‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 99 sur 175 · IS · texte numérisé non relu

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temps, j'assisierai le pauvre M. François de Logansport. Je ne m'effraie point, parce que j'espère en Celui dont ie suis le ministre; mais priez : je serais là, à soixante-quinze milles du prêtre le plus proch:, abandonné à moi-même, mais appuyé sur le bras fort de mon Dieu. Ce beau jour, je le finirai eu vous disant que le sentiment dominant en moi est une joie profonde , sous le poids des nouvelles obligations contractées. Je ne sais si j'en dois avoir quelque inquiétude, mais je me trouve le cœur si léger, si heureux, si content, que j'en suis tout étonné. Aller de messe en messe jusqu'au ciel !.. Vous le savez, souvent je le disais que j'étais né heureux. Eh bien, encore à présent je puis le dire, et Dieu, dans ma première mission, m'a traité en enfant gâté. J'avais toujours désiré une mission sauvage; nous n'en avons qu'une dans l'Indiana, et c'est moi que les Potowattomies appellent leur Père /a Robe noire. »

Quelques jours après, M. Petit partait pour Southbend, où il resta jusqu'aux premiers jours de septembre 1838, partageant son temps entre les sauvages et les Américains catholiques répandus dars les environs. Mais c'était surtout au milieu des sauvages, dont il aimait la frauchise et la simplicité, c'était surtout à Chichipé-Ontipé, village indien, qu'il se plaisait à porter la parole de l'Evangile. Laissons-le parler du premier séjour qu'il y fit :

« Je suis resté vingt-un jours au milieu d'eux; voici la vie qu’alors nous avons menée. Au soleil levant, la première cloche sonnait ; et vous auriez vu les sauvages arriver le long des sentiers do la forêt, et sur le bord des

. lacs (il y en quatre contigus, et l’église est bâtie sur un coteau au bord du plus grand). Quand ils étaient arrivés, sonnait la deuxième cloche; puis, en attendant que les retardataires fussent rassemblés, le catéchiste faisait une répétition vive et animée du sermon de la veille; on récitait ensuite une leçon de catéchisme et la prière du matin; je disais la messe au milieu des cantiques , et je prêchais ensuite , iuterprêté par une respectable demoiselle de soixante-douze ans, française, qui s’est consacrée en qualité d'inierprète à l'œuvre des missions; puis ils terminaient par va Pafer et un Ave; chantaient : Je mets ma confiance, Vierye, en votre secours, et sortaient de la chapelle. C'était alors le temps de confesser pour raoi jusqu'au soir, quel(1efois même après souper. Au coucher du soleil, ilsse réunissaient de nouveau pour le catéchisme , que suivaient une exhortation , la prière du soir, le cantique à la Vierge; et je leur donnais n° bénédiction, la bénédiction du pauvre Benjamin! Mais Dieu a fait en moi de grandes choses : Fecit mihi magna «ui potens est! Beaucoup avaient la sainte

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