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318 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe SIÈCLE.
John Kirk, bien que protestant convaincu, confia à la mission catholique, au grand dépit des clergymen, la majeure partie des femmes et des enfants délivrés par les croiseurs anglais qui faisaient alors la chasse aux négriers dans les eaux de Zanzibar, Sa conduite fut hautement approuvée par sir Bartle Frère, membre du Conseil privé de la reine, envoyé en 1872 à Zanzibar pour forcer le sultan à mettre fin à la traite. Cet homme d'Etat visita les deux établissements de Zanzibar et de Bagamoyo, et donna 5.000 fr. au P. Horner, en témoignage non équivoque de sa satisfaction. Rendant compte au Forcign-Office de sa mission, il s'exprime en ces termes, au suiet de l’orphelinat catholique :
« En ce moment il n'y a aucun établissement mieux conditionné que Bagamoyo pour recevoir et bien élever les noirs. Il m'est impossible de suggérer aucun changement dans la disposition de cette œuvre, en vue d'augmenter son utilité comme institution industrielle et civilisatrice ; sous ce rapport, je la recommande comme un modèle à suivre dans tout essai de civilisation ou d'évangélisation de l'Afrique (1). » Là-dessus, M. Hill, secrétaire du Foreign-Office, proposa à son gouvernement de subventionner cet utile établissement.
« On objectera peut-être, dit-il, que par cette mesure on encourage une mission catholique romaine ; mais aussi longtemps que nos Sociétés de missions ne suivront pas l'exemple des missionnaires catholiques, elles n'élèveront pas leurs éièves de manière à en faire des citoyens utiles et de fervents chrétiens, Il ne nous reste donc rien de mieux à faire que de subventionner l'établissement catholique (2). »
Quant aux charges matérielles qu cette mesure est de nature à imposer au gouvernement britannique, l’homme d'Etat ajoute, avec une grande noblesse de sentiments :
« La Grande-Bretagne, en se donnant la tâche de libérer les esclaves, se trouve engagée à prendre des mesures pour qu'ils n'aient pas à souffrir .e ses actes. }»
Voilà de nobles paroles qui honorent un peuple. Si plus d’une fois, au cours de ce travail, j'ai dû blamer sévèrement l’égoïsme féroce de l’'Anglo- Saxon, je suis heu.eux de pouvoir ici rendre hommage à cette nation, à qui il ne manque que d'être catholique pour être, à l'heure actuelle, la première des nations chrétiennes.
Grâce aux enfants confiés à l’orphelinat de Bagamoyo par le représentant de l'Angleterre, il fallut songer bientôt à faire de nouvelles fondations à l’intérieur ce qui, on se le rappelle, était le premier dessein des Pères du Saint-Esprit pour l'évangélisation du pays. Dès 1870, les missionnaires firent une tournée d'exploration dans l'Oukami, où ils trouvèrent une population disposée à les accueillir, eux et leurs enfants. Les mal-