O-CHINE
Pondichéry, où il fonctionna paisiblement de 1787 à 1808. Mais l'éloignement de nos missions de Chine était un inconvénient sérieux, surtout à cette époque, où les communications étaient bien plus lentes et bien plus difficiles qu'aujourd’hui. Le séminaire fut donc installé en 1808 à Pinang, où il n’a cessé de fonctionner depuis, Un millier de prêtres indigènes, dont près de cent ont remporté la palme du martyre, sont sortis de cette maison, au cours du xIx° siècle, et sont allés porter la foi dans nos missions de Chine, de Corée, du Japon, d'Annam et de Siam. A l'heure actuelle, le séminaire de Pinang compte 5 directeurs et 40 élèves.
Des chrétientés ne tardèrent pas à se former à l'ombre du séminaire, dans la presqu'île malaise, Quand la mission de Malaisie fut érigée en vicariat apostolique, elle comptait déjà 3.200 chrétiens. Voici le tableau des accroissement successifs de la mission :
En 1847 : 1 vicaire apostolique, 2 missionnaires, o pré: a indigène, 3 églises ou chapelles, 2 écoles, 3.200 cathoiques.
En 1806: 1 évêque, 3r missionnaires, 1 prêtre indigène, 39 églises ou chapelles, 57 écoles, 18.522 catholiques.
En cinquante ans, le chiffre des catholiques est monté de 1 à 6. La population totale étant de 1.300.000, la proportion des catholiques est 1/72.
Comme à Siam, c'est surtout sur l'élément étranger, chinois et indien, que la prédication s'exerce avec succès. Les naturels de la presqu'île malaise, étant en majorité musulmans, ne paraissent pas, au moins jusqu’à ce jour, susceptibles d’être convertis. Néanmoins l'évangélisation des peuplades sauvages de la presqu'île est commencée sérieusement, et l'on peut espérer que de nombreuses conversions dans l'intérieur du pays ne tarderont pas à récompenser les efforts de l’apostolat,
Les Frères des écoles chrétiennes ont 2 beaux établissements dans la mission, à Syngapour et à Pinang, avec 650 élèves. Les Sœurs du Saint- Enfant-Jésus ont 3 établissements, à Syngapour, à Pinang et à Malacca, avec 675 élèves.
Le nombre total des enfants élevés dans les 57 écoles de la mission, s'élève à 3.240.
En exécution du concordat de 1885, Léon XIII, après avoir transféré à l'évêque de Macao la juridiction des chrétientés portugaises de Malacca et de Syngapour (2.650 âmes), a, par bref du 8 août 1888, érigé le vicariat apostolique de Malaisie en diocèse, en conférant au titulaire, Mgr Gasnier, le titre restauré d'évêque de Malacca, avec résidence à Syngapour,
Le diocèse de Malacca dépend de la province ecclésiastique de Pondichéry.
SX IV. — MISSION D'ANNAM. be
ARMI toutes les missions confiées à la Société des Missions Etrangères de Paris, les missions d'Annam (Cochinchine et Tong-King) tiennent incontestablement le premier rang, par le nombre des chrétiens et la générosité qu'ils ont mise à supporter trois siècles de persécutions sanglantes. Au moment où s'ouvre le XIX® siècle, voici quelle était leur situation :
Tong-King oriental (Dominicains), 1 vicaire apostoique, 4 missionnaires, 41 prêtres indigènes, 140.000 catholiques.
Tong-King occidental (Missions Étrangères), 1 vicaire apostolique, 6 missionnaires, 63 prêtres indigènes, 120.000 catholiques.
Cochinchine (Missions Étrangères), I vicaire apostolique, 5 missionnaires, 15 prêtres indigènes, 50.000 catholiques.
Total en 1800; 3 vicaires apostoliques, 15 missionnaires, 119 prêtres indigènes, 310.000 catholiques.
Églises, presbytères, communautés religieuses, la persécution, qui durait sans interruption depuis un demi-siècle, avait tout renversé. La guerre civile avait, pendant vingtcinq ans, promené l'incendie et la dévastation dans tout le pays. Le roi Gia-long venait, il est vrai, de remonter sur le trône de ses ancétres, grâce au secours de généreux Français qui, sur l'appel de l’évêque d’Adran, l'avaient aidé à triompher des rebelles ; mais les missions d'Annam sortaient ruinées de cette longue crise, et tout était à refaire, au spirituel aussi bien qu'au temporel. L'organisation si forte de nos chrétientés avait été brisée par la persécution et les bouleversements politiques ; en beaucoup d’endroits, les fidèles étaient restés, pendant plusieurs années, privés de prêtres :
plus d'instruction, plus de culte, plus de sacrements. Et précisément
seurs, ne permettait guère de se livrer avec succès à l’évangélisation des infidèles, Nos confrères profitèrent de la période de paix dont ils jouissaient pour ranimer la ferveur des fidèles, reconstituer les chrétientés, relever les églises, les séminaires, les communautés religieuses, toutes les œuvres spirituelles et temporelles du passé, Ce fut pour l'Eglise d'Annam une période de recueillement et de rénovation spirituelle, qui devait, dans les desseins de DIEU, la préparer aux luttes sanglantes de l'avenir.
Cette préparation n'était pas trop longue.