Capitale de la province de Maranhao
2. Lettre du Père Antonio de Reschio, Capucin (Missions catholiques. )
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dernes sont ailleurs, Du reste, ces sauvages res. semblent beaucoup à ceux de l'Équateur,auxquels ils confinent. Ils ont toujours refusé de recon. naître l'autorité du gouvernement brésilien, et se laissent difficilement aborder par les mission. naires, Perdus à l'ombre des grands bois, séparés les uns des autres par les nombreux affluents de l'Amazone, qui couvrent le pays comme d'un réseau, ces Tue sont restés jusqu'ici à peu près inaccessibles à l'action de la civilisation Quand le missionnaire a pu réussir, au brix de mille difficultés, à pénétrer au milieu d’une de ces tribus,il commence par réunir quelques Indiens mieux disposés, pour former une A/dea ou village chrétien, On élève des cabanes, on plante, on défriche un coin de l'immense forêt ; bientôt de nouveaux venus, attirés par les bienfaits d’une civilisation relative, viennent se joindre aux premiers, Au bout d’une dizaine d'années, si les défrichements ont réussi, si les sauvages païens ne se sont pas jetés sur la nouvelle chrétienté, si la terrible fièvre des bois n’a pas emporté le mis.
sionnaire et dispersé son petit troupeau, la
nouvelle Réduction peut être considérée comme
fondée, et l'apôtre, s'arrachant aux larmes de ses
néophytes, s'enfonce plus avant dans la forêt,
Pour recommencer ailleurs la même œuvre, Telle
est la rude vie que mènent actuellement les reli.
gieux franciscains chargés des missions indiennes
du Haut-Amazone.
Pour leur venir un peu en aide, Mgr l'évêque de Para, dont le vaste diocèse embrasse les deux provinces de Para et de l'Amazone, a eu, il y a Quelques années, l'heureuse idée d'installer un navire, appelé 4 Christophore, pour servir À l'évangélisation des tribus indiennes répandues sur les bords de l'Amazone et de ses centaines d'affluents, depuis Para jusqu'aux frontières de la Colombie, de l’Equateur et du Pérou. C’est comme une église ambulante, qui se transporte avec ses missionnaires au plus épais des forêts.
De leur côté, les RR. PP. Dominicains ont repris, depuis une dizaine d'années, leurs anciennes missions du Brésil, Ils ont actuellement trois résidences dans la province de Goyaz :
Goyaz, Ubéraba et Porto-Impériale, d'où ils envoient des missionnaires évangéliser les sauvages des environs. Des religieuses du même Ordre sont établies à Ubéraba et à Goyaz, où elles ont ouvert des pensionnats florissants. Dès leur arrivée au Brésil, les enfants de Saint-Dominique ont su conquérir les sympathies des populations. Espérons aue les résultats de leur apostolat répondront aux promesses du début.
Quant aux RR. PP. Jésuites, avec ou sans les sympathies du gouvernement brésilien, ils ont repris coure ‘eusement leurs œuvres, tant de fois interrompue. par la méchanceté des hommes Is sont actuellement 157 religieux de la Compagnie de Jésus : 97 dans le Brésil septentrional et 60 dans les provinces méridionales (catalogue
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dans la ville de Pernambouc, un de ces magnifiques établissements d'éducation qui attirent les enfants des meilleures familles, même de celles qui font profession de haïr les Jésuites, Les libéraux du Brésil n'ont pu supporter une pareille insulte à la civilisation, Avec la complicité des autorités locales, ils se sont rués sur le collège, ct ont jeté à la rue les meubles, les livres, les papiers des Révérends Pères, et les ont forcés ainsi à fermer leur maison. Ce sont là, comme on sait, les exploits ordinaires de nos grands prôreurs de liberté, Malgré cela, au Brésil comme partout, les Jésuites font le plus grand bien, et leurs ennemis savent à merveille qu'aucune iniquité ne découragera leur patience,
En dehors de ces cinq Instituts religieux, les Franciscains, les Capucins, les Dominicains, les Lazaristes et les Jésuites, on trouve encore au Brésil quelques missionnaires isolés, qui travaillent directement sous l'autorité de Nos Seigneurs les év'ques, Un de ces missionnaires, l'abbé Guidez, de retour en France, après plusieurs années d’apostolat, a publié dans un journal catholique (Le Monde, n° du 30 juillet 1864) ses
impressions sur la situation religieuse du Brésil. |
N'oublions pas que cette situation s’est beaucoup améliorée depuis, comme je l'ai dit.
{J! y a cent ans, la religion était florissante » déns toute l'Amérique méridionale, depuis le » fleuve des Amazones jusqu'au Rio de la Plata. » Dans les villes du littoral, les églises, couvents ) et autres établissements religieux étaient aussi » riches, aussi nombreux, aussi fréquentés qu'en » aucun lieu du monde, A l'intérieur, surtout » dans les grandes provinces de Bahia et de » Pernambouc, la foi avait jeté de si profondes ) racines que, même après un siècle d'abandon, » quelques peuplades sont mieux instruites » encore €t plus morales que certaines contrées » de l’Europe. Mais les fureurs du philosophisme » et du jansénisme vinrent se ruer sur les mis- » sionnaires qui avaient créé cette œuvre et » seuls étaient capables de la maintenir. L'ex- » pulsion des Jésuites de toutes les possessions » espagnoles et portugaises fut peut-être le crime » le plus affreux que le monde ait vu depuis la » mort du CHRIST. Les conséquences en ont été » terribles ; ce n’est jamais impunément que les > hommes détruisent une des plus belles œuvres » de DIEU.
» Aujourd’hui au Brésil, dans toutes les villes > du littoral, règne une profonde ignorance reli- > gieuse, et par suite une immoralité déplorable. » Le clergé, sauf quelques exceptions trop rares, » est notoirement scandaleux. Il en est de même » des Ordres religieux qui subsistent encore » dans les villes. Bien des fois les Souverain, » Pontifes, les nonces, les évêques ont tenté de > remédier au mal; mais leur action a été entravée > par les habitudes tyranniques que le joséphisme » et le pombalisme inspirent encore au gouver- > nement.
LES MISSIONS INDIENNES DE L'AMÉRIQUE DU SUD, 18001890, 253 oo
» Quel serait l'unique remède à tnt de maux ? » Un seul, la liberté de l'Eglise. Quelques évé- » ques luttent de toutes leurs forces pour l’obte- » nir, maisen vain, Le gouvernement actuel est » aveugle ; il croit que le commerce et quelques » tronçons de chemins de fer font la prospérité » du royaume ; mais tout homme éclairé voit que » cet empire si jeune tombe déjà en décadence : » tout y croule, malgré les fausses apparences de » prospérité matérielle,
» Si, dans les villes, il y a peu de religion » pratique, surtout parmi les hautes classes, dans » l’intérieur la foi est encore vive, et les popu- » lations ne demanderaient pas mieux que d'avoir » des missionnaires. Quand un d’entre eux tra- » verse le pays, il est bien accueilli et obtient de » consolants résultats, Malheureusement les » hommes font défaut ; aussi les missions indien- » nes sont entièrement abandonnées, ou laissées
DON P£EDRO.
» au zèle de quelque prêtre européen isolé et sans » secours (1). »
Cette appréciation, peut-être un peu pessimiste, mais profondément loyale d’un ancien missionnaire au Brésil,nous dépeint la situation religieuse telle qu’elle était il y a trente ans. Il est facile de voir, par ce que j'ai dit plus haut, qu'elle s’est grandement améliorée depuis. Les évêques ont repris courage pour travailler à la réforme du clergé ; au contact des religieux venus d'Europe, les anciens Ordres ont secoué leur torpeur, et sont redescendus dans le champ clos de l'apostolat ; les missions indiennes, demeurées si longtemps à l'abandon, ont éte reprises et comptent aujourd'hui une centaine d’apôtres, qui forment à la vie chrétienne 60.000 néophytes, sans parler des 800.000 Indiens convertis depuis trois siècles et demeurés fidèles, en dépit de l'abandon dans lequel on les a si longtemps laissés: ce sont là
à 1. Extrait d’une lettre sur l'état actuel de VAméioue méridio.
À je M. l'abbé Guidez, missionnaire apostolique (juillet 1864,
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des symptômes de renaissance, qui font bien augurer de l'avenir de l'Eglise du Brésil.
Quant à la société laïque, il semble bien que se” dispositions ne se sont guère améliorées, C’est toujours la même religion, tout extérieure, la même ignorance, le même engouement pour les idées modernes. À cette société, engourdie dans la moilesse et le bien-être matériel, il fallait un coup de foudre pour la réveiller de son apathie. C'est fait, et les prévisions les plus pessimistes sont devenues de l’histoire,
Le 15 novembre 1889, une révolution fomentée par les Sociétés secrètes a renversé Don Pedro du trône, et, deux jours après, l’empereur s’embarquait pour l’Europe, où il venait mourir en exil.
Certes, si jamais monarque réalisa l'idéal d’un souverain constitutionnel € qui règne et ne gouverne pas }, c'était bien l'empereur du Brésil ; catholique pratiquant, en son particulier, il avait toujours, comme souverain, sacrifié la foi aux exigences de la libre-pensée. Prince doux, poli, libéral, très zélé pour les sciences et le progrès moderne, il allait au-devant de tous les désirs de la démocratie, affranchissait les esclaves, favorisait les juifs, et faisait toutes les avances possibles à la franc-maçonnerie, Dernièrement encore, il avait empêché de publier dans l'empire l’encyclique de Léon XIII contre les Sociétés secrètes. en refusant son D/acet impérial à la bulle du Pape. Que pouvait-on lui demander de plus ?
Sous son règne, la franc-maçonnerie était devenue une véritable puissance, qui comptait, au moment de la révolution, frois œnt quatre-vingt-dix loges et des milliers d’adhérents, On les rencontrait partout : dans les Ministères, dans les Chambres, dans la Magistrature, dans l'Enseignement, à l'Armée, à la Cour et jusqu'auprès du prince. Comment les Soci'tés secrètes n’ont-elles pas eu la patience d'attendre la mort du prince ? Mais que peut-on espérer des ennemis de DIEU et de la société ? Le vieil empereur du Brési! a fait la dure expérience de leur ingratitude, et quelque imméritée qu'ait été sa chute, on est bien forcé de reconnaître qu'après tout il a recueilli ce qu'il avait semé |!
Une nouvelle république des Etat- Unis du Brésil s’est empressée de montrer ce que l'Eglise catholique peut attendre d'elle, sn proclamant la séparation de l'Eglise et de l'Etat. C'est la persécution à bref délai, car, chez les races latines, c'est toujours là que vient aboutir, et très vite, le fameux principe de la séparation. Eh bien, soit ! persécutez, si le cœur vous en dit ; ce sera, je l'espère, le salut de l'Eglise du Brésil, La persécution la forcera à sortir de sa léthargie : elle nous débarrassera des hommes de scandale : elle brisera nécessairement avec les traditions surannées de Pomnbal et de Joseph II : elle ouvrira les yeux aux laïques chrétiens, et, grâce à Dieu, il y en a enccre au Brésil : elle les décidera
à prendre parti, à choisir entre JÉSUS et Bélial,
Le résultat mérite bien d’être acheté au prix de quelques souffrances. Purifiée au feu de la persécution, l'Eglise du Brésil, délivrée des liens qui la garrottaient à l'Etat, reprendra sa dignité et recommencera le’ cours ininterrompu de ses victoires sur le paganisme et l'incrédulité.
Ro VI — PEROU ET BOLIVIE. pr
E Pérou et la Bolivie, qui mesurent ensein- LL ble trois millions quatre cent mille kilomëtres carrés, près de sept fois la superficie de la France, formaient, avant l’arrivée des Espagnols (1525), le vaste empire des Incas, dont les gigantesques rrines couvrent encore, à l'heure actuelle, d'immenses territoires devenus déserts. Sous les coups de Pizarre, assisté de trois cents soldats, l'empire des Incas s’écroula en quelques mois, et fut remplacé par la vice-royauté espagnole du Pérou, fondée, il faut bien l'avouer, au prix de sanglantes cruautés. L'Eglise s’interposa, autant qu'elle le put, entre les bourreaux et les Victimes: elle prêcha aux uns la modération dans l'usage de la victoire, aux autres e!'2 fit entrevoir les compensations de l’avenir, en ‘eur enseignant les mystères de la foi chrétienne.
Ce ne fut pas œuvre facile. Les temps héroïques des premiers découvreurs de monde étaient passés. Exaspérés par les cruautés et les exactions des nombreux aventuriers accourus d'Espagne pour s’abattre sur leur pays, les Indiens du Pérou firent longtemps résistance à l’action de l'apostolat. Volontiers ils auraient dit aux premiers prédicateurs de l'Evangile, comme ce vieux cacique dont parle l’histoire : € S'il y a des » Espagnols dans ce beau Ciel que vous nous » prêchez, nous ne tenons pas à y aller, car ile » sont trop méchants. » Plus de cf religieux Franciscains, Dominicains, Jésuites, furent mis à mort, au début, par le: Indiens, qui les enveloppaient dans la haine qu'ils portaient aux conquérants espagnols. Mais, là comme partout, le sang des martyrs produisit des fruits de vie, et, au bout d’un siècle, tous les Indiens du Pérou étaient conquis à la foi chrétienne. Alors commença pour ce pays, une ère de ferveur et de p ospérité religieuse, La sainteté, cet épanouissement complet du christianisme, se développa sur ce sol encore vierge. Qu'il me suffise de rappeler ici trois noms restés populaires dans toute la contrée : saint François Solano, l’apôtre des Indiens, saint Turibe, archevêque de Lima, et cette fleur exquise du Nouveau-Monde, que Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, dans les joies de l'extase, appelait la rose de son cœur, sainte Rose de Lima, du Tiers-Ordre de Saint-Dominique (1).
1, € — Æosa de mi corazon, to te quero por mi spoza (Rose de mon cœur, je te demande pour mon énouse) -
» — Je suis votre esclave, à Roi d’éternelle majesté ; je suis, et je serai toujours à vous, » répondit la ssinte,
moit
Un Lima, gneur
cheté au prix au feu de la vrée des liens ra sa dignité ompu de ses dulité.