‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 374 sur 404 · Ch. Harsthouse, Za Nouvelle-Zélande · texte numérisé non relu

Ch. Harsthouse, Za Nouvelle-Zélande

et des merveilles de l'Europe civilisée, Aussi ils ne négligèrent rien pour faciliter le t'avail des prédicateurs. (€ Quand Pomaré embrassa le chrisÿ tianisme, raconte lord Waldegrave, toute l'île >» en fit autant pour lui obéir. Mais c'était une ÿ. conversion toute politique, ni intelligente, ni y» sincère (1).» Ilen fut de même à Tonga, quand le roi Georges se fit wesleyen ; aux îles Sandwich, quand Kaméhaméha embrassa le méthodisme.

Malheur à quiconque refusait de suivre le Zofu du roi ! Des mesures expéditives, l'exil ou la mort, ne tardaient pas à avoir raison de toutes les résistances.

Et quant aux tribus qui refusaient de les recevoir, ‘les Rév. ministres les livraient sans scrupule à l'ambition de leurs protégés, se faisant instructeurs militaires, fournissant aux leurs des fusils européens et des munitions; ils déchainèrent, au milieu de ces populations autrefois si heureuses et si paisibles, le fléau de la guerre civile, « C’est un fait remarquable, avoue le » R. John Williams, que le christianisme n'a pu > étre introduit dans aucune île importante » sans y déchainer la guerre (2). » — € La nou- » velle religion, dit de son côté Kotzebue, fut >» établie par la violence, et quiconque refusait » de l'embrasser était mis à mort. Grâce à leur y zèle pour se faire des prosélytes, les envoyés > protèstants changèrent en tigres féroces ce: > populations si douces (3). »

Le lecteur est prié de remarquer que j'apporte uniquement ici des témoignages protestants.

Il est certain que c'est avec le secours des ministres que Pomaré se rendit maître de l'archipel de la Société et le roi Georges de celui des Amis; ce sont eux qui ont fomenté et entretenu, jusqu'à ces dernières années, la guerre civile à Samoa, à Rotuma, dans les Loyalty. Sous le règne de Louis-Philippe, les agissements du R. Pritchard, tout à la fois ministre du saint Évangile et consul du gouvernement britannique, faillirent faire éclater la guerre entre la France et l'Angleterre, comme je le raconterai plus loin, On comprend qu'avec de pareils procédés d'évangélisation, le protestantisme, tant qu'il fut seul à parler, domina en maître dans toutes les îles de l'Océanie.

L'Église catholique, pendant les vingt-cinq premières années du siècle, ne pouvait lui disputer les âmes ; elle avait assez à faire en Europe à réorganiser ses cadres et à panser les blessures de la Révolution. Quand elle se présenta à son tour pour entrer en lice, la place était prise depuis un quart de siècle, et ce ne fut qu'au prix des plus dures épreuves qu’elle put obtenir droit de cité sur ces plages lointaines, dont l'hérésie, selon le mot d'Ozanam, comptait bien faire Q un fief théocratique et commercial » pour les nom-

1, Journal de la Société de Géographie.

2. Entreprises des missionnaires dans les Îles de la mer du Sud, ch. 12.

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