‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 375 sur 404 · Nouveau voyage aatour du monde, 3° vol., chap · texte numérisé non relu

Nouveau voyage aatour du monde, 3° vol., chap

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382 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXMme SIÈCLE.

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trouvèrent une population toute disposée à embrasser le christianisme, et ils avouent qu'avant même qu'ils eussent commencé leurs travaux, l'idolâtrie avait disparu de ces îles € comme par miracle, »

Il était difficile de trouver un terrain mieux préparé. Aussi, dès les premiers jours, le roi êt la reine avaient embrassé la nouvelle religion, et, désireux de contempler de près les merveilles de la civilisation, ils partirent pour Londres ; mai: la rigueur du climat brumeux de l'Angleterre fut fatale au jeune couple, qui mourut à Londres, vers la fin de 1824.

En l'absence du roi, et depuis sa mort jusqu'à | la majorité de Kaméhaméha III, se fut la reinemère qui exerça la régence (1823-1832).

Elle se laissa entièrement dominer par l'influence des méthodistes, en particulier du trop fameux Bingham, qui devint ainsi le véritable roi des îles Sandwich. Voici comment cet homme était apprécié par ses propres coreligionnaires :

€ Bingham, écrit Kotzebue (1), intervient » dans toutes les affaires du gouvernement ; le » commerce surtout attire son attention. Il y semble avoir entièrement oublié le but de son » séjour ici, trouvant sans doute les occupations » d’un administrateur plus à son goût que celles > d'un missionnaire. Les desseins particuliers de » Bingham ne peuvent être facilement pénétrés, » parce qu'il les recouvre du manteau de la reli- » gion, Peut-être se croit-il déjà le maître absolu » de ces îles, »

Ses collègues paraissent avoir marché sur ses traces : € Il y a décidément quelque chose de y» révoltant;écrit l'historien protestant Melville(2), » dans les opérations des missionnaires aux îles y Sandwich: autre chose est de lire les récits » pathétiques de leurs fatigues, les belles descrip- » tions de leurs conquêtes, des baptêmes qu'ils > ont donnés à l'ombre des palmiers ; autre chose » d'aller aux îles Sandwich, d'y voir des missiony» naires habitant des villas en pierres de corail, >» pittoresquement situées et délicieusement meu- » .blées, tandis que les malheureux indigènes » s'abandonnent autour d'eux à toutes sortes » d'immoralités. »

Et ce qu'il y a de vraiment révoltant, c'est que ces mêmes hommes, si indulgents pour euxmêmes, exigeaient de leurs néophytes des observances d’une sévérité exagérée : proscription des jeux les plus innocents ; le jour du sabbat, défense d'allumer du feu, même pour cuire les aliments ; cinq apparitions différentes au temple sont prescrites ce jour-là ; et comme sanction pénaie, les récalcitrants sont conduits au prêche à coups de rotin, ou frappés de lourdes amendes.

Il va sans dire que les Rév. ministres et les principaux chefs trouvaient bon de se dispenser de ces observances gênantes.

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