CHAPITRE IV
habitude de la communion fréquente, et, privés qu'ils en étaient depuis la mort de M. Desseilles, ils avaient pratiqué la communion spirituelle avec toute l'ardeur d'un pieux désir. J'ai baptisé dix-huit adultes ; et béni neuf mariages. Le prosélytisme de ces bonnes gens est admirabie ; ils quittent leurs maisons, et s’en vont au loin chez ceux qui désirent se faire chrétiens, pour leur ensciguer ce qu’il faut savoir. Chacun des nouveaux baptisés Qui n'étaient pas habitants du village, emmenait avec soi quelques jeunes gens qui savaient lire, et qui l'accompagnaient uniquement pour lui apprendre les prières et le catéchisme. Si maintenant je vous disais comme ils se sont attachés à moi depuis si peu de temps ! « Nous étions orphelins, me disaient-ils, et comme dans la nuit; mais vous êtes apparu parmi nous comme une grande clarté et nous vivons. Vous êtes à la place de notre Père qui est mort, et nous ne ferons rien sans votre avis. — Je ne liens pas le cœur des autres dans ma main, disait, ‘es yeux gros &c larmes, un vieil homme en me serrant la main ; mais jamais le mien n'oubliera ce que vous nous avez dit. Pendant que vous étiez au milieu de nous , si nous avions un chagrin, nous venions à vous, et vous nous consoliez ; à
qui irons-nous quand vous serez parti? » Lorsque, passant près d’un wigwam, je soulevais la natte qui sert de porte, et que j'avançais la tête pour leur dire : « Bonjour, mes enfantsi » si vous aviez vu leur franc sourire, en me répondant : « Bonjour, mon Père! » si vous les aviez entendus me demander avec ‘une simplicité d'enfant la permission d’aller à leur chasse d'automne, et, quand ils avaient reçu ma bénédiction et le petit papier où je leur indiquais les jours de maigre et de jeûne, pre: dre
congé de moi d’un air si filial et si simple; si vous avi vu leur cœur
gros quand leur cercle, en silence, s’agenouilla autour de moi au moment
où je partis, vous comprendriez pourquoi, en leur faisant ce prerhier
adieu, je retrouvais dans mon cœur quelque chose du sentiment que je
connus pour la première fois lorsque je quittai Rennes; je quittais encore
ce jour-là ma famille. »
Souvent le jeune missionnaire re: arnait à son village indien: il s'y trouvait au commencement de l’année 1838. I! écrivait ce qui suit :
« Me voici à Chichipé-Outipé, au sein de mon église idienne. Comme je les aime mes enfants, et comme je me plais a milieu d'eux ! Cette mission est laborieuse, mais que de consolations! Je ne le répèterai pas, c'est toujours la même merveille, un incroyable mouvement de conversions parmi ces pauvres infidèles. Il y a maintenant mille à douze cents chrétiens, et puis une ferveur, une simplicité admirable et touchente.
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» C'était le dernier jour de l’année 1837; je dormais sur ma natte, lorsque vers minuit je fus réveillé en sursaut par une décharge de mousqueterie. On n’est pas longtemps à se lever quand on dort habillé sur des nattes : je courus à ma porte qu'on agitait, et j'ouvris. Ma chambre se
remplit au même instant d'ane troupe d'Indiens, hommes, femmes, |
enfants, qui venaient me souhaiter la bonne année ; ils se mirent tous à genoux autour de moi, e, je les bénis; puis tout en souriant ils vinrent me donner la main ; c'éteit une, véritable fête de ‘mille. Je leur adressai une courte allocution sur l’année qui s'en allait et sur celle qui venait de commencer, et je les menai tous à la chapelle, où nous times une courte prière. Puis ils me demandèrent la permission d'aller faire la même politesse aux chefs, ce que je leur accordai sans peine, vous devez le penser. Oh! je les aime tendrement! Si vous voyiez, quand j'entre dans une cabane , les petiis enfants qui m'entourent et montent sur mes genoux; les père et mère et les aînés de la famille qui se recueillent, font pieusement le signe de a croix, et puis, avec un sourire confiant, viennent me presser Ja main , vous ne pourriez vous défendre de les aimer comme moi! Quand on les visite le soir dans leurs cabanes, on les trouve la tête penchée sur le feu, chantant des cantiques ou récitant le catéchisme à la lueur de leur brasier. Leur zèl+ est surprenant ; j'ai dans ce moment-ci des chrétiens de trois semaines qui ont appris prières, catéchisme et cantiques, dans un espace de temps inconcevablement court. Je commence à parler un peu leur langue, à découvrir quelque chose de ce qu'ils me disent. S'il me fallait vous donner tous les détails qui peuvent m'intéresser, je n’en finirais point. Je suis vraiment trop heureux. Ne me souhaitez rien de mieux; mais que Dieu nous protège ! Cette mission êst menacée d'une prochaine destruction ; le gouvernement veut transporter les Indiens de l’autre côté du Mississipi. Je vis entre la crainte et l'espérance; mais je remets mon espérance et ma crainte aux mains du Seigneur ! »
(4 avril 1838.) « Maintenant mon lieu de résidence chérie , c'est le village de mes Indiens. Là, j'ai une vaste habitation bâtie d'arbres entiers posés les uns sur les autres; on voit en plus d'un endroit le jour à travers les murailles ; ma cheminée serait assez large pour loger un quart de corde de bois ; je ne marche point sur des tapis, mais sur des planches, qui n'étant pas fixées s'ébranlent sous le pied , comme les touches d'un piano sous les doigts du musicien, La nuit on y jette une natte avec deux couv rtures, une dessus, l'autre dessous, et je dors aussi bien sur ce lit indigent que sur la couche la plus somptueuse qui soit au monde. J'ai
dû, tom} ans :
le re thod:
me d éproi Pas ; mis à Dieu de la C'étai vie:
torité trine ; nous.
des af à l’aut liberté s’il pia semble être q jours, que je de ma tabieau soumis, préside réussir quand i terre Ja saintes « ne les p chrétien:
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leur Pèr qui dépe les accow