PROGRÈS DU CATHOLICISME EN ANGLETERRE ET EN ÉCOSSE
nombre s'accroît rapidement chaque année. En 1890, il est de :
Angleterre, . 1.324 églises ou chapelles.
Ecosse. . . . 204 » »
Total. 1.628 } >
Et ces églises sont bien aux catholiques ; elles ont été élevées avec leurs sacrifices volontaires et leurs offrandes. L'Etat, qui n’a pas dépensé un centime pour leur constructio", serait mal venu à en réclamer la propriété et à en garder la clef, comme on dit que cela se fait dans certains pays
A côté de l’église, est l’école, presque aussi nécessaire pour la formation religieuse des nouvelles générations. En 1800, il n’y avait rien, on se le rappelle, hormis deux ou trois maisons d'éducation sur le continent, que la Révolution française supprima.
En 1840, l'Eglise comptait déjà dans la Grande-Bretagne neuf collèges exclusivement catholiques, les uns, sous la direction des vicaires apostoliques, les autres, confiés aux Bénédictins, HJominicains, Jésuites. :
En 1880, il y avait, en Angleterre 23 collèges catholiques et 4 en Écosse , total 27 établissements d'enseignement secondaire, sans parler de
600 écoles de paroisses, donnant l’enseignement |
primaire à 118.000 enfants.
Depuis, grâce à l'expulsion des Jésuites et à la fermeture de leurs collèges en France, ce nombre a encore augmenté, et c'est de l'Angleterre protestante que la France catholique reçoit aujourd’hui des leçons de libéralisme. Au 1e janvier 1890, on trouve :
séminaires. élèv. collèges. élèv, Anglet. IT 809 29 3000 ‘cosse, 3 BL 4 400
Total. 14 884
pensionn. élèv. éc. parsiiles éjèv, Anglet. 112 7.000 1.600 240.000 Écosse, 10 650 411 38.000 Total 122 7.650 2.011 278.000
La liberté d'enseignement est complète chez nos voisins, On ne connaît pas chez eux d’université d'Etat. Les écoles sont sous la surveillance des patrons qui les ont fondées, des congrégations paroissiales qui paient le maître, et des familles qui leur confient leurs enfants.
Le libéralisme anglais ne tolérerait pas l'ingérence de l’État venant se substituer au père de famille, avec la prétention, au moins étrange, de connaitre mieux que celui-ci ce qui convient à son enfant. Le rôle du gouvernement se borne, en Angleterre, à inspecter les écoles pour s’assurer que tout s’y passe dans l’ordre, et à subventionner, sans distinction de maîtres ou de cultes, les écoles qui réussissent le mieux : c'est de la liberté et de l'égalité vraies, et c’est précisément pour cela que ce système, si libéral et si respectueux des droits supérieurs de la famille, n'a aucune chance de s'acclimater chez nous,
En 1830, Georges Spencer, second fils de Lord Spencer, se convertit au catholicisme.
Quelques années plus tard, il entrait dans l'Ordre austère des Passionnistes, fondé au siècle dernier par le Bienheureux Paul de la Croix, dont l'attrait particulier fut, on le sait, de prier pour la conversion de l'Angleterre, con ersion qu'il prédit, avant de mourir, comme devant arriver un jour. Le P. Spencer consacra sa vie à établir une vaste association de prières pour obtenir le retour de l'Angleterre à la foi catholique. Cette association, qui se répandit bientôt en France, en Italie et dans toutes les contrées catholiques, a plus fait peut-être que tous les efforts extérieurs du zèle pour la conversion de l’ancienne île des Saints.