‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 230 sur 404 · Q DA · texte numérisé non relu

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conquête inachevée ? Demandez-le à Pombal et aux gouvernements maçonniques, héritiers de ses détestables traditions. Après avoir chassé les Jésuites, qu'ils désespéraient de séduire, ils se sont emparés de la direction des monastères, ec ont imposé aux religieux des règlements et des supérieurs de leur choix ; sous prétexte de réformer les abus, ils ont enchaîné l’Église ; ils ont fait pis encore, autant qu'il dépendait .d’eux, ils l'ont corrompue ; ils se sont ingérés dans la formation du clergé et l'administration des séminaires, ils ont lié les mains aux évêques, ils ont empêché ou gêné, autant que possible, les communications avec Rome, en un mot, ils ont fait de l'Eglise du CHRIST une servante, et maintenant, ils prennent des airs austères pour lui reprocher sa dégradation. Hypocrites! cette dégradation, que vous exagérez d'ailleurs, qui l'a faite, si ce n'est vous ?

Mais le travail des anciens missionnaires n’a pas été complètement perdu, Après un siècle d'abandon des missions Indiennes, un protestant américain, sir Thomas Ewhanck, nous apprend qu'en 1856, il y avait encore au Brésil huit cent mille Indiens qui adoraient le nom de Jésus (1).

Privés, pendant bien des années, d'instruction et de pasteurs, scandalisés trop souvent par des hommes qui n'ont plus guère de chrétien que le nom, ils ont conservé la foi, au milieu des plus rudes épreuves, et tous les efforts des Sociétés protestantes pour les séduire sontdemeurés infructueux.

« Plus je vois ce peuple, écrit notre auteur, » plus le succès de la propagande protestante me » paraît éloigné, La nation brésilienne, bonne, » douce, hospitalière, intelligente et amie du » progrès évite le missionnaire protestant comme » un être suspect ; elle éprouve généralement » pour lui un sentiment voisin du mépris. A Rio, » la chapelle anglicane, ouverte en 1810, ne rece- >» vait pas, en 1856, un seul indigène converti, » Les moines lui ont enlevé ses quelques pro- » sélytes (2), »

Le R. Walsh, qui fut pendant quelque temps recteur de cet oratoire abandonné, avoue franchement qu'il a trouvé, dans le peuple brésilien. € une profonde impression de piété raisonnée, et » un attachement invincible à sa religion (3). » Le même auteur, parlant du clergé brésilien, lui rend ce témoignage que je suis heureux de mettre sous les yeux du lecteur :

{ Je ne puis accorder que le clergé du Brésil » mérite les reproches qu’on lui adresse ordinai- » rement. D'après tout ce que j'ai vu et entendu, » les prêtres du pays sont, généralement parlant, » tempérants, observateurs des lois de leur Eglise, » assidus auprès des malades et aussi chari- A EN EN ER eee

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