‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 47 sur 404 · ÉGLISE SAINT-PIERRE ET SAINT-PAUL A BERNE · texte numérisé non relu

ÉGLISE SAINT-PIERRE ET SAINT-PAUL A BERNE

Les catholiques de Lausanne étaient 150 en | au Conseil cantonal l'autorisation d'ouvrir dans 1800. Un prêtre, émigré du diocèse

e de Lyon, | la ville un lieu de réunion pour les catholiques. ; D ve ÆS x , . , A Fe l'abbé Vivian, leur servait de pasteur. Il demanda | Cette demande ayant été rejetée, les fidèles se

rassemblèrent, pendant plusieurs années, dans

une cave, pour y célébrer les saints mystères, En 1810, le Conseil cantonal accorda enfin la publicité du culte et donna aux catholiques un local pour leurs réunions. En 1814, ils furent admis à partager avec les luthériens et les anglicans la jouissance d'une salle publique. L'abbé Vivian était mort en 1811 ; son successeur à la cure de Lausanne fut un pauvre ouvrier menui-

‘‘sier, ordonné prêtre par l'évêque de Fribourg, l'abbé Belbès, séminariste de Lyon, qui avait fui la France pour échapper à la Terreur, Il mourut en 1819, entouré de la vénération des protestants et des catholiques.

Le nombre des catholiques s'élève aujourd'hui à Lausanne à 3,500. Ils ont une belle église, un presbytère, des écoles, un curé et deux vicaires.

Le gouvernement cantonal leur a interdit le port du costume ecclésiastique, ainsi que la sonnerie des cloches.

De toutes les villes Protestantes de la Suisse, Genève est celle où le catholicisme 4 fait le plus de progrès. En 1798, Genève comptait à peine 200 catholiques, qui étaient privés de tout exercice de leur culte, le territoire genevois étant rigoureusement interdit au prêtre catholique, 1] s'ouvrit seulement avec les armées françaises, Devenue le chef-lieu du nouveau département du Léman, la vieille cité de Calvin fut forcée de déposer une partie de son intolérant fanatisme. En 1803, M. Vivian, premier curé de Genève, qui a laissé une mémoire bénie, obtint de la ville la cession de l’église Saint-Germain et organisa la paroisse catholique. En 1811, ilfit venir les Sœurs de Charité, pour visiter les pauvres « instruire les jeunes filles ; un peu plus tard, les Frères des Écoles chrétienne arrivèrent à leur tour (1839). Jusqu'en 1846, les uvres catholiques purent se développer à Genève sans rencontrer trop d’hostilité ; mais à cette époque, une révolution politique fit tomber le pouvoir aux mains des radicaux, qui l'ont toujours gardé depuis,

Le premier acte du nouveau Conseil fut d'ex-

En même temps que l'Église catholique s'éta.

blissait dans les cantons protestants, d'où la Réforme l'avait tenue exilée depuis trois siècles, plusieurs remaniements de territoire vinrent augmenter, en Suisse, le nombre de ses fidèles, En 1803, le Tessin, Pays tout catholique, fut incorporé à la Suisse, et forma un nouveau canton, composé d'environ 100.000 catholiques,

Plus tard, en 1815, les traités de Vienne enlevèrent à la France une partie du Jura, ét incorporèrent environ 35.000 catholiques au canton tout protestant de Berne,

Le département français du Léman, comprenant la ville de Genève et une trentaine de paroisses catholiques appartenant jadis à Ja Savoie, nous fut enlevé à Ja même époque, et forma le nouveau canton de Genève, avec un appoint d'environ 20 000 catholiques,

Enfin la principauté de Neuchâtel, qui appartenait au roi de Prusse, entra à son tour dans la Confédération, avec environ 500 catholiques.

Par suite de ces remanisments de territoire, la

Confédération suisse se trouva définitivement composée de vingt-trois Cantons, et la population catholique, qui était, en 1800, de 542.000 âmes, se trouva portée en 1820 à 739000 contre 1.2G0.000 protestants,

Il est bon de noter ici que le congrès de Vienne stipula soigneusement la liberté religieuse des catholiques ainsi réunis aux cantons protestants de Berne et de Genève, qu'il garantit l'indépendance des cantons catholiques, ainsi que la conservation des couvents et des propriétés ecclésiastiques subsistant en 1815 dans les cantons mixtes et protestants. On verra plus loin quel cas fut tenu de ces stipulations diplomatiques,

Jusqu'en 1830, l'Église catholique put donc,

pulser le successeur de M. Vivian, M. Marilley, qui fut depuis évêque de Lausanne et Genève.

Néanmoins, malgré la coalition des haines calvinistes et radicales, le catholicisme continua à progresser à Genève, et sous l'habile direction | de M. Mermillod, son nouveau curé, la paroisse | de Genève prit de magnifiques développements. | En 1857, on consacra solennellement l'église

Notre-Dame, élevée avec les souscriptions de

tous les pays catholiques. Voici, du reste, le

tableau des accroissements successifs du catholi-

cisme dans la ville de Genève,

En 1800, il y avait à Genève environ 2co catholiques : en 1840, 11.800: en 1870, 26.374 contre 33.731 protestants ; en 1880 (après le | schisme des libéraux), 29 592.

On verra plus loin à quelles infamies les pro- ! testants se sont abaissés, pour se venger des progrès du catholicisme. |

en Suisse, développer librement son influence : mais la révolution de 1830 fut le signal de l'attaque. Par toute l’Europe, les Sociétés secrètes

| S'agitaient ; les radicaux suisses saisirent l'occa-

sion pour commencer la lutte. I] est triste d'avoir

| à constater que, dans cette crise, les bourgeois

francs-maçons des cantons catholiques de Lucerne et de Soleure furent les premiers à livrer

| AUX protestants la liberté et les droits de leurs

concitoyens.

Dès le mois de Septembre 1830, une réunion tenue à Soleure prenait une série de résolutions dont le but évident était d'asservir l'Église. De Soleure, le mouvement schismatique se pr'opagea aux autres cantons: les bourgeois de Lucerne y adhérèrent avec ardeur, et Je résultat fut la proclamation des articles de Baden (1834), espèce de Constitution civile du clergé, élaborée par des libres-penseurs, avec le Concours de quelques malheureux prêtres apostats,

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Ces fameux articles de Baden peuvent

résumer en trois mots : suppression de l'autorité du Pape et de la juridiction épiscopale, élection et révocation des curés par les comités parois- Siaux, main-mise des laïques sur tous les biens d'église, pour en disposer à leur fantaisie et sans

contrôle,

Cependant les patriciens protestants de Berne hésitaient à sanctionner ce nouveau droit canonique que Grégoire XVI venait de condamner, Ce fut le canton catholique de Lucerne qui força la main au gouvernement de Berne, pour faire adopter par la diète fédérale les articles de Baden, Soumisau referendum populaire, ils furent rejetés,

gouvernement de Berne s’obstina, Bâle, Mgr Salzman, montra une déplorable fai. blesse, Vu la difficulté des circonstances, Grégoire XVI avait permis au clergé de prêter le serment d'obéissance exigé par le gouvernement, mais avec cette clause restrictive : sauf en tout ce qui lèse les droits de La sainte Lglise ; l'évêque, de sa propre autorité, ordonna de prêter je serment Sans, conditions. Un certain nombre de bons prêtres furent persécutés À ce sujet ; après avoir enlevé à M. Cuttat, curé de Porrentruy, ses lettres de grand-vicaire, Mgr Salzman eut la faiblesse de le destituer, à ]

et l'évêque de

a — ZURICH,

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