‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 108 sur 175 · CHAPITRE 1V · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1V

me déclara qu'il avait entendu parler de ma doctrine, qu'elle rendait en

effet les hommes meilleurs, et qu'il n'empêcherait pas ses sujets de l'embrasser; mais que pour lui, c'était chose impossible, attendu qu'il avait commis trop de crimes et qu'il ne pourrait plus assez se réformer pour rester fidèle à tout ce qu’il aurait promis. Quelques jours passés au milieu d’eux ne me permirent que de jeter dans leurs cœurs les premiers germes de l'instruction chrétienne, et je partis après m'être engagé à revenir bientôt cultiver leurs bonnes dispositions. Mais, ajouta ce bon missionnaire, je n'ai encore pu, faute d'argent, tenir ma parole. Cependant, voyez comme la grâce est toujonrs près de ceux quila désirent, Hier, je reçus Ja visite de trois sauvages inconnus à tous les miens. « Père, me dirent-ils, nous venons du Grand-Partage (lieu qu'habite leur tribu) ;

c'est à nous que tu as promis de donner bientot l'instruction et le baptème.

Depuis ton départ, il s’est présenté un homme qui se dit Père comme toi

et veut nous imposer sa prière. Le chef lui à demandé pourquoi il ne

portait pas de robe noire et pourquoi il avait une femme. I! a répondu que

cola ne faisait rien, et que sa doctrine ne diffère pas beaucoup de la tienne. Nous venons, au nom du chef, savoir de toi la vérité. Fant-il t'attendre au Grand-Partage, ou bien devons-nous recevoir la prière de cet inconnu? » Vous pouvez juger de là combien les premières impressions de la vérité sont profondes dans ces âmes dociles et douées, d'ailleurs, d'autant de perspicacité que de droiture.

» Un missionnaire du Canada ent aussi le bonheur de préserver de l'hérésie une tribu entière de huit cents Indiens qui allaient y tomber. Attirée par les présents et les bons traitements du gouvernement anglais, elle avait émigré de notre diocèse et s'était rapprochée du centre de da propagande méthodiste; bientôt arrivèrent les prédicants de la secte. Mais le chef et les anciens de la peuplade, sachant qu'il y avait une bonne et une mauvaise prière , ne se pressèrent pas de prendre un parti, bien que les ministres se fussent déjà construit un vaste presbytère au sein de la tribu. Sur ces entrefaites, un jeune missionnaire eut connaissance du danger spirituel que couraient ces sauvages ; il alla sur les lieux mêmes reconnaitre s'ils n'avaient point accédé aux sollicitations des protestants , et fut assez heureux, pour les trouver encore indécis. Aussitôt il vole en porter la nouvelle à son évêque qui évangélisait une mission voisine , l'instruit des heureuses dispositions des Indiens, et l'assure que sa présence suffira pour les décider en faveur de la vérité. Le digne prélat quitta tout pour suivre son jeune prêtre auprès de ses brebis sur le point de s'égarer.

se RES nes ES UE CEE RER Sn

À son arrivée, les méthodistes l'accueillirent avec honneur, lui offrant de descendre chez eux, vu. que les sauvages n'avaient pas d'habitation convenable. Cette offre était un piôge ; l’évêque le comprit et alla simplement se reposer sur les feuilles sèches de l’Indien, et souper avec lui de son chevreuil et de ses poissons. Les anciens tinrent conseil toute la nuit. Le lendemain, sur la demande du Grand-Père (1), la tribu s'assembla et entendit de sa bouche tout ce que Dieu avait mis dans son âme d'évêque et de missionnaire. Quand il eut fini de parler, le chef s’avança vers lui avec son air de gravité et de puissance souveraine : « Tu viens de nous dire

da vérité. Nous savions bien que c'était toi qui avais la meilleure prière ;

si tu veux nous laisser ton jeune Père pour nous l'apprendre, nous allons lui élever une maison ; nous ep construirons aussi une en l'honneur du Grand-Esprit, et ta foi secle sera prêchée, ton baptême seul sera reçu parmi nous. » Je n'ai pas besoin de dire avec quelle joie le saint évêque accorda leur demande. Maintenant ceite tribu forme une véritable paroisse äe bons et fervents chrétiens , sous la conduite du jeune prêtre qui l'a préservée de l'hérésie. »

» Le même missionnaire me disait encore qu'ila vu plus d'une fois se reproduire , au bord de ses lacs et au fond de ses forêts, ces traits d’une Providence visible et miraculeuse qui signalaient l'assistance journalière de Dieu au temps de la primitive Eglise. Il m’en cita l'exemple suivant, que je vouürais pouvoir vous redire avec toute l'émotion qui animait son récit : « Un de mes sauvages, de mes enfants, me disait-il, avait ramené #23 chasses de l'hiver une jeune fille de cette tribu. Je l'instruisis, je la baptisai et la lui donnai pour épouse. Elle s'appelait Catherine. Au bout d’un an, son mari mourut. La pauvre veuve, seule désormais et étrangère, s'enfuit un jour sans rien dire à personne , et depuis on n'entendit plus parler de Catherine. Le mois dernier, revenant d’une mission, nous fûmes surpris par un gros temps, et notre canot, forcé de céder au courant et à l'orage, entra dans un golfe inconnu à mes Canadiens. Comme nous étions à nous abriter sous le feuillage de ces arbres majestueux qui bordent la côte, nous aperçûmes sur l’autre rive des sauvages rodant çà et là, pour mieux nous distinguer. Ils n'étaient pas des nôtres. Je voulus les connaître, et je dis à mes matelots de ramer de leur côté; pour moi, je me tins debout sur le canot avec ma robe noire. Aussitôt une extrême agitation se manifosta parmi les sauvages; je les vis m'appeler de leurs signes, et le plus grand d'entre eux s'élança dans l’eau et vint au-devant

(1) C'est le nom qu'ils donnent aux évêques.

den

se pi abso . j'ape dis : Enco jeter oubli racon réuss à elle désir jamai » ( Pend:

invoq même résisté catèch mome avec à au Die mauva chit qu les mu tente, la foi 6 femme la supe trouver la moiti le Père » J'a la pensi Sur le b un roct cent qu:

trois her

t de nvement ) son , Le enne et avec dire ère ; llons r du reçu èque oisse ui l’a

is se l'une alière vant, t son mené je la bout gère, plus ûmes int et tions ent la pour conje me e agileurs evant

Page 1