‹ Les missions catholiques au XIXme siècle [microforme]Chapitre 48 sur 404 · VUE DU LAC · texte numérisé non relu

VUE DU LAC

| service fût célébré pour lui d

à demande des patriciens de Berne, et de nommer à sa place un administrateur agréab'e au pouvoir civil (1836), !

gramme de Baden,

Le confesseur de la foi,

exilé par le gouverne. ment de Berne, mourut saintement à Colmar, où il s'était retiré, On lui fit des funérailles solennelles que l'archevêque de Besançon voulut présider, pendant que son successeur à la cure de Porrentruy eut l'indignité de s'opposer à ce qu'un

ans sa paroisse,

En même temps, pour étouffer les protestations du peuple catholique, le gouvernement de Berne faisait occuper le Jura par plusieurs milliers de garnisaires, qui y cominirent toutes sortes de violences. Cette première persécution du Jura bernois dura six ans, de 1834 à 1840, et

se termina,

comme toujours, à ja honte des persécuteurs.

se | à une écrasante majorité, par les cantons catho. liques ; mais dans les cantons mixtes et protestants, ils furent adoptés comme loi cantonale, grâce au concours des mauvais catholiques unis aux protestants, On peut dire que, dans leur lutte contre la sainte Eglise, les gouvernements persécuteurs ne se sont jamais écartés du pro-

De là naquirent des conflits perpétuels entre l'Eglise et l'État, Dans le Jura bernois, le clergé tout entier protesta contre ces malheureux articles, Il n'eut pas de peine à prouver que, rejetés par le Pape, ils étaient schismatiques et contraires aux stipulations du traité de Vienne. Le

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LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXm SIÈCLE.

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Dans les cantons d'Argovie, de Thurgovie et de Zurich, où les protestants dominent, on profita des articles de Baden pour mettre la main sur la plus grande partie des biens de l'Église, Le congrès de Vienne avait stipulé formellement le maintien des couvents alors subsistants, On ne tint aucun compte de cetce clause, et de 1835 à 1845, on confisqua purement et simplement tous les biens-fonds des communautés religieuses, après avoir chassé et sécularisé les moines.

C'était un vol d'une importance de cinq à six millions, Il est vrai qu’une part de cette fortune, le quart environ, fut attribué à l'Église catholique pour ses œuvres. Mais ce riche trésor, confié à des comités paroïissiaux laïques, en dehors de tout contrôle des évêques et du clergé, fut gaspillé presqu'en entier, sans que l'Église eût rien à y voir.

Ce n'était pas assez pour les radicaux suisses d’avoir sécularisé et dépouillé les antiques abbayes qui avaient échappé, au XVIe siècle, aux dévastations de la Réforme. I] fallait s'attaquer aux Ordres prêcheurs, qui s'efforçaient, avec succès, de réveiller en Suisse la vie catholique un peu engourdie, Ils commençaient, en effet, à se multiplier d’une façon inquiétante. Il y avait des Dominicains dans le canton des Grisons, des Capucins un peu partout, des Jésuites à Lucerne, à Soleure, à Schwitz, à Fribourg et dans le Valais. Évidemment un peuple libre ne pouvait supporter plus longtemps de pareils abus.

À partir de 1841, sous la pression des loges maçonniques, un vaste mouvement s'organisa dans tout le pays, pour réclamer l'expulsion des religieux, en particulier des Jésuites. Le Tessin, travaillé par les radicaux, ferma tous les couvents de son territoire, et chassa même les Capucins de l’hospice du Saint-Gothard, où ils rendaient tant de services aux voyageurs. Les Grisons expulsèrent de chez eux les Dominicains et les Prémontrés. Argovie proscrivit en masse tous les fils de saint François comme dangereux pour la sécurité de l’État. Thurgovie inséra dans sa constitution un article pour interdire à tous les citoyens du canton la profession religieuse comme #nimorale.

Mais les cantons catholiques refusèrent de s'associer à cette proscription des religieux. La constitution fédérale était pour eux, puisque, aux

termes de l'acte de médiation de 1803, chaque |

canton est souverain chez lui, dans les limites de l'acte constitutionnel

Pour forcer la main aux cantons catholiques, des corps francs, soudoyés par la franc-maçonnerie, se soulevèrent à trois reprises, en 1844 et 1845. Il y eut des émeutes et des combats sanglants, principalement à Lucerne et dans le Valais. Les radicaux furent battus, et pour se venger, ils assassinèrent Leu, un des catholiques marquants de Fribourg ; puis, pour cacher leur

crime, ils essayèrent vainement de déshonorer leur victime, en répandant partout le bruit de son suicide,

C'étaient les radicaux et les protestants qui avaient commencé la guerre civile, Les sept cantons catholiques de Lucerne, d'Uri, d'Unterwald, de Schwitz, de Zug, de Fribourg et du Valais, se voyant menacés dans leur indépendance et dans leur foi, formèrent entre eux la ligue du Sonderbund, pour la défense de leurs intérêts politiques et religieux. Leurs réclamations portaient sur ces trois chefs : l'exécution loyale des traités de Vienne, qui avaient garanti la liberté des catholiques, le droit de garder chez eux des religieux qu'ils jugeaient utiles, des garanties pour la religion catholique menacée par les radicaux ‘et les protestants coalisés. Toutes ces demandes furent rejetées, et les députés des sept cantons quittèrent la diète (29 octobre 1847).

Immédiatement celle-ci appela cinquante mille hommes sous le commandement du génétal Dufour, pour soumettre ce qu’elle appelait la rébellion des cantens catholiques. Douze cantons, Berne, Schaffhouse, Argovie, Thurgovie, les Grisons, Appenzell, Bâle, Glaris, Zurich, le Tessin, Vaud et Genève s'unirent pour écraser les catholiques.

Ceux-ci, comprenant qu'ils étaient trop faibles pour soutenir la lutte, en appelèrent à la médiation des puissances signataires des traités de Vienne. M. Guizot, ministre des affaires étrangères de France, aurait bien voulu les secourir. Quoique protestant, il comprenait parfaitement que le droit était du côté des catholiqnes ; mais il redoutait de se compromettre avec les radicaux de la Chambre dirigés par M. Thiers, qui prononça à cette occasion la fameuse parole : Je serai toujours du parti de la Révolution en Europe. » On se contenta donc de quelques vagues promesses et de demi-mesures, Une note diplomatique fut envoyée aux puissances signataires du traité de Vienne : l'Angleterre, l'Autriche, la Prusse, la Russie, L'Angleterre, qui est toujours du parti de la Révo'ution hors de chez elle, refusa de rien fairc contre les radicaux suisses, et fit échouer la négociation.

Pendant ce temps les cantons catholiques, abandonnés à eux-mêmes, contre la foi des traités, étaient écrasés,

Ce fut l'affaire de deux semaines :

Le 16 novembre, capitulation de Fribourg,

Le 21, capitulation de Zug.

Le 24, prise de Lucerne, par les troupes fédé-

Le 25, capitulation du canton d'Unterwald,

Le 27, capitulation du canton de Schwitz.

Le 28, capitulation du canton d'Uri

Le 29, capitulation du Valais,

Le Sonderbund catholique avait vécu, et le triomphe du radicalisme suisse était ie prélude de la révolution de Février, qui allait ébranler tous les trônes de l'Europe. Trois mois plus tard,

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M. Guizot, réfugié à Londres après la chute de

Louis-Philippe, pouvait méditer à loisir sur les

inconvénients de l’habileté politique qui consiste | déclare que

à abandonner les faibles de peur de se créer à soi-même des difficult ‘s, * “

Les radicaux suisses abusèrent honteusement de leur facile victoire ; des gouvernements révolutionnaires furent imposés de force aux cantons catholiques ; un article traditionnel fut inséré dans la constitution pour interdire le séjour de la Suisse aux Jésuites et À tous les membres des Congrégations qui leur sont affiliées, clause commode, qui permet d’expulser, à un jour donné, tous les Ordres religieux ; un grand nombre de monastères furent confisqués, et des amendes énormes imposées à ceux qu'on voulut bien laisser vivre, pour leur faire payer les frais de la guerre ; l'évêque de Lausanne, Mgr Marilley, fut emprisonné, puis exilé jusqu'en 185$ ; un grand nombre de prêtres partagèrent le même sort ; pendant plusieurs années, le vol, le sacrilège, la confiscation, furent à l'ordre du jour, Comme le disait éloquemment le comte de Montalembert, dans le magnifique discours qu'il Prononça au mois de janvier 1848, devant la Chambre des Pairs: € Le tadicalisme suisse s'est présenté devant l'histoire avec une Sœur de

Charité expulsée, dans une main, et un moine du Saint-Bernard spolié, dan. l’autre, »

Depuis cette époque, l'Église catholique n’a cessé d’être persécutée en Suisse, surtout dans les cantons protestants et mixtes, Pour donner une idée de la situation intolérable qui lui est faite en ce pays, je vais résumer ici le Mémoire présenté, au mois d'avril 1871, à la diète fédéral par tous les évêques de Ja Suisse, pour exposer les injustices dont les catholiques sont victimes de la part de leurs concitoyens.

Dans la plupart des cantons, le #/acet de l'Etat est rigoureusement exigé pour la publi. cation de toutes les bulles et brefs du Pape, mandements, lettres et ordonnances des évêques, aussi bien que pour l'exécution de toutes les sentences rendues par l'autorité diocésaine. En vertu de cette dispositiin, l'Etat devient le juge suprême en matière de discipline, et même en matière de foi, puisque les Pasteurs ne peuvent rien publier sans son autorisation,

Dans le diocèse de Bâle, qui est le plus exposé aux empiétements des gouvernements cantonaux, l'évêque a vu, Presque chaque année, ses mandements supprimés.

En 1858, le canton de Berne interdit le mandement du carême sur les mauvaises lectures, comme attentant à la liberté de la presse,

En 1861, le canton de Bâle-campagne interdit un mandement sur les persécutions de l'Église dans les temps passés, comme propre à fomenter l'intolérance et la haine entre catholiques et pro-

testants,

En 1864, le canton de Thurgovie interdit un mandement sur le denier de Saint-Pierre, et les quêteurs seront passibles des

peines contre les mendiants,

En 1866, les cantons d’Argovie et de Thurgovie interdisent la publication du S 'yllabus.

En 1866, le canton de Thurgovie refuse le Placet à un mandement ordonnant « réciter à la messe l'oraison pour le Pape (collecta pro Papa). Les savants canonistes du grand Conseil s'étaient imaginé qu'il s'agissait d'une co/cte d'argent.

En 1858, le Conseil d'État d'Argovie, « pour des motifs de moralité, de religion et de pédagogie, » fait enlever des écoles le catéchisme diocésain, et déclare qu'il n’autorisera un nouveau cai-chisme qu'après qu'il aura été revu par les examinateurs de l'État,

En 1868, Argovie et Soleure défendent aux prêtres de se rendre à la retraite ecclésiastique ordonnée par l'évêque. Vers la même époque, Argovie interdit aux curés de prêcher plus d'une demi-heure, de chômer les fêtes supprimées par l'autorité civile, de remplir aucune fonction ecclésiastique dans les cantons voisins ; il est ordonné aux curés d'enterrer avec les cérémonies ordinaires les enfants morts sans baptême.

En 1870, le même canton d'Argovie ordonne de lire en chaire, sans aucune réflexion ou commentaire, une longue diatribe contre le Concile du Vatican, Voici un extrait de ce mandement laïque pour lequel on se garda bien de demander le lacet de l’évêque.

{ Le même jour où le sort de la guerre a été » jeté entre deux grands peuples (l'Allemagne » et la France), on a proclamé à Rome, pour le » monde entier, comme un commandement de » DIEU et une condition de salut éternel et ter > porel, une nouvelle doctrine de foi, qui est en » elle-même une véritable déclaration de guerre » aux intelligences, à la raison, à la science de » ce siècle et à l'ordre social de l'avenir, et qui, » si DIEU n’en décide autrement, renferme les » plus grandes menaces pour la paix des peuples,

En même temps, la conférence diocésaine composée de députés des neuf cantons qui forment le diocèse de Bâle, protestait bruyamment, (le canton de Zug excepté,) contre la définition de l’infaillibilité, et défendait à l'évêque, Mgr Lachat, de publier / nouveau dogme,

L'Église catholique est donc dépouillée, dans une partie de la Suisse, du droit sacré qui lui a été confié par JÉSUS - CHkisr d'enseigner les fidèles, et c'est l'État protestant ou libre-penseur qui se charge de les instruire à sa place.

Dans le même diocèse de Bâle, grâce à l'opposition des gouvernements cantonaux, il n’y eut pendant longtemps ni petit, ni grand séminaire,

| Toutes les subventions pour les étudiants catho-

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