‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 384 sur 404 · III, — VICARIAT APOSTOLIQUE DES ILES MARQUISES · texte numérisé non relu

III, — VICARIAT APOSTOLIQUE DES ILES MARQUISES

L'archipel des îles Marquises s'étend du 1480 au 128° de Ilengitude ouest, et de l'équateur au 139 de latitude australe. Il se compose de huit grandes îles, dont la principale, Nuka-Hiva, est le siège du gouvernement coloniai et la résidence di: supérieur de la mission,

Les: indigènes des îles Marquises étaient regar dés, à bon droit, comme les plus intraitables et les plus féroces des îles de la mer du Sud. Les méthodistes de Tahiti, après une tentative d'évangélisation, avaient reculé devant leur barbarie, € Il semble, écrivait Melville (1), qu’on doit déses. » pérer d’arracher ces îles au paganisme. » — « Nos missionnaires, dit de son côté le Rév, > Culter (2), ne pouvant supporter les grossières » insultes des indigènes, ont dû évacuer l'île. » Heureusement les prêtres catholiques sont moins délicats, Ils savent parfaitement s'exposer aux insultes, et même à la mort, pour faire progresser le règne de JÉSUS-CHRIST,

Le 5 août 1836, le commandant Dupetit- Thouars débarquait aux iles Marquises trois missionnaires de la Congrégation de Picpus, en les recommandant fortement à la bienveillance de l’'Ariki, ou chef indigène, chez qui ils allaient loger. Pendant quelques semaines, le souvenir des largesses du commandant français et les petits présents que les Pères lui faisaient de temps en temps sur leurs maigres provisions, entretinrent ses bonnes dispositions, etil pourvut assez généreusement à leurs plus pressants besoins ; mais quand ils n'eurent plus rien à donner, la bienveillance du chef fit place au plus complet abandon, Alors commença pour les pauvres missionnaires une longue période de privations et de souffrances ; un peu de biscuit de mer, trempé dans l’eau, devint leur unique nourriture. Ils souffraient tellement de la faim qu'un jour où on leur offrit par hasard quatre à cinq petits poissons, ils ne se donnèrent pas le temps de les faire cuire, et les mangèrent tout crus, à la manière des sauvages,

Insultés et menacés à chaque instant d’être dévorés par les cannibales, traités en domestiques par les chefs qui les logeaient, ils eurent encore l’'amère douleur de se voir attaqués par les rares Européens réfugiés dans ces îles : forçats de l'Australie en rupture de ban, matelots déserteurs, flibustiers sans foi ni loi, écume de la civilisation, plus redoutables peut-être que les vrais sauvages.

1. Les iles Marquises, ch, 1, 2, Aventures dans le Pacifique, ch. 15.

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