‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 33 sur 404 · PROGRÈS DU CATHOLICISME EN ANGLETERRE ET EN ÉCOSSE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DU CATHOLICISME EN ANGLETERRE ET EN ÉCOSSE

1-1846) C'est de ce compromis et de cet effort malheuent pu- reux pour devenir catholiques, tout en restant renon- protestants, qu'est né le ritualisme, Un certain lans la 5 nombre de membres de l'Eglise établie, ayant reconnu que les rites de l’Église romaine sont ralenti, l évidemment d'origine apostolique, crurent qu'il | urd'hui suffisait de reprendre les formes extérieures du ui l'ont riverait

catholicisme pour avoir le droit de se dire catholiques, tout en évitant de rompre avec l'Eglise anglicane, On vit donc, à la grande indignation des vieux protestants, reparaître dans certaines églises les vêtements liturgiques, les- cierzes, l'encens, l'autel, le tabernacle et jusqu'au confessionnal, Naturellement, les protestations éclaté-

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aya de parvenir, de ramener leur clergé à l'observation selon la parole du Maitre, toute branche qui

nglica- pure et simple du rituel d'Elisabeth, Anathéma- n'est pas intimement unie au cep mystique

ou près 4 tisés par leurs supérieurs ecclésiastiques, aban- | demeure stérile, continuérent sans mission, sans

m, qui donnés d'une partie de leur troupeau, repoussés | ordination légitime, à jouer à la petite chapelle,

maine E. par | Eglise catholique, les Htualistesse trouvèrent A l'époque du Concile du Vatican, un grand

lee Re bientôt dans une situa on fort difficile. Plusieurs | nompre de ces dermers écrivirent au Souverain se décidèrent à faire le dernier pas vers Rome ; | Pontife, demandant leur admission dans l'auguste

Assemblée, comme membres et pasteurs légitimes de l'Eglise catholique anglicane. Le cardinal Patrizzi leur répondit, au nom de Pie IX, en les exhortant à faire le dernier pas, et à entrer franchement dans l'Eglise catholique, en dehors de laquelle il ne peut y avoir que de misérables contrefaçons de l’unique Société établie par JÉSUS-CHRIST.

J'eus l'honneur, à cette époaue, de voir le docteur Pusey. 11 vint, en 1869, passer quelques jours à l'évêché d'Orléans, où il fut accueilli par la plus respectueuse sympathie. Quelques jours après son départ, un membre du clergé orléanais demandait à Mgr Dupanloup ce qu'il pensait de ce personnage, Le prélat, mettant le doigt sur son front, se contenta de répondre d’un air de commisération profonde : énfricatus, implicatus !

Il semble bien que ce sera le jugement définitif de l’histoire sur cet homme extraordinaire, Doué incontestablement d’une intelligence supérieure au service d’un noble cœur, il manquait pourtant de netteté dans les idées ; une certaine étroitesse de vues, un certain ewbrouillement d'esprit, pour parler comme l'évêque d'Orléans, l'empêchèrent toujours de voir les conséquences logiques des prémisses qu'il avait posées lui-même et firent avorter de magnifiques espérances. Cet homme, qui avait fait entrer dans l'Eglise catholique des milliers de convertis, mourut protestant, comme il avait vécu. Aussi Pie IX le comparait finement à une cloche qui, placée sur le seuil du temple, appelle les fidèles à l'église, mais n’y entre pas. ‘spérons qu’au dernier jour, tant d'âmes qu'il a contribué à mettre dans la bonne voie auront plaidé victorieusement sa cause au tribunal de l'éternelle miséricorde, et qu'après s'être dit et cru faussement catholique pendant toute sa vie,

il aura reconnu, aux pieds du Souverain Juge, |

qu'il appartenait réellement par sa bonne foi, qui paraît indéniable, à l'âme de cette Eglise unique qu'il a cherchée si longtemps, et dont d’invincibles préjugés l'ont tenu jusqu’à la fin extérieurement séparé.

Ce grand ébranlement dans l'Eglise anglicane devait amener, à la suite des pasteurs, de nombreuses conversions parmi les simples fidèles. C'est ce qui eut lieu en effet. Depuis le début du mouvement puséyste, chaque année vit, surtout dans l'aristocratie, de nombreux retours réjouir le cœur de la vraie Eglise, Il serait trop long de donner ici la liste de ces milliers de convertis. Pour faire connaître le résultat général, il suffira de dire qu’il y a aujourd'hui bien peu de familles de la Gentry qui n'aient quelques-uns au moins de leurs membres catholiques.

En 1880, l'aristocratie anglaise comptait dans ses rangs : 38 pairs catholiques, 24 lords, 6 membres du conseil privé, le vice-roi de: Indes, les gouverneurs de Hong-Kong, de Singapour et de Maurice, 22 baronnets, 55 membres de la Chambre des Communes, sans parler d'un grand nombre d'officiers

38 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXm SIÈCLE.

publicistes, d'hommes éminents dans toutes les positions,

L'action de l'apostolat catholique ne se restreint pas à l'aristocratie ; mais il faut reconnaitre que jusqu'ici elle a eu moins d'influence sur le reste de la nation. La grande majorité, (12.500.000), demeure par routine attachée à l'Église officielle ; une autre fraction importante, (près de 16.000.000,) se partage entre les sectes dissidentes, qui, d’après le Witaker's almanak de 1882, s'élèvent à 174 dans la Grande-Bretagne. La plus importante de ces sociétés séparées est celle des Presbytériens, qui sont 80.000 en Angleterre et 1.650.000 en cosse, où ils forment PÉglise établie.

Pour résumer les progrès numériques du catho: licisme en Angleterre, voici, de vingt ans en vingt ans, les chiffres de la population catholique. Ils sont empruntés aux documents officiels.

En 1800 : Angleterre. . 90 000 catholiques:

cosse, . , 30.000 »

Tota!. 120.000 »

En 1820 : Angleterre. . 450.000 »

cosse. . . 50.000 »

Total. 500.000 »

En 1840 : Angleterre. . 800.000 >»

Écosse. . . 100.000 > Total. 900,000 »

En 1860 ; Angleterre. 1.100.000 »

cosse, , . 220.000 »

Total. 1.320.000 »

En 1880 : Angleterre. . 1.300 000 > cosse. . . 320.000 »

Total. 1.620.000 »

En 1890 : / ngleterre. 1.352.278 > Ecosse . 338.643 > Total, 1.690.921 »

En résumé, le catholicisme vient en ce moment le second en importance numérique, immédiatement après l’Église officielle. Grâce à sa forte hiérarchie et au mouvement continu des conversions, qui, année moyenne, s'élèvent à plus de 10.000, on peut espérer qu'à la fin du XIXe siècle, l'Église comptera environ 2.000.000 de fidèles.

Le progrès des œuvres a suivi tout naturellement l'accroissement numérique. On se rappelle qu'au commencement du siècle, l'Angleterre et l'Écosse réunies comptaient à peine 60 chapelles, absolument indignes de la majesté divine. A mesure que les fidèles se multipliaient, on a élevé de nouveaux temples. Avec le concours dévoué de l'aristocratie catholique, qui s'est montrée d'une générosité sans limites, le sol de la Grande. Bretagne s'est couvert d’une splendide floraison d'édifices religieux, qui ne le cèdent en rien à ceux du Moyen-Age ; exemple, la pro cathédrale de Westminster, qui a coûté à elle seule plusieurs millions. En 1880, il v avait, en Angleterre,

supérieurs, de magistrats, de | 1259 églises ou chapelles, et 305 en Écosse, Ce

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