‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 31 sur 404 · DANI£L O’CONNELL · texte numérisé non relu

DANI£L O’CONNELL

Mais il arriva ce qu'on n'avait pas prévu d’abord. En fouillant les profondeurs de l’antiquité chrétienne, on ne tarda pas à rencontrer le tuf catholique sous les décombres et les scories entassées par l’hérésie. À partir de la fin de 1833, les hommes éminents qui s'étaient mis à la tête du mouvement publièrent le résuitat de leurs doctes recherches, sous la forme de tracts, où traités pour le temps présent,

On y discutait toutes les questions controversées alors : le jeûne, la confession auriculaire, la prière pour les morts, le culte des saints, le sacrifice de la messe, le célibat ecclésiastique, l'autorité de l’Église ; et sur chacun de ces points,

| fidèles à la méthode qu'ils s'étaient imposée, les

rédacteurs allaient chercher leurs preuves, non dan; le raisonnement particulier, selon le système

36 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXm“ SIÈCLE,

ordinaire des protestants, mais dans l'antiquité chrétienne et dans la tradition consciencieusement interrogées,

Or, à la stupéfaction des lecteurs qui s'arrachaient ces traités, à la surprise même des savants professeu :s qui avaient entrepris ces recherches, sur toutes les questions controversées entre catholiques et protestants, il se trouva que la tradition et les saints Pères parlaient identiquement coinme l'Eglise romaine,

On comprend l'effet d'une pareille révélation sur les esprits intelligents et sur les cœurs droits. Eh quoi! cette vieille Eglise de Rome, qu'on accusait d'idolâtrie, elle avait pour elle le témoignage de l'antiquité! Sur tous les points en litige, les Pères apostoliques, les Irénée, les Chrysostome, les Basile, les Grégoire, les Augustin, étaient aussi papistes que le dernier vicaire de Londres! Onavait remonté jusqu'à la source pour découvrir la vraie doctrine et la pure moraleduCHRIST, et l’on se trouvait inopinément en présence du grand fleuve catholique.

On aurait peine aujourd'hui à se représenter l’intérêt passionné qui, pendant plusieurs années, s’attacha à ces controverses, surtout parmi les ministres et les membres les plus sérieux de l'Église anglicane. Les résultats ne se firent pas attendre. L'Église établie était convaincue d’avoir altéré profondément les dogmes du christianisme. Parmi ses pasteurs, ceux que des préjugés sectaires tenaient obstinément éloignés du catholicisme, se laissèrent glisser peu à peu sur la pente désolée du rationalisme, et s'abandonnèrent à un scepticisme découragé; mais tout ce que l'Eglise anglicane renfermait alors de plus pieux et de plus distingué, les Spencer, les Newman, les Faber, les Palmer, les Manning, les Marshall, les Ward, les Capes, les Talbot, les Wilberfore, pour ne nommer que les plus connus, abandonnèrent leurs riches bénéfices, et, foulant généreu

sement aux pieds toutes les considérations |

d'amitié, d'avenir, de famille, se convertirent au

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