‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 229 sur 404 · ÉQUATEUR (AMÉRIQUE DU SUD · texte numérisé non relu

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eu le courage de soutenir les deux COUVENT DES DOMINICAINS A QUITO ; d’après une photographie.

prélats, eut au moins l'humanité de

Tels prêtres, tels troupeaux, La grande masse |

Bahia publiait des articles furibonds contre les Jésuites, et les accusait d’attenter à la liberté de conscience des citoyens, en enseignant que JÉSUS-CHRIST est le Messie, alors que le vrai et seul Messie est Auguste Comte, le fondateur en France du positivisme. Voilà où en est arrivé un pays autrefois tout catholique!

Comme tous les méridionaux, les Brésiliens sont passionnés pour les cérémonies religieuses : l'éclat du culte, les chants, les illuminations, tout

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ce qui frappe les sens. C’est une religion tout extérieure, qui n'atteint pas jusqu'aux profondeurs de l'âme, et qui n’a qu'une action fort médiocre sur l'esprit et sur le cœur. C’est ce qui explique ce fait presque incroyable d'une nation toute catholique se laissant dominer sans résistance par les Sociétés secrètes. Au Brésil, le franc-maçon se garde bien, comme il le frit chez nous, de s'éloigner de l’église ; tout au c craire il prétend y dominer et y faire la loi : il préside les confréries, fait célébrer des messes, organise des processions. C'est précisément à ce sujet que la lutte éclata avec les évêques d’Olinda et de Para,

Dans un pays éclairé, de pareilles prétentions seraient bien vite écrasées sous le ridicule ; mais dans un pays comme le Brésil, il en est tout autrement, Comme la question dogmatique ne préoccupe guère les “+ comme la plupart des Brésiliens igne . condamnations du Souverain-Pontife, qu', 1es autres les méprisent, vous entendez ès honnêtes gens répéter que la franc-maiv. serie brésilienne est une œuvre de philanthropie, que l'Église a grand tort de condamner.

Je suis heureux de signaler un certain mouvement de réaction religieuse, qui date de vingt à trente ans. Prenant le mal à sa source, la formation défectueuse du clergé, les évêques ont confié aux fils de saint Vincent de Paul la direction de plusieurs séminaires, d’où sortiront désormais des prêtres instruits et pieux. Malheurensement le nombre des ouvriers qui se présentent pour travailler à la vigne du Seigneur est encore bien petit, puisque le séminaire de Rio, le plus important du Brésil, ne comptait encore, ii y a quelques années, que dix-huit élèves. De concert avec les évêques, les Lazaristes ont organisé des retraites pastorales, qui exercent, chaque année, une heureuse influence sur l'esprit du clergé. Enfin ils ont ouvert plusieurs collèges, pour la formation chrétienne des jeunes gens du monde. Collèges et séminaires remédieront au grand mal de l'Église du Brésil, qui est l'ignorance. Il est donc permis désormais de concevoir quelques espérances pour la réforme du clergé et la renaissance de la religion dans ce pays.

Les prêtres de la Mission ne sont pas seulement professeurs au Brésil ; dans un pays où les prêtres, et surto ‘t les prêtres zélés, font défaut, ils ont dû se faire missionnaires pour évangéliser ces populations abandonnées, Souvent ils voyagent vingt ou trente jours à cheval, au milieu de dangers et de privations de toutes sortes, afin d'aller, pendant quelques semaines, offrir les secours de leur ministère à des populations qui sont quelquefois: des années entières avant de recevoir la visite du prêtre. Aidés des Sœurs de Saint-Vincent de Paul, qui s'occupent de l'assis- | tance des pauvres, de ia tenue des hôpitaux et de |

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l'instruction des jeunes filles, chose absolument nouvelle au Brésil, ils font connaître et respecter partout le nom de la France, trop souvent compromis par les rares nationaux que nous envoyons

l'étranger, « Vous vous croyez le premier peuple du monde, disait un jour un Brésilien à un voyageur français, parce que vous nous fournissez quelques cuisiniers qui savent préparer une sauce, et l'on se moque, avec raison, de votre fatuité, Heureusement que vous avez vos admirables missionnaires, pour relever le prestige de votre patrie et faire aimer la France (1). »

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Quant aux missions des sauvages, ruinées en grande partie à la fin du dernier siècle, à la suite de l'expulsion des Jésuites, abandonnées complètement pendant la première moitié du XIXe siècle, elles n'ont été reprises que depuis

1860. I] ne reste plus guère à évangéliser que les tribus sauvages de l’intérieur, car la plupart des Indiens qui habitent le long des côtes de l'Océan ont été convertis depuis longtemps par les premiers apôtres du pays, les Anchiéta, les Nobréga, les Vieyra, qui, en moins de cinquante ans, civilisèrent, au prix de nombreux martyrs, ces féroces sauvages, adonnés à l’anthropophagie et à tous les vices.

Les premiers missionnaires de la Compagnie de Jésus abordèrent au Brésil en 1540.

€ Dès 1600, écrit Southey, sar une étendue » de plus de deux mille milles (environ 660 » lieues), toutes les peuplades de la côte du » Brésil, aussi loin que s’étendaient les établisse- > ments portugais, étaient réunies en Réductions > prospères, sous la direction des Jésuites (2). »

Au témoignage de Rankes, historien protestant, on comptait dans l'Amérique du Sud, au commencement du XVII‘ siècle : cg archevêchés, vingt-sept Évêchés, quatre cents monastères, un nombre incalculable de paroisses, et des #//ions d’Indiens convertis. Le spectacle de cet accroissement pradigieux du catholicisme suggérait à Macaulay, autre historien protestant, cette réflexion :

« Les acquisitions de l'Église romaine dans le » Nouveau-Monde ont compensé, et au-delà, ce > que le protestantisme lui a fait perdre dans » l’ancien (3). »

Quomodo obscuratus est auri color optimus ?

Comment l'or a-t-il perdu son éclat ? Comment l'Église du Brésil, qui brillait d’une si vive splendeur au bout de cinquante ans d’apostolat, estelle tombée dans le marasme et l'obscurité ?

Comment ces religieux, qui avaient si vaillamment travaillé pour reculer les frontières du royaume de JÉSUS-CHRIST, ont-ils laissé leur

lee ee ne Ent 1, Du Parmont, Un voyage au Brésil. Revue du Monde catho. dique, août 1885.

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