Lettre au Protecteur Canadien, Mai
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moins vous trouvez l’école paroissiale, entreterue aux frais des chefs de famille, Couvents et écoles donnent ainsi une éducation catholique et nationale à plus de 30.000 enfants.
Ainsi, sur une terre étrangère, l'émigré canadien & su garder sa foi et ses traditions religieuses ; il a reconstitué aux Etats-Unis la vieille paroisse canadienne, gardienne des vieilles mœurs et de la nationalité. Tout en restant loyalement respectueux des institutions et des lois de sa patrie d'adoption, il affirme résolument et nettement son programme, et ce programme se résume en trois mots :
€ Notre religion, notre langue, notre nationa- » lité!»
Quatre-vingts sociétés de Saint-Jean-Baptiste, douze journaux rédigés en français, de nombreux congrès, dans lesquels les délégués des diverses associations se réunissent chaque année pour discuter leurs intérêts religieux et politiques, complètent cette forte organisation de l'émigration franco-canadienne, et semblent promettre à ce peuple intéressant qu'il échappera à l'absorption de la grande République.
On comprend que les Américains, surtout les protestants, voient de mauvais œil cette tendance. Déjà le principal journal protestant de Boston, L'Américain, a poussé un cri d'alarme (1) : € Son- » gez-y, Américains patriotes, les Jésuites français ont conçu le projet de former une nation catholique avec les provinces de Québec et de la Nouvelle Angleterre. Les F rançais sont plus d'un million aux Etats-Unis; ils remplissent vos fabriques, achètent vos fermes, s'introduisent dans vos législatures et y exercent une influence puissante. Le nombre de leurs enfants est inimaginable pour des Américains. Ces enfants, on les éloigne des écoles publiques, pour leur donner une éducation en tout semblable à celle qu'ils auraient reçue au Canada ; on leur dit qu’en apprenant l'anglais, ils perdront leur langue, leur nationalité, leur religion ; on ies élève comme race étrangère, distincte, soumise au Pape en matière religieuse et politique. Bientôt, unis aux Irlandais ils vous gouverneront, vous, Américains, ou plutôt le Pape vous gouvernera, car ces masses le reconnaissent pour maître. »
Les catholiques américains eux-mêmes se montient actuellement assez mal disposés à l'égard de leurs frères émigrés du Canada.
Espérons que ces susceptibilités nationales se calmeront, et que les catholiques des Etats-Unis, si intelligents et si dévoués aux intérêts de leur Eglise, apprécieront bientôt la force considérable que l'élément franco-canadien apporte chez eux au catholicisme. Tous alors, ralliés au pied de la Croix, s’uniront pour lutter ensemble contre l'influence protestante, sur cette terre qui était