KI CORÉE. Ÿ
COTÉ du Japon, nous trouvons la presqu'île de Corée, où jamais encore ne s’est posé le pied du missionnaire européen, Là, pour: tant, subsiste une Eglise admirable, qui semble s'être formée toute seule, C'est une des pages les plus touchantes de l'histoire de l'apostolat. La Corée est tributaire de la Chine ; à ce titre, elle envoie chaque année une ambassade à Péking. Or, il arriva qu'en 1786, un jeune noble coréen, qui faisait partie de l'ambassade, se mit en rapport avec les missionnaires européens de Péking, et leur demanda des leçons de mathématiques, Les missionnaires profitèrent de l’occasion pour lui parler du christianisme, et Jui prêtèrent des livres de religion, Le jeune homme,
frappé de la beauté du dogme chrétien, demanda |
le baptême, qu'il reçut dans les meilleures dispo-
sitions, De retour chez lui, il devint l'apôtre de | sa famille et de ses amis, Le christianisme fit de |
rapides progrès chez ce peuple bien disposé, malgré les rigueurs de la persécution qui, commencée en 1788, ne s’arrétera plus jusqu’à nos jours,
Cependant il fallait songer à donner des pasteurs à cette Église naissante. Les néophytes
s'adressèrent naturellement à l'évêque de Péking. |
Hélas! les prêtres, je l'ai dit, étaient rares en
Æ (@ MISSIONS D'AMÉRIQUE EN 1800. ee
— Ne ÉTATS-UNIS. pi srondec-ope RAVERSONS le Pacifique : nous arri-
| vons sur une terre nouvelle, hiet
\ Ets { encore sauvage, et qui, demain peut- 3] Hd être, sera à la tête de la civili sation, COX Je veux parler de l'Amérique du Nord, et plus particulièrement de ces colonies anglaises, émancipées en 1800 depuis quinze ans à peine, et qui s'appellent déjà les États-Unis.
Chine, à cette époque. On leur promit d’en faire venir d'Occident, et ces gens simples, animés d’une foi sublime, se Prosternèrent du côté du Couchant, pour saluer, à la manière de leur pays, le futur apôtre qu'on leur promettait, Mais il fallait pourvoir aux besoins du présent, Après bien des instances d’une part, et bien des refus de l’autre, l’évêque de Péking se décida à leur donner un de ses prêtres chinois, qui pénétra en Corée vers 1793. En même temps, pour assurer l'avenir de cette nouvelle Eglise, les chrétiens de Corée, sur le conseil de l'évêque, écrivirent une lettre touchante à Pie VII, pour demander des missionnaires. Les malheurs de l'Eglise ne permirent pas alors de satisfaire à leurs pieux désirs ; mais ils ne se découragèrent pas, et sous la direction, de leur Premier et unique pasteur, ils formaient, en 1800, un petit troupeau d'environ 6.000 néophytes,
J'ai achevé d'exposer la situation de l'apostolat en Asie, au commencement de ce siècle, Au centre du continent, les hauts plateaux du Thibet sont encore demeurés inaccessibles aux missionnaires. L'Hassa, la capitale, est comme le sanc. tuaire et la citadelle fermée du bouddhisme. I] faudra plus d'un siècle Pour en forcer les portes,
Au nord, dans les régions glacées de la Sibé. rie, vivent des peuplades encore toutes païennes, Elles ne connaitront le catholicisme qu'en voyant, au cours du XIXe siècle, déporter dans leurs steppes les évêques et les prêtres de la malheureuse Pologne.
Voici donc, en résumé, quelle était, en 1800, la la situation du catholicisme en Asie,
Asie Mineure, 381.000 catholiques.