‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 22 sur 404 · NAT · texte numérisé non relu

NAT

LE + 475 000

Indo-Chine + + + 320,000 »

(CNCRRRERS—— 187.000 »

Japon four mémoire,

Corée , , , Eh 6.000 »

Total pour toute l'Asie : 1.369.000 catholiques.

nn.

Avant l'émancipation, les lois Oppressives de la mère-patrie contre les catholiques étaient appliquées avec rigueur par le fanatisme protestant. Aussi, en 1800, le nombre des enfants de l'Eglise romaine s'élevait à peine à 30.000, au milieu de plus de 2.000.000 de protestants, À joutons à ce chiffre 6.000 Indiens convertis, faibles restes des magnifiques Congrégations que la Compagnie de Jésus avait formées parmi les tribus sauvages du nord de l'Amérique. Depuis

& Cofpagnie, ces infortunés

la

Re

1 faire nimés té du Pays, ais il À près refus À leur ra en surer is de t une r des perieux sous r,ils iron

+ 7 Ji

ra SA

ÉTAT DES MISSIONS CATHOLIQUES AU COMMENCEMENT DU XIXme SIÈCLE. 27

sont abandonnés comme des brebis sans pasteurs. A peine si, à de longs intervalles, ils voient arriver quelque robe noire dans les solitudes où les refou!- de plus en plus l’égoïsme féroce de l’Anglo-Saxon. C'est que les prêtres sont encore bien rares aux États-Unis, On en compte, sur tout cet immense territoire, une vingtaine, perdus à d'énormes distances les uns des autres. Ces prétres naguère encore n'avaient pas même d'évêque ; ils relevaient du vicaire apostolique de Londres. Pas d'églises sur ‘oute l'étendue du territoire, hormis quelques misérables chaoelles en bois ; pas de séminaires, pas de collèges, pas d'écoles. «On ne saurait écrivait quelques années après Mme Seton ('), se faire une idée de l'état d’abaissement où était alors réduit le catholicisme dans ces contrées. }

Quand survint la guerre de l'Indépendance, il se trouva que le chef de cette grande entreprise, Washington, était un protestant à idées vraiment libérales Grâce à son influence, dès ses premières

séances, le Congrès décréta la liberté religieuse, |

et, pour répondre aux désirs des États, le Pape Pie VI créa, le 6 novembre 1780, le siège épiscopal de Baltimore, donnant ainsi à cette jeune tglise un gage de perpétuité,

Vers le même temps, un célèbre ministre du pays, M. Thayer, se convertissait à Rome, à l'occasion des miracles qui se multipliaient sur la tombe à peine fermée d’un pauvre mendiant français, que l'Église devait, un siècle plus tard, élever sur les autels, saint Benoît Labre. Cette conversion, bientôt suivie de la réception du sacerdoce, ouvrait la liste glorieuse des nombreux clergymen qui devaient, au cours du xIXe siècle, préférer à leurs riches bénéfices dans l’Église protestante la pauvreté et les privations du missionnaire catholique

On vit aussi, vers la même époque, arriver quelques-uns de nos prêtres chassés par la Révolution, Les vénérables Sulpiciens fondèrent, à Baltimore, un séminaire, qui fut la première pépinière sacerdotale de la République Américaine. En 1793, Mgr Caroll, premier évêque de Bailtimore, avait la joie d'imposer les mains au premier prêtre originaire des Etats Unis. De leur côté, les

confesseurs de la foi venus de France allaient, nar | leurs travaux apostoliques et l'exemple de leur |

vie, donner une vive impulsion à la prédication évangélique, dans ces contrées lointaines. Bien que le pays fût de langue anglaise, on a remarqué que, dans les premières années du xiIxe siècle, la plupart des évêques et des missionnaires vinrent de France.

Citons seulement quelques noms, pour rappeler au moins le souvenir de ces premiers apôtres des États-Unis.

Parmi les évèques : Mgr Maréchal, troisième évèque de Baltimore ; Mgr de Cheverus, premier évêque de Boston, mort archevêque de Bordeaux ;

1. l'rotestante converlie, fondatiicé et premiere = des Sœurs de Charité aux &tats-Unis.

Mgr Flaget, premier évêque de Bar-dstown, et son coadjuteur Mgr David ; Mgr Dubourg, deuxième évêque de la Nouvelle-Orléans, mort archevêque de Besançon ; Mgr Bruté, premier évêque de Vincennes ; Mgr Loras, premier évêque de Dubuque; Mgr Poirier, troisième évêque de Roseau,

Parmi les prêtres: M. Nagot, Sulpicien, premier supérieur du séminaire de Baltimore, qui arriva en 1701, en compagnie de MM. Levadoux, Teissier et Garnier (ce dernier retourna en France, et mourut supérieur général de la Société de Saint-Sulpice) ; les deux frères Badin, d'Or- Jéans : l'aîné, Théodore Badin, vicaire général de Mer Flaget; le cadet, Vincent Badin, missionnaire chez les sauvages ; Antoine Blanc, de Lyon, fondateur de la mission des Natchitoches, et, en 1833, troisième évêque de la Nouvelle-Orleans ; Antoine Kolman, de Strasbourg, fondateur du célèbre collège de Georgetown ; Gabriel Richard, de Saintes, fondateur de la mission des Illinois ; il fut le premier et jusqu'ici le seul prêtre catholique élu membre du Congrès.

Je pourrais citer bien d'autres noms «Ge mis: sionnaires français, car la liste se continue jusqu'à nos jours; mais en voilà bien assez pour constater que la jeune Église des États-Unis doit à notre vieille Église de France ses premiers apôtres, de même que la liberté américaine doit à la valeur de Lafayette et de ses compagnons d'avoir pu, à une heure bien critique de son histoire, constituer solidement son indépendance, malgré la jalousie et les efforts de l'Angleterre, Puissent les deux Églises et les deux nations se souvenir toujours des liens qui les unissent ! Quelquefois les peuples sont oublieux et ingrats; mais l'Église n'oublie pas les services rendus, parce qu’elle a la mémoire du cœur.

&K CANADA. po

A U nord dss États-Unis, est une terre de- [A meurée catholique et française en dépit de la conquête.

Je veux parler du Canada, que l'incurie de Louis XV et la complicité de Choiseul, le pen-

sionné de l'Angleterre, ont laissé tomber, en 1763, aux mains de nos rivaux. Les Anglais | essayèrent d'abord d'appliquer aux 63.000 Franco-Canadiens demeurés dans la colonie, leur | législation religieuse ; mais, ex présence de cette | population frémissante encore des derniers efforts de la lutte, on comprit vite, à Londres, qu'il serait | plus facile de s'attacher les Canadiens en leur donnant la liberté religieuse, qu'en leur appliquant | les lois oppressives de la métropole, Dix ans après la conquête, les catholiques canadiens se virent donc à peu près émancipés.

| Malgré les efforts des nombreux ministr ro- | testants qui vinrent s'abattre sur cett erre | catholique et française, les fidèles formaient, au

re pe ee Te OUR Ne

commencement du XIXe siècle, une agglomération compacte et fervente de 120.000 âmes, sous la juridiction de l'évêque de Québec, assisté d'un nombre malheureusement trop restreint de prêtres.

Quelques belles églises, à Montréal et à Québec, attestaient l'ancienne générosité de la France: les Sulpiciens avaient un séminaire florissant À Montréal, mais le grand collège de Québec avait été fermé après la ruine de Ja Compagnie de Jésus. Quant aux célèbres missions des Jésuites chez les Iroquois, les Hurons et les Sioux, elles demeuraient abandonnées pour le moment, à cause du manque de missionnaires.

En dehors de ces deux grandes agglomérations, les États-Unis, qui fondent leur indépendance, et le Canada, resté sous Ja domination anglaise, il n'y a plus, dans l'Amérique du nord, que quelques groupes isolés, qui viendront s'absorber dans la grande république de Washington, où qui tomberont aux mains de l'Angleterre : telle la Louisiane, terre catholique et française, qu'un caprice de Bonaparte, alors Premier consul, vendra comme une simple ferme aux Etats-Unis.

Elle compte environ 25.000 catholiques. Du temps que le pays appartenait à l'Espagne, un Évêché avait été établi À Ja Nouvelle-Orléans : mais la Révolution française a chassé l'évêque, qui n'a pas été remplacé,

Il y a encore le Texas, qui appartient au Mexique et compte environ 8.000 catholiques assez peu fervents. L'anarchie désolera ce pays, jusqu’au jour où il entrera dans l'Union américaine.

À l'ouest, sur la côte du Pacifique, on trouve la Californie, qui n’est pas encore Je pays de l'or, mais où de pauvres religieux franciscains ont réuni environ 30.000 Indiens convertis en Réductions florissantes, Leur œuvre Sera complètement ancantie, au cours du siècle, par l'invasion des Yankees, qui détruisent sans pitié toutes les tri. bus indiennes existant sur leur territoire,

Il faut encore tenir compte d'environ 17.000 catholiques qui sont répandus au nord du Canada, le long de la baie d'Hudson, dans l’'Acadie ou Nouvelle-Écosse, et dans l'île de Terre-Neuve.

Toutes ces populations formeront plus tard le |

Dominion du Canada,

à ANTILLES JS] ET GUYANE ANGLAISES, ù

ANS l'Amérique du Centre, nous trouvons

peu de pays de mission proprement dits, L Espagne catholique, quelles qu'aient été d’ailleurs les iniquités de la conquête, a depuis longtemps implanté sa foi À Cuba, au Mexique, et dans tous les territoires sur lesquels elle à fait flotter son drapeau, Il en est de méme dans nos colonies françaises des Antilles et de la Guyane : de sorte que nous n'avons à nous occuper que

mans" des contrées tombées aux mains de l'Angleterre et de la Hollande,

Dans les Antilles anglaises, la Trinité, la Grenade, la Dominique, la majorité de la population étant catholiaue, le Souvernement anglais a jugé expédient, comme au Canada, de ne pas appliquer aux colons les Jois Oppressives de la métropole. Les catholiques, au nombre de 150.000, y jouissent donc d’une certaine liberté, aussi Lien que dans la Guyane anglaise, qui compte environ

Malheureusement l'élément nègre, qui est le plus nombreux dans ces colonies, offre bien moins de résistance que les Franco-Canadiens au prosélytisme protestant, Le petit nombre de missionnaires, l'absence de ressources pour élever des églises et entretenir des écoles, laissent le champ libre aux, efforts des Sociétés bibliques Pour arracher à l'Eglise catholique des multitudes d'enfants,

Dans la Guyane hollandaise et dans l'ile de Curaçao, la situation est encore pire, car le fanatisme calviniste Opprime de toutes les façons une faible minorité Catholique, qui compte environ 6.000 fidèles, à peu près abandonnés sans pasteur et sans instruction religieuse,

On compte encore quelques catholiques dans les Antilles danoises,

Page 1