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252 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXm SIÈCLE.
pour donner une idée de ces missions, le récit d'une tournée apostolique, qui eut lieu en 1881 : «€ Après dix mois d'absence, je suis rentré à Saint-Louis (1)en bonne santé, J'ai parcouru rès de quatre cents lieues, tantôt dans des forêts inextricables, tantôt dans des plaines découvertes, exposé aux rayons d'in soleil brûlant ou à des pluies torrentielles, t:aversant à cheval les rivières, dormant à la belle étoile, parfois réduit À boire de l’eau fangeuse et à manger un peu de viande desséchée, Chaque:mission durait environ quinse jours. Voici quel a été le résultat de ces dix mois de courses apostoliques : 9 grandes missions, 4.000 communions, 638 baptêmes, 309 mariages, 20 extrêmes-onctions, bénédiction de sépt cimetières, plantation de onze croix gigantesques. Des députations venues de loin m'ont demandé plusieurs fois d'aller prêcher des missions chez eux j le manque de temps ne m'a pas permis d'accéder
à leur désir,
» Rien de plus consolant que ces missions dans ces forêts, loin des villages, Je faisais abattre les arbres sur une vaste étendue. On élevait et on couvrait de feuilles de palmiers un hangar capable de contenir trois mille personnnes. À côté on construisait une cabane, puis chacun bâtissait la sienne, En une semaine, on 1Aprovisait ainsi une ville de plusieurs milliers d’âmes, que je dirigeais avec le concours de plusieurs zélateurs. A quatre heures du matin, je faisais chanter l'office de la
Sainte Vierge, que beaucoup d’Indiens savent en
portugais ; puis je célébrais la messe. Après les
instructions et le catéchisme j'entendais les confessions, Le silence n'était interrompu que par le chant des cantiques. La prédication finissait toujours par des larmes et des sanglots, des pécheurs scandaleux demandaient publiquement pardon. Impossible de décrire l'émotion de la dernière allocution, après laquelle je bénissais et congédiais le peuple. Dès le lendemain, tous venaient, en pleurant et tenant en main leur croix de mission, implorer ma bénédiction et me dire adieu.
> Les exercices spirituels dans les villages m'ont apporté beaucoup moins de consolation, Grâce à la présence des blancs, la plupart des Indiens de cette catégorie sont dépourvus de tout ser moral, et les mauvais empêchent les bons de pratiquer la religion (2), »
On comprend les difficultés que présente l'apostolat dans de pareilles conditions. Qu'est-ce qu'une dizaine de missionnaires, recevant quelques maigres subsides du gouvernement, pour une œuvre qui demanderait des centaines d’apôtres ? Où trouver de quoi fonder des villages chrétiens, bâtir des chapelles, ouvrir des écoles sur une si vaste étendue de territoire ? 11 y faudrait des millions, que l'État seul esten mesure de fournir ; mais les préoccupations des gouvernements mo-