‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 311 sur 404 · Lavre Bleu de 1872, apports et Documents · texte numérisé non relu

Lavre Bleu de 1872, apports et Documents

2, Livre Bleu de 1872, Æapports et Documents.

heurs de la France et la diminution des recettes de la Propagation de la Foi, qui en fut la suite, ne permirent pas pour lors de réaliser ce projet ; ma», à partir de 1877, les Pères se lancent résolument dans l'intérieur et fondent successivement les. stations de M'honda (1877), de Mandéra

1878), de M'rogoro (1884), de Tounoungo di 885), de Kondoa (1886), de Longa (1887), de

ima (1888),

Je ne m'arréterai pas à faire l'histoire de chacune de ces stations, Les lecteurs la trouveront aux Missions catholiques. Cette histoire, qui est celle de toutes les œuvres de DIEU, peut d'’ailleurs se résumer en deux lignes : Au début, la pauvreté et l'épreuve ; ici, des difficultés avec les roitelets indigènes ; ailleurs, l'ouragan qui renverse toutes les cases, l'incendie, la mort des mission naires, les menaces des trafiquants arabes ; puis le travail persévérant des Pères et de leurs enfants, travail qui attire la bénédiction de DIEU, procure le pain de chaque jour, et assure le succès final.

Le R, P. Le Roy, dans une page charmante, esquisse la physionomie de chacune de ces oasis chrétiennes plantées par la Providence au milieu du grand désert du paganisme :

« Quand l’âge est venu où ces enfants doivent devenir chefs de familles, deux ou trois missionnaires partent à la tête de quinze ou vingt de ces conscrits, Ils vont dans l'intérieur, vers une tribu amie, vers un chef connu. Là, sur un site élevé et près d’un cours d’eau, dans un canton fertile, salubre et peuplé, ils se font céder des terres incultes, dont ils défrichent un coin à la hâte et sur lesquelles ils élèvent des cases proviscires. La première besogne faite, avec quelle ardeur, on le devine, les hommes reviennent chercher leurs fiancées, et le couple jeune et joyeux va prendre possession de sc nid. Voilà donc, tout de suite, quinze ou vingt ménages chrétiens. Ils ne possèdent rien, mais ils sont déjà plus riches que tous les païens qui les entourent, car le christianisme leur a donné ce que les autres n'ont pas : une intelligence que la foi éclaire et des bras qui sauront travailler. D'ailleurs le missionnaire est

toujours là, qui dirige et qui surveille, qui instruit, qui récompense souvent, qui punit quelquefois. Peu à peu, autour de la case restaurée et dans les champs défrichés, on voit s'élever le sorgho, le maïs, le riz, la canne à sucre, pendant que le colombier se peuple, que les poules se multiplient et que les chèvres vont par bandes promener leurs caprices à travers les herbes plantureuses.

y Ce n'est pas tout, car des relations se sont vite créées aux alentours, la confiance s'est établie, et bientôt peut-être les païens, attirés par l'exemple, par l'intérêt, par la perspective d'une vie plus avantageuse et plus belle, par la grâce de DIEU surtout qui se sert de tous les moyens, les païens viendront se grouper autour de l’homme blanc et formeront une florissante colonie chréticnne. Voilà notre plan: À DIEU, aux missionnaires et à leurs bienfaiteurs de le réaliser. »

prote littora fonde de Lo d'adm de la patior

Que

sur ce l’'Afriq la sub:

fluence dévelo que le:

sent de sionna

ettes suite, ojet ; résoment idéra ungo 7), de

chaeront 1i est d'ailut, la ec les verse ssion- >uis le fants, ocure final.

nante, oasis milieu

oivent

ssion-

de ces

» tribu

levé et

+ salu-

cultes,

ur lesa preon le leurs rendre > suite, possè- 1e tous anisme s: une as qui ire est nstruit, quefois.

lans les cho, le que le tiplient 2r leurs

ont vite blie, et remple, ie plus e DIEU ; païens blanc et éticnne.

aires et

cr eorenetonnmetetangpometeenennnéno

Ce plan a été réalisé : DIEU a donné sa grâce, les missionnaires ont prodigué leurs sueurs, et les bienfaiteurs d'Europe ont largement ouvert ui, bien Jjue le nombre des chrétiens soit encore minime, l'évangélisation du pays est en bonne voie, car l'influence des missionnaires est solidement établie dans toute la contrée, dont ils sont regardés, à bon droit, comme les bienfaiteurs. Même au milieu des tribus anthropophages, ils sont respectés de tous, et leur intervention pacifique a déjà réussi à

leurs bourses, Aujourd'

diminuer notablement l'habitude

de l'infanticide, pendant que leur

seule présence tient À distance les trafiquants de chair humaine et fait reculer les horreurs de la traite, Chaque station chrétienne est donc un phare qui illumine au loin les ténèbres du paganisme et appelle à lui les hommes de bonne volonté, Mais de si beaux résultats ont coûté cher : de 1862 à 1890, guavante-neuf mission.

naires ou religieuses, le tiers de l'effectif total, ont succombé prématurément aux fatigues du travail apostolique et aux ardeurs dévorantes du climat d'Afrique, Ce n'est pas moi qui les plain-

drai ; ils ont choisi la meilleure

part ; leur mort hâtée a été pré-

cieuse devant DIEU et glorieuse

devant les hommes, car elle a

fait germer la vie chrétienne dans

ce coin longtemps ignoré de

l'Afrique orientale,

Les événements politiques de ces dernières années ont compromis pour quelque temps la prospérité des inissions du Zanguèbar, Au lendemain de la Conférence de Berlin, l’Angleterre et l'Allemagne se sont partagé l'intérieur du pays jusqu'aux grands Lacs, ne laissant au sultan que l'île de Zanzibar, sous le protectorat britannique, et le littoral maritime sur ure profondeur de dix milles; encore les gouvernements de Londres et de Berlin se sont réservé le droit d'administrer, pendant cinquante ans, les douanes de la côte, ce qui équivaut à peu près à l’occupation pure et simple du pays.

Quel que soit, comme Français, notre sentiment sur cette annexion de la côte orientale de l'Afrique par nos rivaux, il faut reconnaître que la substitution de l'influence chrétienne à l'influence musulmane ne peut qu'être favorable au développement de la vraie civilisation, d'autant

que les autorités anglaises et allemandes rivalisent de bienveillance et d'écarde

égards envers nos mis-

sionnaires ; mais on comprend que les Arabes,

__—— nn née

ui semblent

eur de leur caractère et la dureté habituelle de leurs procédés ; plusieurs postes allemands, isolés dans l'intérieur, furent surpris et massacrés ; le fameux Bushiri, cheï arabe de la révolte, prit Bagamoyo, dont il pilla les comptoirs ; la mission naissante des Bénédictins bavarois, dans

ZANGUÉBAR. — KINGAROU, LE GRAND RoI DE L'OUKAMI.

D’après un dessin du R, P, Le Roy.

le Zanguebar méridional, fut totalement anéantie,

Pendant ce temps, l’escadre allemande bloquait les côtes du Zanguebar, et rendait à peu près impossibles les communications avec le continent. Il y eut pour les Pères du Saint-Esprit bien des heures d'angoisse à passer : l'incertitude du lendemain, des centaines de réfugiés à loger et à nourrir, l'inquiétude sur les postes de l’intérieur, encore plus exposés que Bagamoyo. Néanmoins universellement connus et respectés, même des Arabes, les missionnaires catholiques furent épar-

| gnés ; ils Purent même, avec des sauf-conduits de

Bushiri, pénétrer à l'intérieur et ravitailler leurs postes. Malgré tout, il se produisit un moment

gênés dans leur honnête trafic de chair humaine, apprécient autrement les choses. I | y eut donc, en 1888 et 1889, un soulèvement contre les nouveaux maitres du pays, surtout contre les Allemands,

avoir un peu trop accentué la rai-

320 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe SIÈCLE.

LS

d'arrêt dans le développement des œuvres de la mission. Si la révolte avait pu l'emporter, c'était, à bref délai, l'anéantissement de la mission catholique, Comme l'écrivait en 1889 le vicaire apostolique, Mgr de Courmont : € La pensée de Bus-

hiri et ses desseins sont, à coup sûr, ce que pen- |

sent et veulent tous les Arabes et tous les chefs indigènes de la côte, ce que penseront et voudront demain toutes les tribus sauvages de l’intérieur. Ils disent carrément et sans forfanterie que pour eux la tâche présente est d’expulser les Allemands des deux points que ceux-ci tiennent encore sur a côte ; que, cette première entreprise accomplie, ils feront la guerre à tous les blancs et les mas-

sacreront sans merci, de cette côte à celle du |

Congo. »

Grâce à Dieu, la civilisation chrétienne l’a emporté sur la barbarie musulmane, et l'avenir de la mission paraît de nouveau assuré. En ce moment, l’action des Pères du Saint-Esprit semble se porter spécialement sur la partie nord de leur mission, qui est sous le protectorat des Anglais. Après un voyage d'exploration tout le long de la côte, de Lamo à Mombaze et à Mélinde, ils viennent d'ouvrir une nouvelle station à Mombaze qui paraît appelée à devenir, dans le nord de la mission, ce que Bagamoyo est au sud : une ruchemère, d’où essaimeront bientôt de nombreuses communautés chrétiennes, qui iront peupler les monts Kénia, jusqu’à ce qu'elles rejoignent les stations déjà établies sur les rives du Victoria- Nyanza. Dès ce jour, on peut dire que cet immense territoire, encore inexploré il y a trente ans, est ouvert à la civilisation et au christianisme.

Reste une portion demeurée encore en friche, tout au nord de la mission, la Côte des Somalis, qui s'étend de la ville arabe de Mélinde au cap Guardafui, sur une longueur de trois cents lieues. Rien à faire jusqu'ici au milieu de ces hordes musulmanes, dont l’orgueil farouche vient encore d'être surexcité par les récentes victoires du Mahdi au Soudan.

L'Italie, protégée de l'Allemagne, a des vues sur ce pays. Si cette occupation se réalise, les missionnaires ne tarderont pas sans doute à s'y établir. Le comte Téléki, qui vient d'explorer la contrée, dit qu'il a rencontré, au 5° degré de latitude australe, une tribu chrétienne qui semble avoir eu des rapports avec l’Abyssinie. Peutêtre pourrait-on trouver là une nouvelle base d'opérations pour pénétrer au sud de l'Ethiopie, dans la difficile mission des Gallas, dont les Capucins font le siège depuis un demi-siècle.

Voici quelle était, au 1° janvier 1890, la situation religieuse du vicariat apostolique du Zanguebar septentrional. Le vicariat s'étend du cap Guardafui, au nord, au 7° degré de latitude australe, qui marque la limite où commence la préfecture du Zanguebar méridional; et de l'Océan indien aux vicariats apostoliques du Nyanza et

de l’'Ounyaniembé, à l’ouest. Le pays, très peuplé, a plusieurs millions d'habitants, sur lesquels on compte 2.590 catholiques, 300.000 musulinans ; le reste est fétichiste,

Personnel : 1 vicaire apostolique, 22 missionnaires prétres, 19 Frères coadjuteurs de la Congrégation du Saint- Esprit, 2 maisons de Filles de Marie : Bagamoyo et Zanzibar, 19 Sœurs.

Œuvres : 9 stations : Zanzibar, Bagamoyo, M'honda, Mandéra, M'rogoro, Tounoungo, Kondoa,Longa et Mombaze ; 10 chapelles.

12 écoles, 423 garçons, 236 filles.

1 petit séminaire : 25 élèves ; 2 noviciats de Sœurs indigènes, 1 grand établissement agricole, 7 orphelinats, 5 ateliers, 8 villages chrétiens.

2'ouvroirs, 2 crèches, 3 hôpitaux.

Page 1