‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 13 sur 404 · C ANGLETERRE ET ÉCOSSE · texte numérisé non relu

C ANGLETERRE ET ÉCOSSE

U moment de la Réforme, l'Eglise d'Angle-

terre comptait 2 archevêchés et 24 évêchés.

La hiérarchie catholique finit en ce pays avec Thomas Goldwell, évêque de Saint-Asaph, qui mourut en 1585, à Rome, où il s'était réfugié,

Tout le monde a présente à l'esprit l'épouvantable tyrannie d'Henri VII, qui, pour se venger de la résistance des Souverains Pontifes À sa passion adultère, arracha violemment l’Angleterre à la communion catholique. Les lois de sang d'Elisabeth, la lâche tyrannie des Stuarts, les fureurs de Cromwell et des Puritains, réduisirent à moins de 40.000 le chiffre des catholiques anglais.

L'Ecosse, à la même époque, se souleva, à la voix du fougueux Jean Knox, contre sa reine légitime, l'infortunée Marie Stuart, qu’elle livra sans pitié aux vengeances de sa bonne sœur, Elisabeth d'Angleterre, L'Ecosse comptait alors 2 provinces ecclésiastiques et 11 évêchés suffragants. La tempête emporta tout, et, pendant un demi-siècle, l'Angleterre et l'Ecosse demeurèrent en dehors de la hiérarchie catholique. De temps en temps, quelque religieux intrépide, quelque Jésuite, traversait le détroit et venait, au péril de sa vie, administrer les sacrements au petit troupeau demeuré fidèle ; mais, entouré de traîtres, dénoncé et traqué de cachette en cachette, il ne tardait pas à tomber aux mains des implacables ennemis de la foi, Après les longues tortures de la prison, il était traîné à Tyburn sur une claie, pendu, écartelé vivant ; et ses membres, exposés tout sanglants aux portes des villes, apprenaient

Missions Catholiques,

que l’œuvre de saint François Xavier et de ses glorieux émules est irrémédiablement compromise et que les missions sont perdues, Il faut maintenant entrer dans le détail, et montrer par des chiffres positifs que ce tableau si sombre n’a rien d'exagéré,

à tous ce que la Réforme, devenue maîtresse, avait fait de la liberté de conscience et de ce fameux droit d'examen, son principe fondamental,

Néanmoins, au moment où s'ouvre le xJxe siècle, il est juste de reconnaître que le feu de la persécution est tombé, Depuis longtemps la hiérarchie sacrée est reconstituée, En Angleterre, Grégoire XV a créé, le 13 mars 1623, un premier Vicariat apostolique, qu’'Innocent XI a partagé en 1687 entre quatre titulaires : le district occidental, le district de Londres, le district central et le district septentrional. L'Angleterre compte donc, en 1800, 4 évêques, vicaires apostoliques, avec 43 prêtres et environ 90.000 fidèles.

En Ecosse, un décret de la Propagande a institué, en 1653, une Préfecture remplacée en 1095 par un Vicariat apostolique, qui fut divisé, en 1720, entre deux titulaires : le vicaire apostolique des hautes terres et le vicaire apostolique des basses terres (highland et lowland). Par conséquent, en 1800, on trouve, en Ecosse, 2 évêques vicaires apostoliques, 22 prêtres et 30.000 fidèles,

Dans les deux royaumes, nous comptons, à la même époque, 60 chapelles qui se dissimulent au fond des ruelles les plus écartées. Pas un seul édifice religieux digne de ce nom ; pas un collège pour l'éducation catholique de la jeunesse. La Réforme a confisqué les antiques cathédrales, elle a profané les images des saints, elle a renversé le confessionnal et brisé l'autel avec le tabernacle. Les vieilles Universités, filles de l'Eglise romaine, Oxford, Cambridge, ont renié leur Mère, et sont devenues les foyers de l'hérésie. Si les catsoliques veulent donner à leurs fils une éducation conforme à leurs croyances, ils sont forcés de les envoyer sur le continent, Aucune sécurité pour les tenants de l’ancienne foi ; le moindre incident peut réveiller les fureurs populaires et les faire expulser de leurs demeures, au cri répété de »0 Dopery, pas de papisme!

Les lois draconiennes d'Henri VIII et d’Elisabeth subsistent toujours ; par le partage forcé des successions, les grandes familles catholiques sont condamnées à l'instabilité et à la ruine : par le serment du fes4, les catholiques sont exclus des conseils de la nation et de toutes les charges

| publiques, Dans cette Angleterre si fière de son

libéralisme, les hommes qui sont demeurés fidèles

mr

SE eee oo or CRT n ee Rem rm

à la foi de leurs pères sont réduits, à la lettre, la condition de parias.

Je ne parle pas ici de l'Irlande, et voici pourquoi : malgré les terribles dévastations de Cromwell, l’ingratitude des Stuarts et les persécutions des Orangistes, l'Irlande a gardé la hiérarchie avec l’ancienne foi ; elle a conservé, malgré tout, ses 8 millions de catholiques avec ses 4 arche-

vêques et ses 29 évêques. Après s'être épuisé pou

entretenir le luxe scandaleux du clergé anglican, que l’Irlandais laisse seul dans ses cathédrales spoliées, ce peuple héroïque, qui meurt de faim, grâce à l’égoïsme de l'Angleterre, trouve encore, dans sa détresse, un morceau de pain pour nourrir ses évêques et ses prêtres. Cette indomptable fidélité lui a permis de ne pas tomber à l'état de mission, ce qui fait que je n'ai pas à m'occuper

ici de l'Irlande.

Page 1