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64 LES MISSIONS CATHOLIQUES AU XIXe SIÈCLE,
liques, bien que provenant uniquement de fonds confisqués à l' Elise. sont restées entre les mains de l'Etat, qui assigne à chaque étudiant, en Suisse où à l'étranger, l'établissement où il devra faire ses études,
À la fin des études scolaires, chaque étudiant ecclésiastique doit passer devant des commissaires civils un examen dit de maturité Les examinateurs de l'État décident, souverainement et sans contrêle, si le candidat peut entrer dans l'état ecclésiastique, ou s'il doit en être pour toujours exclu, Ainsi l'évêque n'a rien à voir dans le choix et la réception de ses clercs,
Peut-il au moins élever à sa guise les futurs ministres de l'autel ? Dans le concordat passé, en
MGR LaACHar,
Soleure voulut imposer à l'évêque, comme professeur de théologie morale, un prêtre suspect dans sa foi et dans ses mœurs. On fut donc forcé de renoncer au séminaire et, pendant 36 ans, les jeunes clercs furent obligés d'aller faire leurs études de théologie à l'étranger, sans surveillance de l'évêque.
Pour atténuer un peu les inconvénients d’un pareil système, l'évêque de Bâle organisa dans sa maison un cours préparatoire À la réception des Saints Ordres ; ce cours, qui durait six semaines, était manifestement insuffisant À la formation des nouvelles générations sacerdotales,
C'est pourquoi, de guerre lasse, Mgr Arnold, deuxième évêque de Bâle, se décida, en 1858, à subir les conditions des Etats diocésains : il accepta tout : le droit d'inspection des commissaires civils, le Aacet pour la nomination des professeurs, la commission pour les examens de clôture. Le Saint-Siège désapprouva hautement cette convention, qui sacrifiait les droits imprescriptibles de l'Eglise. L'évêque ne s'y était résigné que contraint et forcé : € Pour le moment, disait l'infortuné prélat en versant des larmes, cela vaut mieux que d'être absolument sans
séminaire, }
On va voir comment les Etats diocésains usèrent des concessions qu'ils avaient arrachées à l'Eglise,
En 1869, la conférence diocésaine notifiait à Mgr Lachat, troisième évêque de Bâle, que la Théologie morale de Gury était interdite pour l'enseignement du séminaire, Ce livre, qui est accepté comme un excellent manuel élémentaire, à Rome et dans un grand nombre de diocèses, était jugé émworal par les protestants L'évêque obtempéra à l'injonction des États, et remplaça Gury par un livre très estimé en Amérique, le Manuel de Mgr Kenrick, archevêque de Baltimore. Cette concession de Mgr Lachat fut considérée par la conférence comme une #”-onvenante
1828, avec les Etats diocésains pour le rétablissement du siège de Bâle, on lit ceci :
€ Art. 8. 11 sera établi à Soleure, résidence de l'évêque, un séminaire pour lequel les gouvernements de chaque canton fourniront la dotation et les bâtiments, »
Voilà enfin une disposition libérale : mais voyons la suite. Deux jours après, les mêmes Etats diocésains concluaient entre eux une convention clandestine, par laquelle ils se garantis. saient mutuellement le dron exclusif de surveillance, le p/acet pour 1: nomination des professeurs et directeurs du séminaire, et la faculté de prendre part aux examens par une Commission nommée par eux.
Pour savoir comment ce droit fut exercé, il suffit de se rappeler qu'en 1835, le canton de
tronte, et sans même avoir pris l'avis du prélat, elle supprima purement et simplement le séminaire. Au fond, c'était là qu’on voulait aboutir par ces misérables chicanes,
Une fois ordonnés, les nouveaux prêtres sontils enfin placés sous la juridiction de leur évêque ? Pas du tout. Dans certains cantons, l'Etat s’est réservé la collation des bénéfices : c'est lui qui nomme et qui révoque les curés ; l'évêque n'est là que pour leur donner l'institution canonique. Il est même arrivé plus d'une fois que, sur le refus de l’évêque d'accepter des prêtres indignes présentés par le gouvernement, celui-ci les a mis en possession du temporel des paroisses.
Même arbitraire pour la révocation des titulaires ecclésiastiques. Dans le canton d'Aïgovie, la loi déclare que les prêtres qui ont charge
| d’âmes seront nommés par les communes pour
une périou de six ans, après laquelie ils seront
Ce Suiss dont âmes.
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soumis à la réélection; s'ils ne sont pas réélus, le oste est déclaré vacant, et la commune procède ‘’flection d'un nouveau titulaire.
Dans le canton de Thurgovie, les prêtres peuvent être révoqués par les communes qui les ont élus, en tout temps et sans dédommagements,
Dans le cours de ce siècle, l'Eglise catholique
détaché des diocèses italiens de Côme et de Milan, pour être érigé en diocèse, Le Souverain Pontife ne demandait pas mieux que de satisfaire à ce désir ; mais tps À des radicaux rendit bientôt toute négociation impossible, Ils commencèrent, malgré les protestations du Pape
et des évêques, par fermer le séminaire de Pola été spoliée, en Suisse, d'une fortune de plusieurs légio et tous les coliè, es catholiques : ils révo.
millions de biens fonds, On ne lui à pas même | quèrent ensuite les chanoines et interdirent à laissé la libre administration des quelques biens | plusieurs prêtres toutes fonctions ecclésiastiques, qui lui restent. et jusqu'à la messe, En compensation, le gouver- Dans les cantons d'Argovie, de Bâle, de Berne | nement cantonal réhabilita a certain nombre et de Soleure, l'administration de tous les bisns | de prêtres interdits, et les installa dans les ecclésiastiques est confiée à des délégué: civils, par: isses avec l'assistance de la force inilitaire. L'Eglise n'a pas même voix consultative, et on Pris d'une véritable monomanie de sacristain, ne rend aucun compte à l'évêque de l'emploi de | le même gouvernement défendit, sous des peines ces fonds, très sévères, les pèlerinages, les missions Parois- Dans les cantons de Lucerne et de Thurgovie, | siales, les retraites ecclésiastiques, le jubilé ordon. on veut bien accorder au Commissaire épiscopal | né en 1850 par Pie IX pour ‘Eglise universelle, le droit de prendre connaissance de l'emploi des | et jusqu? ; ris de 'sarie, même dans les maifonds d'Église ; c’est une simple politesse, qui | sons pan, v'ières, Une amende de 100 fra cs n'engage d’ailleurs à rien. était prononcée contre le propriétaire de Ja
Voyons maintenant l'emploi que l'Etat fait de maison où se serait tenue la réunion, et chacun ces biens,
des assistants était puni de 4 francs d'amende. Les revenus d’un grand nombre de prébendes | Une Pauvre veuve, avant chanté chez Île un et de chapellenies sont appliqués aux écoles du cantique de la Vierge, fut condamnée de ce chef Souvernement. Dons le canton d'Argovie, on a | à 4 francs d'amende, supprimé beaucoup de bénéfices à charge d’âmes : A: mois de mai 1854, le gouvernement car. d'autres sont laissés indéfiniment sans titulaires, | tun:; élabora une loi ecclésiastique pour le Tessi: ! afin de jouir des revenus, Dars citte loi organique, l'Etat s'arrogeait le Presque dans tous les Cantons, les fonds des
; | droi &: Patronage et de nomination À tous ! 3 écoles catholiques ont été confisqués pour ouvrir bénéfitus, avec la faculté de dis
É es les protestants | les fondations et biens d'É dominent, et que les enfants catholiques ne peu-
supprimer des paroisses : il accordait aux comvent fréquenter, sans s'exposer à perdre leur foi, issi
Dans toutes les écoles, c'est qui nomme le maître, c'est lui qui surveille l'en- | Je Dlacet de l'État était exigé pour tout acte seignement religieux et choisit les livres. Déjà | ém:aé du Saint-Siège ou de l'évêque ; par contre, Argovie et Thurgovie ont Supprimé dans les | les curés étaient tenus de lire en chaire, et sans écoles l'enscignement du catéchisme, commentaires, tous les actes ce l'autorité civile :
Une disposition Constitutionnelle, votée récem- enfin, pour mettre le comble à .ant d'innovations ment, interdit aux prêtres et aux membres des schismatiques, ‘e H0ouvinement cantonal défen- Corpo:ations religieuses les fonctions d’institu- dait aux évêques de Céiuc #t de Milan de faire teurs ou d’institutrices dans les écoles de l'État. désormais aucun act= & juridiction dans le pays. Comme on le voit, c’est la perfection du système Le clergé du Tessin protesta contre une maçonnique : enseignement laïque, obligatoire pareille loi ; il demanda au Conse'' iéral qu'on et pas du tout gratuit, pr'squ'il est subventionné voulûü& bien au moins s'auresser au Pape pour En grande partie à l’aide des fonds enlevés aux | faire sanctionner tant d'innovations. Voici la
catholiques. : réponse qu'il reçut des patriciens de Berne :
Après avoir exposé ja persécution que 1’Eglise € Le Conseil fédéral ne voit pas de motifs subit dans le diocèse de Bâle, les évêques de | d'intervenir dans ces matières, attendu que + Suisse Passent à la situation vraiment déplorable | libre exercice du culte catholique dans le Tessin du Tessin. n'a reçu aucune atteinte. »
Ce pays, qui, comme on l'a vu, fut réuni à Ja Cependant Rome se préoccupai’ d'établir un Suisse en 1803, forme un canton tout catholique, siège épiscopal dans ce PAYS ; mais le nouveau dont Ja Population, en 180, s'élevait à 130.000 Souvernement cantonal déclara qu'il refusait âmes. Malheureusement, depuis 1840, les radi. l'érection du siège épiscopal réclamé par ses
caux se sont emparés du pouvoir et ils Oppriment prédécesseurs, et demanda l'adjonction du Tessin indignement la majorité catholique.
€ : au diocèse de Coire ou à celui de Bâle,
Du jour où le Tessin entra dans la Confédé- C'était se moquer du Saint-Siège : l'union ration, les autorités fédérales manifestèrent e | Jemandée était impossible À cause de l'éloigne- SSSir, trés iégitime d'ailleurs, que ce pays fût | ment, de la difficulté des Cominunications à
Missions Catholiques.
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travers des montagnes inaccessibles, et de la différence des idiomes, le Tessin étant de langue italienne, pendant que Coire et Bâle sont de langue allemande,
Cependant je gouvernement tessinois n’en poursuivit pas moius sa pointe, avec l’obstination implacable de l'esprit sectaire. N'ayant pu amener Rome à ses vues, il s'adressa à la diète fédérale, et demanda la rupture de l'union diocésaine, Le 12 juillet 1859, l'assemblée fédérale, sans tenir compte des droits acquis, sans se prévccuper de pourvoir au gouvernement spirituel de 130.000 catholiques, décrétait que les évêques de Côme et de Milan n'avaient plus aucune juridiction dans le Tessin.
Depuis lors, le canton du Tessin se trouva officiellement en dehors de la hiérarchie catholique. Le gouvernement n'y reconnut pendant longtemps l'autorité d'aucun évé ue, et les prétres fidèles à leur devoir furent obligés de s’entourer de mille précautions pour communiquer avec leur supérieur légitime ; autrement ils s’exposaient à se voir écrasés d'amendes, jetés en prison, révoqués ou exilés.
Pour fa:e cesser cette situation navrante, Pie IX proposa de charger provisoirement un v'caire apostolique de l'administration du canton. Litte offre paternelle fut repoussée, parce que le Conseil d'État émit la prétention de nommer lui-même le vicaire du Souverain Pontife. En vain le Pape, pour calmer toutes les défiances, promit de fixer son choix sur un prêtre agréable au gouvernement tessinois. Celui-ci s’obstina dans ses prétentions insoutenables, et les négociations furent rompues.
Tel est, en résumé, le Mémcire adressé en 1871, par tous les évêques de Suisse, à la diète fédérale. J'ai laissé de côté bien des plaintes accessoires au sujet de la suppression des fêtes, du mariage civil, ds divorce, des attaques continuelles Ge la presse contre l'Église ; mais il y en a assez pour faire connaître l'oppression des catholiques par une majorité sectaire, composée de protestants et de francs-maçons,
À l’époque où parut ce remarquab'e Mémoire, l'Eglise catholique allait entrer, en Suisse, dan; une période de crise aiguë, C'était en 1871, au lendemain des définitions du concile du Vatican et de l'écrasement de la France “ar la Prusse Un souffle d'impiété, de persécution et de haine passait sur l'Europe. Bismarck venait de commencer son fameux Æulurkampf, la France était impuissante, la Révolution triomphait à Rome, Evidemment il n’y avait plus à se gêner avec l'Eglise,
La persécution s'étendit à toute la Suisse, mais elle s'exerça surtout dans les cantons de Genève et de Berne, ces deux foyers du radicalisme et du protestantisme,
Je vais résumer aussi succinctement que pos:
sible cette lamentable histoire.
I est certain que lorsque Mgr Eugène Lachat, évêque de Bâle, revint du concile, il était condamné d'avance par la majorité des Etats diocé. sains, Sur les neuf cantons qui composent le diocèse de Bâle, cinq cantons, Berne, Soleure, Argovie, Thurgovie et Bâle-campagne, étaient décidés à se débarrasser À tout prix du prélat ; deux cantons, Bâle-ville et Schaffhouse, restaient neutres ; seuls, les deux cantons de Lucerne et de Zug demeuraient fidèlement attachés au premier pasteur du diocèse.
Quel était donc son crime? C'était d'avoir fait partie, au concile, de la majorité infai!libiliste, et surtout, ce qu'on se gardait d’avouer, de montrer, dans la revendication des droits de l'Eglise, plus de fermeté et de zèle que ses prédécesseurs.
Pour entamer la lutte, il fallait un prétexte, Il fut vite trouvé. Quelques mauvais prêtres, ue dizaine environ sur 675 que comptait alors le diocèse de Bâle, protestaient bruyamment contre l’infaillibilité du Pape. Mgr Lachat, après avoir épuisé toutes les longanimités du zèle épiscopal, se vit forcé d'interdire deux des plus compromis, les nommés Egli et Gchwind, du canton de Soleure.
Le 19 novembre 1872, la conférence diocésaine se réunissait à Bâle, et, à l'exception des représentants de Lucerne et de Zug, elle prenait à l'unanimité les décisions suivantes :
1° Le décret du concile du Vatican relatifà t'infaillibilité pontificale n’est ras reconnu par ies Etats, et ilne peut lui être attribué aucune valeur légale.
2° Il est interdit à l'évêque de prononcer des censures contre les prêtres qui refusent de croire à l'infailhibilité du Pape.
» Il est interdit de révoquer, pour quelque raison que ce soit, les prêtres du diocèse, sans la participation des autorités cantonales,
4° Un délai de quatorze jours lui est accordé pour rendre raison de sa conduite à la conférence des Etats diocésains,
5° Dans le même délai de quatorze jours, l'évêque est sommé de lever, sans conditions, les excommunications prononcées contre les curés Egli et Gchwind.
6° Il est fortement invité à révoquer de ses fonctions M. Duret, chancelier épiscopal.
7° A l'expiration du delai ci-dessus, la conférence diocésaine se réunira de nouveau, pour prendre, s'il y a lieu, des décisions ultérieures,
La lutte à mort était engagée !
Le 21 décembre, Mgr Lachat répondait point par point à ce décret, où l'insolence le dispute à l'absurde.
Je ne puis m'empêcher de citer les passages les plus remarquables de cette noble réponse épiscopale,
€ 1° Un évêque ne peut jamais se soumettre à une détense quelconque d’enseigner les vérités et les dogmes de la foi. J'espère, Messieurs, que le simple bon sens vous suffira pour le comprendre, LE
> 2° L’évêque peut, et doit, de sa seule autorité, juger le prêtre qui attaque la doctrine de l'Eglise et trahit les
* devoirs de son minisièie, Far conséquent, il a je droit et
ment que pos:
ugène Lachat, , il était cons Etats diocé.
composent le erne, Soleure, agne, étaient ix du prélat ; use, restaient le Lucerne et achés au pre-
it d’avoir fait faillibiliste, et , de montrer, l'Eglise, plus esseurs.
un prétexte, vais prêtres, omptait alors bruyamment Lachat, après ités du zèle eux des plus Gchwind, du
rence diocéxception des elle prenait
à l'infaillibilité etilne peut lui
r des censures infaillibilité du
ue raison que ticipation des
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, l'évêque est mmunications d.
ses fonctions
nférence dioe, s'il y a lieu,
ndait point e dispute à
es passages le réponse
lettre à une t les dogmes Jon sens vous
orité, juger le t trahit les a ie droit et
le devoir d'appliquer librement, et sans le concours de
l'autorité civile, les censures ecclésiastiques.
» 3° Vous ne voulez pas que l'évêque de Bâle prononce,
16 avril. L'évêque de Bâle est expulsé de sa demeure, Il se retire dans le canton de Lucerne.
ee : 18 septembre, La Cour d'appel de Berne sans votre autorisation, aucune révocation, pour quelque : ; À motif que ce soit. Cependant le pouvoir temporel à, dans | rejette le pourvoi des prêtres du Jura. Il leur est
mon diocèse, destitué plusieurs excellents Peter non | interdit de rem
seulement sans le consentement de l’autorit
plir aucune fonction ecclésiastique
spirituelle, | dans le canton. Malgré les protestations des mais contre ses protestations réitérées. L'éloignement d’un
curé de sa parnisse ressort évidemment de la juridiction
conseils des paroisses, le Souvernement s'empare
épiscopale, L'évêque ne peut tolérer que des loups dévorent des églises et des presbytères, et y installe des
son troupeau,
> 4° l'ermettez-moi de vous déclarer, Messieurs, que je | illustre évêque, Mgr ne vous reconnais pas le droit de m'intimer, dans des
questions dogmatiques et disciplinaires, l'ordre de venir me justifier à votre barre, D'ailleurs À quoi bon cette
misérables venus de tous les diocèses, qu’un
Dupanloup, appelait € la boue des siècles, »
12 décembre, Le Conseil féd.'-al envoie ses
justification ? Vous m’avez condamné avant de m'en. | PaSS€porïts au nonce, et rompt tous ses rapports
tendre.
> 5° Vous me sommez de réhabiliter deux prêtres justement interdits. La réhabilitation de ces prêtres excommuniés dépend avant tout de leur bonne volonté, Qu'ils reviennent à la foi de l'Eglise, qu’ils fassent péniteuce et réparent le scandale ; alors je les recevrai à bras ouverts,
» 6° En m'invitant à éloigner le chancelier épiscopal, vous me mettez dans la nécessité de vous dire qu'l ne relève, sous aucun rapport, de votre autorité, Il est mon secrétaire, mon aide, et il appartient à ma famille éf:sco-
pale. Qu'il me suffise de déclarer que je suis seul ;
» 7° Vous me montrez en perspective des mesures sévères, si ma réponse ne satisfait pas vos désirs. Il est un silenre plus éloquent que tous les discours : c’est pour-
quoi je m’abstiens de toutes remarques,
> Cependant encore deux mots Pour finir. Dès mon
DIEU plus que les or m'éviter quelques r en évêque traître et parjure ? Ira-je contrister ma Mère la sainte Église et mes , jamais !
guam fœedari;
enfance, on m'a apnris à craindre hommes. Dois-je Maintenant, p désagréments vassagers, m'établi
fidèies dipcésains? Oh | qu’on ne l'espère pas, Non J'aime cette mäle devise : Potius mori Plutôt mourir que de vivre déshonoré ! »
Après cette courageuse réponse, l’évêque de Bâle s'était irrévocablement condamné,
Le 17 janvier 1873, cinq Cantons, Berne, Soleure, Argovie, Thurgovie et Bâle-campagne, destituent Mgr Lachat et déclarent le siège vacant,
Le 1e février, le Souvernement de Berne envoie une circulaire aux prêtres du canton, leur enjoignant de cesser toutes relations avec l’exévêque Lachat, Le 4 février, Mgr Lachat proteste contre sa destitution par les cinq Etats diocésains,
9 février, Le chapitre de Soleure, À l'unanimité, refuse de reconnaître la destitution de Mgr Lachat.
15 février, Le &ouvernement de Soleure fixe au 14 avril le délai accordé à Mgr Lachat pour évacuer la derneure épiscopale,
18 février, Tout le clergé du Jura bernois, au nombre de 72 prêtres, déclare Q .'il continuera à
regarder Mgr Lachat comme son seul et légitime évêque,
20 février. Le gouvernement de Berne somme les 72 prêtres d’avoir À retirer leur signature.
18 mars, Le Conseil d'État de Berne suspend
ité, son dévouement, ses
de leurs fonctions les signataires de la protestation, | Leux-ci en appellent,
diplomatiques avec Rome.
“+ Voilà donc quelle était, à la fin de 1873, la situation religieuse du Jura bernois : le culte catholique public supprimé dans 76 paroisses ; les prêtres chassés des églises, des presbytères, des écoles, des hôpitaux : le culte privé s'exerçant dans ies granges, dans des hangars improvisés, avec mille restrictions génantes ; défense aux prêtres de paraître dans les écoles, de présider aux enterrements, de faire aucune fonction en dehors des maisons particulières. Sous tous les prétextes, et le plus souvent sans prétextes, ils sont emprisonnés, jetés pêle-mêle avec les pires malfaiteurs, nourris au pain et à l’eau, quelquefois
même privés de nourriture.
Cependant les prêtres intrus se voyaient rejetés
avec horreur par le peuple catholique. Pendant les rigueurs de l'hiver, les populations s'entassaient dans les granges autour de leur pasteur, les apostats restaient seuls dans leurs églises volées, À Porrentruy et à Délémont, les deux principaux centres du Jura, on comptait en moyenne de douze à quinze assistants à la messe de l'intrus. Dans la plupart des autres paroisses, il restait seul avec son sacristain et la misérable créature qui vivait avec lui, La fidélité des catholiques jurassiens fut vraiment admirable,
Pour en triompher, le gouvernement de Berne essaya de l’intimidation. Un grand nombre de maires, d’adjoints, de conseils Paroissiaux furent suspendus ou destitués, Pour n'avoir pas voulu Coopérer au schisme:; des femmes, des enfants furent jetés en prison, pour avoir levé les épaules Où souri au passage de l'intru: ; les Ursulines de Porrentruy furent chassées du pays, por avoir refusé l'entrée de leur chapelle et de leurs écoles au fameux Pipy, dit Deramey, le curé schismatique de la ville.
Toutes ces tracasseries ne suffisant pas, un décret du 31 janvier 1874, pour assurer la paix confessionnelle, expulsa du canton de Berne tous les prêtres fidèles, au nombre de 87. La plupart
se réfupi'rent en France ou dans les cantons de Soleure eut
voisins, Le canton catholique l'indignité de fermer ses portes aux pienx confesseurs de la foi,