les catholiques y sont dirigés par

Enfin la Révolution française vient d'achever la ruine des missions, en mettant sa main sacrilège sur les anciennes fondations, qui constituent le trésor de l'apostolat catholique, et permettent d'entretenir au loin de nombreux missionnaires, Mais d'ailleurs, à quoi bon des fondations quand les hommes font défaut ? La Révolution a fermé tous les séminaires de l'apostolat, en France, en Italie,en Espagne ; elle a dispersé successivement toutes les grandes familles religieuses ; le clergé séculier lui-même a péri en grande partie sur les échafauds, et il lui faudra plus d'un demi-siècle pour reformer ses cadres. Perdus à d'immenses distances, au fond de l'Inde et de la Chine, les rares survivants de l'apostolat s'épuisent avant l'heure dans un travail disproportionné, et leur voix mourante, qui ne trouve plus aucun écho en Europe, appelle en vain un successeur qui ne viendra point,

Telle est la situation des missions au moment où s'achève le xvrrit siècle, À raisonner selon les prévisions de la prudence humaine, on peut croire que l'œuvre de saint François Xavier et de ses glorieux émules est irrémédiablement compromise et que les missions sont perdues, Il faut maintenant entrer dans le détail, et montrer par des chiffres positifs que ce tableau si sombre n'a rien d'exagéré.

des vicaires apostoliques, Propagande.

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A° moment de la Réforme, l'Église d'Angleterre comptait 2 archevêchés at 24 catholique finit en ce

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ÉTAT DES MISSIONS CATHOLIQUES : AU j COMMENCEMENT DU X1IXme SIÈCLE, 3

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pays avec Thomas Goldwell, évêque de Saint- Asaph, qui mourut en 1585, à Rome, où il s'était réfugié,

Tout le monde à présente à l'esprit l'épouvantuble tyrannie d'Henri VIT, qui, pour se venger de la résistance des Souverains Pon: fes à sa passion adultère, arracha violemment l'Angleterre à la communion catholique. Les lois de sang d'Élisabeth, la lâche tyrannie des Stuarts, les fureurs de Cromwell et des Puritains, réduisirent à moins de 40.000 le chiffre des catholiques anglais,

L'Écosse, à la même époque, se souleva, à la voix du fougueux Jean Knox, contre sa reine légitime, l'infortunée Marie Stuart, qu'elle livra sans pitié aux vengeances de sa bonne sœur, Élisabeth d'Angleterre, L'Écosse comptait alors 2 provinces ecclésiastiques et 11 évêchés sufiragants. La tempête emporta tout, et, pendant un demi-siècle, l'Angleterre et l'Écosse demeurèrent en dehors de la hiérarchie catholique, De temps en temps, quelque religieux intrépide, quelque Jésuite, traversait le détroit et venait, au péril de sa vie, administrer les sacrements au petit troupeau demeuré fidèle ; mais, entouré de traitres, dénoncé et traqué de cachette en cachette, il ne tardait pas à tomber aux mains des implacables ennemis de la foi, Après les longues tortures de la prison, il était trainé à Tyburn sur une claie, pendu, écartelé vivant ; et ses membres, exposés tout sanglants aux portes des villes, apprenaient à tous ce que la Réforme, devenue maitresse, avait fait de la liberté de conscience et de ce fameux droit d'examen, son principe fondamental,

Néanmoins, au moment où s'ouvre le x1xe siècle, il est juste de reconnaitre que le feu de la persécution est tombé, Depuis longtemps la hiérarchie sacrée est reconstituée, En Angleterre, Grégoire XV a créé, le 13 mars 1623, un premier Vicariat apostolique, qu'Innocent XI à partagé en 1687 entre quatre titulaires : le district occi dental, le district de Londres, le district central et le district septentrional, L'Angleterre compte donc, en 1800, 4 évêques, vicaires apostoliques, avec 43 prètres et environ 90,000 fidèles,

En Ecosse, un décret de la Propagande a institué, en 1653, une Préfecture remplacée, en 1695, par un Vicariat apostolique, qui fut divisé,

En 1726, entre deux titulaires :

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tolique des hautes terres et le vicaire apostolique des basses terres (highland et lowland). Par conséquent, en 1800, on trouve, en Écosse, 2 évéques vivaires apostoliques, 22 prêtres ct 30.000 fidèles,

Dans les deux royaumes, nous comptons, à la même époque, 60 chapelles qui se dissimulent au fond des ruelles les plus écartées. Pas un seul édifice religieux digne de ce nom : pas un collège pour l'éducation catholique d: la jeunesse, La Réforme à confisqué les antiques cathédrales, elle a profané les images des saints, elle a renversé de leur piédestal les statues de Marie, elle a fermé le confessionnal et brisé l'autel avec le tabernacle, Les vieilles Universités, filles de l'Église romaine, Oxford, Cambridge, ont renié leur Mère, et sont devenues les foyers de l'hérésie, Si les catholiques veulent donner à leurs fils une éducation conforme à leurs croyances, ils sont forcés de les envo’er sur le continent, Aucune sécurité pour les tenants de l'ancienne foi le moindre incident peut réveiller les fureurs populaires et les expulsez de leurs demeures, au cri répété de vo Popery, pas de papisme !

Les lois draconiennes d'Henri VITE et d'Éli sabeth subsistent toujours ; par le partage forcé des successions, les grandes familles catholiques sont condamnées à l'instabilité et à la ruine : par le serment du £es4, les catholiques sont exclus des conseils de la nation et de toutes les charges publiques. Dans cette Angleterre si fière de son libéralisme, les hommes qui sont demeurés fidèles à la foi de leurs pères sont réduits, à la lettre, à la condition de parias. =

Je ne parle pas ici de l'Irlande, et voici pourquoi: malgré les terribles dévastations de Cromwell, l'ingratitude des Stuarts et les persécutions des Orangistes, l'Irlande à gardé la hiérarchie avec l'ancienne foi : elle a conservé, maluré tout, ses 8 millions de catholiques avec ses 4 archevêques et ses 29 évêques. Après s'être épuisé pour entretenir le luxe scandaleux du clergé anglican, que l'Irlandais laisse seul dans ses cathédrales spoliées, ce peuple héroïque, qui meurt de faim, grâce à l'égoisme de l'Apvleterre, trouve encore, dans sa détresse, un morceau de pain pour nourrir ses évêques et ses prêtres, Cette indomptable fidélité lui a permis de ne pas tomber à l'état de mission, ce qui fait que je n'ai pas à m'occuper ici de l'Irlande.

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ÉTAT DES MISSIONS CATHOLIQUES AU COSMANCP VENT Du XIXe SIÈCLE, 5

dite aie SUÈDE ET NORWÈGE. implacablement le fameux axiome du traité de

Westphalie : Cujus regio, hujus religio, ce qui veut dire que chaque contrée doit suivre aveuglément la religion de son prince, En sorte qu'en moins d'un siècle, on verra, sans que nos granc+, prôneurs de liberté réclament, un pays, la Prusse, passer successivement, selon le caprice du monarque, du luthéranisme au calvinisme, pour s'en tenir, en fin de compte, au culte évangélique, * c'est-à-dire à un accord impossible entre deux cultes et deux dogmes qui hurlent de se voir accouplés. . Mais que voulez-vous ? C'est la volonté du prince ; il n'y a pas à discuter, Ce que l'on discute, c'est l'omnipotence doctrinale de Rome et la tyrannie sous laquelle elle courbe les esprits qui lui sont soumis !

Comme le catholicisme ne se prête pas facilement à ces compromis de doctrine, il en résulte que, dans la plupart des États de l'Allemagne, il est absolument proscrit, et que, dans ceux où l'on veut bien le tolérer, les princes l'ont fait entrer tout doucement dans les rouages administratifs, en le soumettant à une bureaucratie hostile, et la plus tracassière qu'il y ait en Europe, ce qui n'est pas peu dire, Or, je ne crains pas

Ans les États scandinaves, la position est encore plus triste qu'en Angleterre, car il n'y a plus rien,

En 1536, un même jour vit jeter dans les fers tous les évêques du Danemark, et, avant la fin du xvie siècle, le catholicisme était anéanti dans le royaume de saint Canut. Seuls, les étrangers pouvaient assister à la messe, dans les chapelles privées de leurs ambassadeurs. Plus de clergé, plus de hiérarchie, Au commencement du x1xe siècle, un des évêques de l'Allemagne du Nord était chargé de pourvoirauxbesoinsreligieuxd'unecentaine de catholiques, épars dans tout le royaume, principalement dans le Sleswig- Holstein,

Même situation navrante en Suëde et en Norwège, On sait avec quelle cruauté Gustave Wasa et son fils Éric procédèrent, au xvie siècle, à l'extinction du catholicisme dans le royaume de saint Olaf : interdiction absolue de l'ancien culte, bannissement detout catholiquehors du royaume, peine de mort contre tout religieux, tout prêtre, trouvé dans le pays. Quand la petite-fille de Gustave Wasa, la reine Christine, éclairée sur la vérité du catholicisme, voudra revenir à la foi de ses pères, il faudra qu'elle commence par descendre du trône, et qu'elle prenne, comme le dernier de ses sujets, le chemin de l'exil.

d'affirmer que ce second mode de persécution est le plus dangereux pour l'Église, et je le prouve.

La sainte Église infaillible du Curisr se compose néanmoins d'hommes faillibles, et plus ou moins accessibles aux tentations qui viennent de l'autorité civile. Toutes les âmes ne sont pas héroïiquement trempées, et il est bien à craindre que, sous la pression continie du pouvoir, on n'arrive peu à peu à des compromis, disons le mot, à des lâchetés, cent fois plus redoutables pour

Ces lois impitoyables subsistent encore au commencement du xixe siècle, Un seul adoucissement y a été apporté, En 1789, Gustave III à permis aux catholiques étrangers, domiciliés dans le pays, l'exercice public de leur culte ; mais l'on à maintenu rigoureusement l'interdiction pour les indigènes d'embrasser le catholicisme, sous peine de l'exil et de la confiscation l'Église que l'exil ou la mort ; car la persécution des biens. En 1800, nous trouvons une centaine | Sanglante honore le martyr en ranimant la foi de fidèles, éparpillés à travers les deux royaumes des fidèles, au lieu que la persécution bureaucrade Suède et de Norwège. En présence d'une tique, hypocrite et sourde, déshonore souvent pareille intolérance, le catholicisme, malgré son | JUSquà ses victimes.

Sous l'action persévérante de l'administration, il se forme bientôt un épiscopat servile, un clergé bâtard, qui ne regarde plus du côté de Rome, mais qui a les yeux fixés sur le moindre chef de bureau, pour savoir ce qu'il doit dire et ce qu'il doit faire.

énergique vitalité, n'a pu se maintenir sur ces rivages désolés de la Baltique.

C'est R, il faut bien le reconnaitre, où en est

1} l'Allemagne protestante du Nord, la

situation est presque aussi triste, La plu-

venu, au commencement du xixt siècle, le clergé catholique dans l'Allemagne du Nord, et même

part des principautés protestantes appliquent

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dans la majeure partie de l'Allemagne demeurée catholique, grâce à l'éducation joséphiste du clergé et à de mauvais choix épiscopaux, Fébronius vient de mourir, après une rétractation plus ou moins sincère ; mais le mal qu'il a fait À l'Église d'Allemagne ne sera pas encore guéri au bout d'un siècle, Sur les principaux sièges épiscopaux, nous voyons assis des prélats de famille princière, qui s'ont le plus souvent d'autre titre de vocation que leur naissance et l'influence politique de leurs parents, Qu'on se rappelle ici le congrès schismatique tenu à Ems, en 1787, par les quatre premiers dignitaires de l'Église d'AIlemagne, dans l'intention hautement avouée de rompre avec Rome, et d'établir, sous le nom d'Église nationale, une sorte de protestantisme bâtard,

Quelle est au juste, en 1800, la situation numérique des catholiques dans l'Allemagne du Nord? En mettant à part 5.000.000 de catholiques dans les évéchés des bords du Rhin, qui formeront bientôt la Prusse rhénane, et 1.200.000 dans la Silésie et la partie de la Pologne cédée à la Prusse, je crois qu'on s'écartera peu de la vérité en portant à 60.000 le nombre des catholiques allemands répandus dans les principautés protestantes, la Prusse héréditaire, le Wurtemberg, la Saxe, le Hanovre, le duché de Bade et les petites principautés, ce qui fait en tout 6.260.000 catholiques dans l'Allemagne du Nord, sur une population totale de 25.000.000.

L'heure approche où Dieu : a réveiller de sa léthargie cette vieille Église d'Allemagne, Pendant quinze ans, ce malheureux pays va devenir le champ de bataille de l'Europe. Sous les pas des soldats de Napoléon, toutes les barrières tomberont, tous les cadres seront brisés, une certaine justice se fera, bon gré mal gré. Certes, nos soldats ne sont pas dévots, * cette heure de l'histoire, N'importe, ils serviront d'instruments, aux mains de la Providence, pour rétablir l'exercice public du culte catholique, en bien des endroits où il était proscrit depuis la Réforme. Tout l'état politique de l'Allemagne étant bouleversé, l'ancienne constitution germanique est par terre. C'est l'heure des restaurations et des réparations, Peu à peu, nous verrons cette noble Église d'Allemagne se relever de ses abaissements séculaires ; et quand rés la chute du colosse qui l'a démembrée, laflemagne poli-

XIXe SIÈCLE,

tique essaiera de se reconstituer, elle trouvera devant elle l'Eglise catholique debout et débarrassée, au moins en partie, de ses fers, Avec ce

minimum de liberté, le catholicisme fera dons,

l'Allemagne protestante des merveilles. Le jour

n'est pas loin où l'un des plus illustres poètes de

ce pays, Novalis, cerminera une de ses odes par

ce cri d'espérance : Zn avant vers Rome ! et

ce noble appel ne restera pas sans écho, HOLLANDE,

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