‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 11 sur 175 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

Îl français, allemands, portugais , espagnols , qui portaient la foi dans les dé deux mondes ? Peut-être le salut de plus d'un peuple fut-il décidé par né l'immolation voiontaire de ces milliers de chrétiens qui mouraient au | hi Japon, ou par la prière innocente de ces pauvres sauvages du Canada di qui sortaient de l'eau baptismale ? Et maintenant que nous voyons 8e us fonder tant d'églises nouvelles , les chrétientés se multiplier sur toutes les us côtes de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique, dans toutes les îles de , : de. l'Océanie , re semble-t-il pas qu’en allamant autour de nous tant de foyers à dit de charité, la Providence veuille réchauffer enfin nos vieilles églises qui ( se refroidissaient ?. si

» Et c'est nous, associés de la Propagation de la foi, qui sommes d'a choisis pour être les artisans de ce dessein. Quand, dans les chantiers des d'un port, des manœuvres se courent sous le bois qu'ils ajustent, com- ds bien peu comprennent l'importance de leur travail! Cependant ces bois ni rassemblés formeront le navire qui portera sur toutes les mers le pavil- don lon de le patrie, entouré de souvenirs et de gloire. Ainsi nous sommes ti les manœuvres , et nos aumônes sont les faibles moyens que Dieu veut : hé

bien employer pour former et mettre à flot la barque de l'apostolat. Mais cette barque porte l'étendard de la Croix , et avec lui toute la lumière et toute la civilisation du monde (1). »

Dans l'un de ces fragments de lettres que nous allons rapporter, on À

raconte qu'un jour un pauvre missionnaire , un religieux de la Compagnie ca

| de Jésus, cheminant à travers les forêts d'Amérique pour aller évangé- du. liser quelques tribus sauvages, vit soudain accourir à lui une bande tqs

d'Indi ns. Le chef ayant demandé qui était cet homme : « C'est , lui ia

répondit-on , une Robe noire , un homme qui parle au Grand-Esprit. » A

Aussitôt le sauvage devient respectueux , et ordonne à ses gens de A

mettre bas les armes ; on se touche la main et on fame le calumet en :

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(1) Annales de la Propagation de la foi. Mai 1845, — Compte-rendu de 1844.

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INTRODUCTION XXI signe depaix et d'amitié. Puis, après un banquet improvisé , douze de ces Indiens, en grand costume de guerre, étendent aux pieds du missionnaire une large peau de buffle, en l'invitant à s'asseoir au milieu. Saisissant ensuite ce pavois rustique par les extrémités , ils le soulèvent de terre, et, précédés de celui qui les commandait, ils le portent en triomphe jusqu’à leur village. Là , le chef l'introduit dans sa tente , rassemble l'élite de ses guerriers, lui fait prendre au milieu d'eux la place d'honneur et lui dit : « Robe-noire , ce jour est le plus heureux de ma vie His Comme ces bons sauvages du pays des Pieds-noirs, nous avons essayé, nous aussi, de rendre quelque hommage à nos chers missionnaires d'au delà des mers. Recueillant dans leurs propres récits quelques-unes des fleurs qui forment la couronne de leur généreux sacrifice, nous avons donc dressé une autre sorte de pavois d'honneur, sur lequel , les élevant à notre tour, nous venons les présenter à nos frères. Puissent-ils, en les contemplant, en les admirant, par la prière et l'aumône, s'associer à

leurs œuvres, et centupler ainsi les fruits déjà si abondants de leurs héroïques travaux !

Après avoir vu, dans les Missions de l'Asie, le sang de nos martyrs couler à flots et préparer ainsi le triomphe de la Croix sur une terre si longtemps stérile , nous arrêterons nos regards sur les forêts, les solitudes et les rives des grands fleuves du nouveau monde, D'autres scènes, d'autres tableaux s'offriront à nos yeux. Mais si, sur ces nouvelles plages ouvertes aux conquêtes de la foi, de sanglants spectacles n'affligeront plus la vue attachée sur les traces de nos prêtres, de nos religieux , pour eux ce nouveau champ sera encore une carrière de luttes, de fatigues, de pénibles combats.

(1) Voir Missions d'Amérique, lettre du P. de Smet,

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