‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 347 sur 404 · Le gouvernement français avait eu grand tort d'accepter · texte numérisé non relu

Le gouvernement français avait eu grand tort d'accepter

| cette clause absurde qui, en déniant à ses nationaux le droit de

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propriété dans la grande ile africaine, devait amener RE 10 complications et aboutir à la guerre de 1883,

Sa conur maincation de sœur, et ois jours toujours fit bapti- France, ualité de hanger la r le trône

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LAFRIQUE INSULAIRE, 1800-1890, St mn ee no SO RL CAR

les catholiques furent traînés de force au service | la Cour. Le premier ministre est trop habile pour Protestant, et les enfants arrachés de nos écoles | ne pas voir sa qu'il y a à garder la reine Pour être inscrits, contre la volonté de leurs | comme chef de l'Eglise, Rien de ce qui touche à parents, à l'école protestante. Ranavalona IL | la religion n'échappe à sa Surveillance, ayant eu la faiblesse de recevoir le baptême des » L'Eglise de: Rome travaille silencieusement i j tous les tons que la | et cultive une plante supérieure À toute autre... e des catholiques, et | La cathédrale des catholiques romains est un à l'exemple de sa sou édifice qui ferait honneur à une ville d'Europe, » Les Pères sont Jésuites et généralement F ran-

Sais ; ils ont pour auxiliaires de nombreuses relile journal protestant gieuses, »

reine n'aimait pas la prièr que tout bon Hova devait,

Comparaison entre les prét les prêtres catholiques,

ient leur œuvre d’apos- | confortable et, tandi

négligé, la Capitale en fourmille. Règle générale, S plus consolants résul. | les missionnaires catholiques ne

dans leur patrie ; les missionnaires protestants, Pères jésuites appréciaient | au contraire, semblent ne songer à autre chose ! qu’à retourner chez eux, surtout les femmes, qui

qnes sont devenues plus | ne cachent pas leurs répugnances pour l’œuvre , dans les provinces sou. des missions, » \

Sur ce dernier point, le Révérend Ellis, bien , fort intelligent et que marié lui-même, se rencontre avec l'amiral ; » se sent | seulement sa conclusion est différente : € La attiré de jour en jour vers notre culte, qui n’a | seule consolation, écrit - il, qu'un missionnaire que les largesses | puisse goûter au milieu d’ pécuniaires de la Société biblique et des contes repose, en dehors de son aussi grossiers que ridicules. Les chefs hovas font semblant de croire à ces ab

Bref, en 1880, v de sa charge Pastorale (1), » la mission, le chiffre total des adhérents au ca- C'est sans doute pour faire diversion à ces tholicisme était de 80.905, dont 2 partout où il passa, le ct 57.415 catéchumènes. À Mad gues de la politique, Î Ces intrigues et les menges des méthodistes Pères jésuites ont pour faire triompher à Madagascar, contre les € pendant plusieurs | droits de la France, l'influence de l'Angleterre, années le baptême aux catéchumènes, finirent par lasser la patience du gouvernement

sionnaires paraissait français. On se rappelle qu'en 1840 les Sakalaves suspect de partialité, voici celui d’un homme que | de la côte occidentale, pour éviter d’être absorbés l'on ne peut récuser, sir William Gores Fanes, | par les Hovas, s'étaient mis sous le ns un rapport officiel | de la France, Vers 1880, les RR. Parrett, Shaw à Son gouvernement, il s'exprime ainsi (2) : et Pickersgill, dignes successeurs de M. Ellis,

€ Il y a cinq confesssions religieuses à Mada- | avaient essayé de soulever contre nous les Saka-

ne, l'Eglise catholique- | laves et les habitants des petites îles malgaches, romaine, les Indépendants ou Méthodistes, les i

Quakers et les Luthériens de Norwège,

ont été les premiers à | à la souveraine r, et quoiqu'’ils ne soient | décidé quatre d x avec leurs principes sur envoyer chercher à Tananarive le Pavillon de la l'administration de l'Eglise, ils sont en faveur à | reine et à acce

Averti de ces menées anti-françaises, le brave

1. Études religieuses et littéraires, tome 12, commandant Letimbre, chef de ja station navale,

2. Livre bieu de 188r, Rapport du contre-amirat sér William Gores Fanes,

1 Rév, William Ellis, Recherches sur la Polynésie,

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adressa au premier ministre d’énergiques réclamations ; celles ci n'ayant abouti à rien, il alla arracher de sa main les deux drapeaux hovas qui flottaient déjà sur le territoire protégé par la France. Les Hovas envoyèrent alors en France une ambassade, qui commença par aller chercher son mot d'ordre à Londres. Les négociations n'ayant pu aboutir, parce que les Hovas, soutenus par l'Angleterre, ne voulaient rien rabattre de leurs prétentions, le contre-amiral Pierre fut chargé d'ouvrir les hostilités. Il commença par bloquer la côte, s'emparer de Tamatave et mettre la main sur le Rév. Shaw, cause première de la

guerre. Cet acte énergique suscita aussitôt les protestations de l'Angleterre, qui, sentant le gouvernement français prêt à céder, le prit de très haut, à son habitude, Le ministère ayant jugé bon de désavouer son représentant et d'accorder une indemnité au Révérend, ainsi dérangé dans ses menées anti-françaises, l'amiral Pierre, atteint subitement d’une ophthalmie opportuniste, revint en France. À cinquante ans de distance, c'était le pendant de l'affaire Pritchard.

Les tergiversations de nos parlementaires et l'insuffisance numérique des troupes engagées contre Madagascar prolongèrent pendant près

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MADAGASCAR. — ÉGLIS£-CATHÉDRALE DE L'IMMACULÉE-CONCEPIION A TANANARIVE,. D’après une photographie.

de trois ans une iutte peu glorieuse, qui aboutit à un traité assez peu avantageux, signé le 17 décembre 1885. Ce traité reconnaît, une fois de plus, les droits de la France sur Madagascar, mais en réservant aux autorités hovas l’administration intérieure de l'ile. La France a le droit de se faire représenter à la capitale par un résident, assisté d'une garde de vingt cinq soldats. Après avoir attendu «#7 ans, l'Angleterre vient enfin de se décider à reconnaître les droits des Français sur Madagascar, en échange de l’abandon de ceux qu'ils possédaient, de concert avec elle, sur Zanzibar (1890). Tel quel, ce traité règle pour le moment nos relations avec les Hovas, Il vaudra tout juste ce que l'autorité morale du résident pourra obtenir,

Dès le commencement des hostilités, tous les Français et les missionnaires furent expulsés de Madagascar et forcés de se réfugier à la côte. En vain deux de ces derniers voulurent exciper, l’un de sa nationalité belge, l’autre de sa nationalité britannique : « Français et catholiques, répondirent les Hovas, c'est tout un, vous partirez tous. }

A la capitale, les choses se passèrent assez correctement, parce qu'on était sous les yeux de la reine, qui avait recommandé de garder les convenances internationales ; mais, dans j'intérieur, la haine protestante se donna libre carrière et des scènes odieuses se produisirent : on refusa aux exilés des porteurs, même payés par eux ; on les obligea de gagner Tamatave à étapes

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forcées ; on défendit aux villages de leur rien vendre, pas même un verre d’eau : € Vivez avec vos provisions où mourez, tel est l'ordre de la reine, » dirent les officiers ; on les accabla de mauvais traitements ; on leur vola en chemin le peu d'effets et d'argent qu'ils avaient pu emporter. Plusieurs missionnaires, les PP. Morisson, de Batz et le Frère Brutail, étaient malades au mo-

l’ordre de vous tuer, nous le ferions avec grand plaisir; mais nous avons l'ordre de vous faire marcher, et vous marcherez, »

À la fin, le P, de Batz et le Frère Brutail, épuisés par les fatigues inoutes et les tortures morales qu'ils avaient endurées dans leur long voyage d'Ambositra à la côte, expirèrent en chemin (27 et 28 juillet 1883).

ment du départ ; ils durent se traîner à pied

comme les autres,

€ — Vous n'avez pas de porteurs, dirent en riant les officiers malgaches ; si nous * avions

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