‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 224 sur 404 · L'AMÉRIQUE DU SUD · texte numérisé non relu

L'AMÉRIQUE DU SUD

baïonnettes ; tous les biens des communautés maisons, terres, bibliothèques, vases sacrés, furent confisqués au profit des écoles sans DIEU, On donna aux proscrits seulement une heure pour faire leurs préparatifs de départ, et on ne leur permit d'emporter que les habits qu'ils avaient sur le corps ; plusieurs, qui résidaient dans l’intérieur du pays, durent faire, pieds nus et tête nue, trente et quarante lieues, sous un soleil brûlant, pour rejoindre le port d'embarquement, Is étaient accompagnés d’une troupe de soldats, chargés de les garder à vue, et de tirer sur le peuple, en cas de résistance. C'est ainsi qu'on entend là-bas la liberté des cultes et l'inviolabilité des citoyens, Le Père garGien des Capucins, vénérable vieillard de 76 ans, mourut, en arrivant

San-Francisco, des souffrances endurées au moment de l'embarquement.

Après les religieux, on s’en prit, selon l'usage, au clergé séculier : l'archevêque de Guatémala et un g==nd nombre de prêtres furent exilés, d’autres jetés en prison,

epuis, la situation religieuse s’est un peu améliorée ; les Jésuites ont pu rentrer à Costa- Rica, les Lazaristes et les Sœurs de Saint-Vincent de Paul ont ouvert des établissements au Guatémala et dans la République de San-Salvador.

Mais la situation est toujors très précaire, et la loi qui exclut les religieux du territoire n’a pas été rapportée. Au Guatémala, six cent mille Indiens catholiques sont toujours sans pasteurs. Voici -:mment un missionnaire Dominicain de la Californie, de passage dans le pays, décrivait en 1887 leur situation :

€ Le caractère des Indiens catholiques est naturellement doux et pacifique ; mais, hélas ! abandonnés À eux-mêmes, sans prêtres, sans écoles, ils rewurnent peu à peu à l’idolâtrie. Leurs belles églises, bâties autrefois par les missionnaires, tombent déjà en ruines, faute d'entretien, »

Voilà, prise sur le fait, l'œuvre de la franc- Maçonnerie dans l'Amérique centrale. Au nom de la civilisation et de la liberté de conscience, on arrache aux Indiens les apôtres qui les ont enlevés à la barbarie : on ravit aux sauvages catholiques leurs églises, leurs presbytères, leurs écoles, tous les biens consacrés depuis des siècles au service du culte : on supprime leurs fêtes, leurs cérémonies religieuses, tout ce qui élevait l'esprit et formait le cœur de ce peuple encore enfant. On force ainsi les nouvelles générations, demeurées sans instruction et sans culte, à retourner à la vie sauvage En même temps qu'on s'oppose à ce que les missionnaires reviennent au milieu de leurs troupeaux, les protestants et les libres-penseurs ont toute liberté de travailler

à pervertir la foi de ce peuple infortuné, Les églises tombent en ruines, mais le pays se couvre

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jues ctde loges maçonniques,

et l’on trouve déjà cinq cents protestants au Guëtémala.

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