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France que, derrière ces animosités religieuses, se cachent les convoitises de l'Angleterre, pour laquelle travaillent ouvertement les prédicants. C'est pour la France, et à cause d'elle, que nos pauvres catholiques sont traités en ennemis par leurs concitoyens, On ferait bien de ne pas l'oublier.
Il y a actuellement cinq stations catholiques dans les Loyalty : deux à Lifu, deux à Maré, une à Uvéa.
Nouvelles-Hébrides. Au nord-est dela Nouvelle- Calédonie, s'étend l'archipel des Nouvelles-Hébrides. Ces îles, iécouvertes en 1606 par l'Espagnol Fernandez de Quiros, restèrent longtemps inexplorées et cymme oubliées des géographes et des navigateurs. Elles furent reconnues denouveau en 1768 par Bougainville, et par Cook en 1774. Les Nouvelles-Hébrides comptent plus de 100.000 habitants, tous de mœurs féroces et anthropophages.
Depuis une vingtaine d'années, la France et l'Angleterre se disputent la possession de cet archipel, qui, au point de vue géographique, est une annexe naturelle de la Nouvelle-Calédonie, et qui a longtemps fourni à notre colonie des travailleurs plus dociles et plus laborieux que les Canaques. De leur côté, les Anglais d'Australie demandent à la Grande-Bretagne de leur annexer les Nouvelles-Hébrides, ou au moins d'interdire l'émigration chez nous des indigènes, sous prétexte que c’est là une traite déguisée.
On sait que les Anglais ne sont pas toujours aussi scrupuleux quand il s’agit de leur intérêt personnel ; sans parler de la traite africaine, qui se fait tous les jours sous leurs yeux en Egypte et au Soudan, ils ne se gênent nullement pour exporter chaque année, dans leurs colonies, des milliers d'Hindous et de Chinois, comme je l'ai dit ailleurs. Au fond, en cherchant à s'emparer des Nouvelles-Hébrides, ils ne poursuivent qu'un but : enfermer notre colonie entre les côtes de l'Australie, à l’ouest, et l'archipel des Nouvelles- Hébrides, à l’est, de façon à lui fermer tout débouché commercial et à paralyser complètement son développement, Dans cette lutte d’influences politiques et commerciales, la religion est appelée, comme partout, à jouer un rôle important.
C'est vers 1840 que les missionnaires protestants cherchèrent à s'introduire aux Nouvelles- Hébrides. Ils ne paraissent pas avoir obtenu grand succès auprès de ces féroces anthropophages, car voici ce qu'écrivait un des leurs en 1862 : Vingt » ans se sont passés depuis que les prédicateurs » chrétiens ont abordé ici ; nous y avons dé- > vensé bien des labeurs ; bien des vies pré- » cieuses ont été sacrifiées. Quels résultats pou-
» vons-nous montrer ? On est obligé de convenir » qu'ils sont minces. » Parlant de quatre ou cinq missionnaires tués et dévorés par les cannibales, l'auteur ajouta avec franchise : € Ils étaient tous |
LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXm SIÈCLE,
» engagés dans les transactions commerciales en » bois de sandal ; à ces motifs, nous devons » attribuer en partie, peut-étre ent'èrement, leur » triste fin et la suppression de la mission (1). à
Aux Nouvelles-Hébrides, les missionnaires catholiques avaient eu aussi leurs martyrs, mais on ne pouvait les accuser de trafiquer. Vers 1850, les PP. Roudaire et Anliard passèrent de la Nouvelle-Calédonie aux Hébrides. Jamais depuis on ne reçut de leurs nouvelles, et ‘les naturels engagés à Nouméa racontèrent qu’ils avaient été tués et mangés par les sauvages de l'île Malicolo,
Après cette première tentative, on renonça pour le moment à envoyer de nouveaux mission-\ naires catholiques aux Hébrides ; mais comme ily avait un grand nombre d’indigènes de ces îles dans la Nouvelle-Calédonie, la mission essaya d'attirer dans ses écoles de jeunes Hébridais, pour les instruire, les baptiser et en faire des catéchistes qu'on enverrait ensuite dans leur pays, pour préparer la voie aux missionnaires, Malheureusement ce second essai ne réussit pas mieux que le premier, et il fallut encore y renoncer.
Depuis 1870, le petit nombre des. missionnaires, occupés à relever leurs stations, à donner leurs soins aux solons et aux transportés, ne permit pas d'en «étacher pour les envoyer fonder cette nouvelle mission. Cependant la tâche pressait de plus en plus, car l'Angleterre nous avait dévancés, en établissant fortement ses prédicants à Sandwich, d’où ils rayonnaient déjà dans tout l'archipel. En 1886, les PP. Maristes firent dans ces îles une première tournée d'exploration, et ils se virent bien accueillis des sauvages, revenus de leur ancienne férocité et déjà familiarisés avec les Européens. En quatre ans, ils ont déjà pu ouvrir quatre stations : une à Sandwich, une à Malo, une à Malicolo, et une dans l'île du Saint- Esprit. Il faut espérer que les prêtres catholiques gagneront bientôt la confiance des indigènes, et que leur influence contrebalancera heureusement celle de l’hérésie,
Situation religieuse du vicariat afostolique de la Nouvelle-Calédonie au 1 janvier 1800.
Le vicariat comprend la Nouvelle-Calédonie et les îles adjacentes, les Loyalty et l'archipel des Nouvelles-Hébrides, 170.000 habitants (y compris les 100.000 naturels des Hébrides), sur lesquels 28.500 catholiques, 10.000 indigènes et 18.500 Européens.
Personnel : 1 vicaire apostolique en résidence à Nouméa. 45 missionnaires prêtres et 8 Frères de la Société de Marie, 30 Petits Frères de Marie. 11 catéchistes (Tertaires indigènes), 54 Sœurs de Saint-Joseph de Cluny. 11 Sœurs du Tiers-Ordre de Notre-Dame, 17 Filles de Marie (indigènes).
Œuvres : 31 résidences ; 16 dans la Grande-Terre, 2 à l'île Nou, 2 aux îles Bélep, 2 à l'île des Pins, 5 dans les
ï. R. William Mauray, Aüssions de l'Océanie occidentale, ch, 2,
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LE CATHOLICISME DANS LES ILES DE L'OCÉANIE, 1800-1890. D ne ne Loyaliy, 4 dans les Nouvelles-Hébrides ; plus 40 mis- érigé en préfecture apostolique, À cette époque, RE ar DA 1 pensionnat, garçons, à | il Ÿ avait déjà aux îles Fidji 11 missionnaires, Païta, 66 élèves. — 1 pensionnat filles à la ‘Conception, 5 Stations et 1.700 catholiques.
40 élèves: — 6 écoles élémentaires, 490 élèves. Peu à peu il arriva ici ce que nous avons vu
Pour les transportés : 2 pensionnats À Bouraï, 75 gar- | se produire dans toutes les îles de la Polynésie : Çons, 59 filles, — 2 écoles élémentaires, 80 élèves.
Pour les indigènes : 1 école de enter tee d os Louis. | 44 Spectacle de la vertu des prêtres catholiques, our 1 S:1é e atéchistes, , . £ N F: , 211: .
— 1 noviciat de Filles de Marie. — 19 internats, 9 pour les préjugés qui les nt d'abord accueillis disles garçons, 10 pour les filles. Ensemble 1.300 élèves, — | Parurent et firent place à la confiance et à la 2 écoles industrielles. sympathie, Dans une épouvantable épidémie de Fais total : 35 établissements d'éducation et 2.117 | petite vérole, qui emporia près de 50.000 indi-
èves. gènes, les wesleyens abandonnèrent leurs ouailles te : \ A re porsapion des Le doslee auras an et se cachèrent honteusement dans leurs maisons, nitentier de ouraï, tous ces ISsements sont exclu- A 2 £ sivement à la charge de la mission, qui ne reçoit rien du pendant ae pas is bic prodiguaient, ans budget colonial, 2 hôpitaux, 1 à Nouméa pour les colons, distinction € catholiques et de protestants, au 1 à l'île Nou nou: les transportés, service des malades. Ce contraste fit plus que
L toutes les prédications pour leur ramener l'opi- Slatistique comparée, nion.
En 1843 : Commencement de la lission, 1 coadjuteur, En 1874, Çakobau céda son archipel à l’An- 3 missionnaires,
gleterre, moyennant une rente annuelle de 900
En 1847 : Erection du vicariat apostclique, 1 vicaire iivres sterling (22.000 francs). Avec les Anglais,
sponoique, 3 masonnaires, 7e catholiques, c'ésait la fin de la persécution et la liberté reli-
donne chapelles à he 7 ee) nn #4 8 ieuse assurée à tous. L'influence du catholicisme En 1896 : 1 vicaire apostolique, 45 missionnaires, 64 | n'a fait que grandir aux îles Fidji depuis lors,
églises ou chapelles, 35 écoles, 28.550 catboliques. Pour la consolider, la Sacrée Congrégation
érigea en 1887 la préfecture en vicariat aposto- IV. — VICARIAT APOSTOLIQUE lique, dont Mgr Vidal fut le premier titulaire, DES ILES VITI OU FipyJr. C’est à cette occasion que l’île Rotuma fut ratta-
Le vicariat comprend l'archipel de Viti et l'ile | Chée au nouveau PRTRE de Rotuma, qui fut détachée en 1887 du vicariat En 1889, Mgr Vidal fit ne tournée pastorale de l'Océanie centrale. au milieu des dernières tribus anthropophages,
Partout il fut parfaitement accueilli, et partout Archipel de Viti. — Situé entre la Nouvelle- | on lui demanda des prêtres pour ouvrir de nou-
Calédonie et l'archipel des Amis, le groupe des | veaux postes. Hélas! essis guidenr multa, opeîles Viti ou Fidji comprend près de deux cents | raris autemt pauci. Le nombre des ouvriers îles, dont quatre- vingts seulement sont habitées, apostoliques est encore trop petit pour satisfaire
En 1860, la population était encore de 200.000 | aux ‘demandes de ce peuple, qui voudrait se âmes ; aujourd'hui elle est tombée au-dessous de | soustraire À l'oppression des wesleyens pour 159.000. s'unir au catholicisme,
En 1844, Mgr Bataillon, vicaire apostolique Depuis l'occupation de l'archipel par l'Anglede l'Océanie centrale, fit, comine je l'ai dit, une terre, les îles Fidji ont été envahies par les Anpremière tentative d'évangélisation aux îles | glais et les Américains, dont le nombre dépasse
iti. Il fut repoussé par le roi Çakobau, féroce 3000. Plus indusirieux et plus pratiques que cannibale, qui a dévoré, dit-on, plus de huit cents nous, nos rivaux sont en train de tirer un merde ses sujets : € Ce sont mes bœufs et mes | veilleux parti de ces ierres encore vierges, sur Moutons, » disait-il un jour en riant à un Capi- | lesquelles ils cultivent la canne à sucre, l'indigo taine anglais, Cette brute était incapable de et toutes les plantes tropicales recevoir la vraie lumière, En 1853, les es-
leyens, qui travaillaient sans succès dans ces Île Rotuma. — Cette petite ile, qui a seulement îles depuis 1822, réussirent à en faire un de | 32 kilomètres de tour, comptait en 1846 6.000 leurs adeptes, et celui-ci, à peine converti, imposa | habitants, quand le vicaire apostolique de l'Océason Zofu à tous les habitants de l'archipel. La | nie centrale y fit un premier établissement, Conversion de Çakobau paraît avoir été sincère En 1854, devant le peu de dispositions monquai à l’anthropophagie ; mais il resta cruel, | trées par les naturels, Mgr Bataillon, qui avait ivrogne et débauché, et € ce digne sujet de la | besoin de prêtres, rappela le missionnaire de grâce, » comme l'appelaient les wesleyens dans Rotuma, Une trentaine de néophytes le suivirent leurs rapports, ne fit guère honneur À ses ins- | et se fixèrent à Futuna et À Wallis, tructeurs spirituels, Quelques-uns cependant étaient restés dans La mission catholique grandissait pourtant en | leur île, Ces pauvres gens, demeurés pendant silence, malgré les persécutions des chefs et les | 15 ans sans missionnaires, n’en conservèrent intrigues des protestants : mais nos catholiques | pas moins la foi, en dépit des persécutions. étaient peu nombreux, pauvres et fort méprisés | entretinrent jour et nuit une lampe dans des adeptes de l'hérésie, En 1863, l'archipel fut
ie
la pauvre chapelle abandonnée, où ils se réunissaient
le dimanche pour réciter leurs prières. En 1859, le vicaire apostolique, touché de leur persévérance, leur envoya, à défaut de missionnaire, un catéchiste, Celui-ci trouva une centaine de catholi ques demeurés fidèles, En 1865, il y avait déjà à Rotuma 6 chapelles et près de 600 catholiques, qui réclamaient instamment la présence d'un prêtre au milieu d'eux. Enfin, en 1868, deux missionnaires leur furent envoyés de Waïlis et se fixèrent définitivement dans l’île, où ils trouvèrent 800 catholiques, sur une population totale de 2.400 âmes.
Dès lors commença une lutte ardente avec les wesleyens, L'île de Rotuma avait alors sept chefs de tribus, dont cinq étaient wesleyens et deux seulement catholiques. Malgré les recom- “andations du commandant français Poutret, qui conclut en 1871 avec les chefs protestants un traité qui stipulait formellement la liberté religieuse de tous, les hérétiques, décidés à ne pas tolérer à Rotuma d'autre ZLofw que le leur, déposèrent les deux chefs catholiques et chassèrent de leurs villages les fidèles, dont plusieurs furent forcés de se réfugier à Futuna. Les prédicants triomphaient, mais les chefs, n'ayant pu s'entendre entre eux après leur facile victoire, se donnèrent en 1881 à l'Angleterre. C'était la liberté assurée aux catholiques. En effet, depuis ce temps, la paix religieuse n’a plus été troublée à Rotuma.
Situation religieuse du vicariat au 1° Janvier 1800,
Le vicariat apostolique comprend l'archipel des Fidji et l'ile de Rotuma, 150.000 habitants, sur lesquels 10.000 indigènes et 230 Européens catholiques. Toutes ces îles appartiennent à l'Angleterre.
Personnel : 1 vicaire apostolique, 17 missionnaires ou prêtres et 5 Frères de la Société de Marie. — Catéchistes indigènes.
9 Sœurs du Tiers-Ordre de la Société de Marie.
4 Sœurs de Saint-Joseph de Cluny.
Œuvres : 11 résidences. — 90 missions.
65 églises ou chapelles.
1 école de catéchistes à Loreto.
6 pensionnai(s de filles. — Ecoles de chrétientés.
Statistique corparée.
En 1844. — Commencement de la mission,
En 1863. — Erection de la préfecture apostolique. — 11 missionnaires, 5 stations, 1.700 catholiques.
En 1887. — Erection du virariat apostolique.
En 1890. — 1 vicaire aç stolique, 17 missionnaires, 65 églises ou chapelles, ? écoles, 10.230 catholiques,
Tableau général des œuvres de la Société de Marie en Océanie.
Océanie centrale. — 1 vicaire apostolique, 17 missionnaires, 36 églises ou chapelles, 56 écoles, 8.450 catholiques.
Navigateurs. — 1 administrateur apostolique, 17 missionnaires, 33 églises ou chapelles, 51 écoles, 5.250 catholiques.
Nouveile-Calédonie, — 1 vicaire apostolique, 45 mis- ! pas indiqué,
sionnaires, 64 (fglises ou chapelles, 3" “coles, 28.500 catholiques.
Fidji, — 1 vicaire apostolique, 17 missionnaires, 65 églises ou chapelles, 7 écoles (1), 10 230 catholiques:
Total : 3 évêques, 91 missionnaires, 198 églises ou chapelles, 149 écoles, 52,430 cat:oliques.
Plus, dans l'archidiocèse de Sydney, 11 PP, Maristes : procure, paroisse et collège.