protestants, 1.732 juifs et sans religion
Les catholiques étaient donc arrivés à avoir la majorité absolue dans le canton ; Mais il faut observer qu'ils étaient encore loin d’y avoir la majorité légale, car il faut retrancher de leur nombre environ 28,000 étrangers, domiciliés. dans le pays. Il reste donc une minorité légale d’environ 19.000 catholiques, jouissant de tous leurs droits politiques, contre 43,000 protestants, En fait, les catholiques genevois ne forment guère que le tiers du corps électoral, Cette situation anormale permettait de les opprimer légalement. On ne s'en fit pas faute, comme on va voir.
C'est au retour du concile du Vatican que l’hostilité contre Mgr Mermillod commence à se manifester au grand jour. En récompense de son zèle et de ses succès apostoliques, Pie IX l'avait préconisé, en 1864, évêque d'Hébron, avec la charge d'auxiliaire de Genève. I] continua donc, sous le titre de vicaire général de Mgr Marilley, évêque de Lausanne et de Genève, à diriger toutes les œuvres religieuses du canton. Au fond cela ne changeait rien à sa position officielle vit-à-vis des autorités cantonales. Le caractère épiscopal était un honneur personnel, un gage d'estime donné à l'éminent prélat par le Pape, et rie: de plus. Au lieu d'en prendre ombrage, le gouvernement genevois aurait dû se montrer fier de l'honneur accordé à l’un des plus illustres enfants du pays; mais les radicaux ne l'entendaient pas ainsi, Dès le mois de septembre 1868, le Conseil d'État de Genève notifia à Mgr Mermillod qu'il ne le reconnaissait pas en qualité d'évêque ; c'était une première escarmouche.
Le 2c septembre 1872, un arrêt du Conseil d'État enleva à Mgr Mermillod le titre de curé de Genève et de vicaire général de Mgr Marilley. Défense fut faite au clergé de le reconnaître en cette double qualité,
Pie IX répondit à cette insolente usurpation de pouvoirs, en instituant, le 16 janvier 1873, Mgr Mermillod vicaire apostolique de Genève.
Le ; février, le Conseil d'État déclara le bref nul et non avenu:; il frappa tout le clergé d'une suspension de traitement de trois mois, pour avoir, sans autorisation, lu en chaire une lettre pastorale du nouveau vicaire apostolique.
Le 17 février, le prélat fut expulsé de son domicile ; il se retira à Ferney (France), d'où il continua, en dépit des autorités cantonales, d’administrer son diocèse,
Le même jour, un décret du Conseil fédéral lui interdit le territoire de la Confédération.
Ainsi Genève, l'asile des communards français et des nihilistes russes, était purgée de ce qu'un journal radical appelait élégamment le virus épis-
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