‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 115 sur 175 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Quelle joie pour eux de se voir si bien vêtus ? Matua ne put s'empêcher de s’écrier, ayant sur son corps de six pieds son bel habit à l’orientale : « Qu’étions-nous autrefois ? » Toutes les familles reçurent quelque chose ; il ÿ avait de quoi pleurer de joie de voir leur contentement. Nous fûmes témoins, dans cette distribution, d'un trait qui nous édifia beaucoup. Un des néophytes avait reçu, par mégarde , plus qu’il ne devait recevoir ; il rapporta Promptement ce qu'il avait reçu de trop, craignant qu'un autre ne fût frustré, et nous laissa édifiés de sa conscience pleine de justice et de charité.

» Lorsque cette distribution fut achevée, on fit l'inauguration de la Statue de la sainte Vierge, qui tenait le premier rang parmi les dons reçus. Les néophytes furent avertis de se revêtir des habits qui venaient d'être distribués ; ceux qui n'avaient reçu que des Coupons non confectionnés , ne laissèrent pas de s'en couvrir, Alors on disposa tout le monde sur deux rangs, et on procéda à la cérémonie. Les lanciers du roi, au nombre de trente, se placèrent sur deux lignes. Les missionnaires , au nombre de neuf sans compter le vicaire apostolique , prirent chacun leur place. Deux, habillés en diacre et sous-diacre, portaient la statue sur un brancard ; les autres prêtres marchaient après, tandis que Monseigneur suivait la statue avec deux prêtres à ses côtés. Derrière Sa Grandeur venait le roi, la reine et Matua, tousles trois revêtus de leurs costumes d'honneur ; le roi portait aussi sa belle épée. La procession marcha ainsi avec beaucoup d'ordre, en chantant les litanies de la sainte Vierge, jusqu'à l'autel où devait être déposée la statue de Marie. Lorsqu'elle y fut placée, j'adressai la parole au peuple ; je l'entretins de Marie, patronne des îles , de la grandeur des dons offeris par Sa Sainteté à l'église des îles Mangaréva; je n'oubliai pas les présents d'outils envoyés par S. M. la reine des Français , l'intérêt enfin que tous les fidèles d'Europe portaient à leur mission. Nos bons néophytes étaient attendris jusqu'aux larmes. Monseigneur chanta la messe pour tous les bienfaiteurs, et donna, à la fin de la messe, la bénédiction papale , après avoir adressé à l’assemblée une allocution pathétique. Quatre messes avaient été dites lo même jour pour les bienfaiteurs de la mission.

» Îl ne nous restait plus qu’une cérémonie à faire avant de quitter nos chers néophy 2s pour porter le flambeau de la foi aux peuples féroces des îles Marquises ; il s'agissait de bénir et placer la première pierre de la première église qui va s'élever à Mangaréva , à la gloire du vrai Dieu, sous l'invocation de l'archange saint Michel. Ce fut le 7 janvier 1839

qu'eut lieu cette cérémonie, dans laquelle je parlai pour la dernière fois au peuple de la grande île; ce fut le 24 janvier que nous appareillâmes pour les les Marquises. Que de larmes répandirent les habitants de Gambier : « Nous croyions que tu revenais pour rester avec nous, me disaient-ils , et tu t'en vas! À peine si l'on a vu ton visage !.... »

Fragment d'une lettre du P. Laval, de la Société de Picpus, au P, Hilarion, de la même Société,

« Mission de N.-D. de Paix, aux îles Gambier, le 31 mars 1840,

» .... Nous remarquons avec plaisir que nos chrétiens comprennent mieux de juur en jour les avantages du travail. Les hommes cultivent leurs terres et se construisent des maisons commodes et solides , sur le modè’e de celle que nous avons élevée pour notre usage, auprès de la nouvelle église. J'en compte déjà vingt-une dans la seule île d’Akamaru. Les femmes, après les soins du ménage, s'occupent à tricoter ; quelquesunes filent habituellement le coton. Ces dernières composent à présent huit atelie:s, chacun de trente personnes : ils ont produit récomment , dans l’espace de dix semaines, huit cent cinquante-une livres de ül.

» Mais le travail pringipal, celui qui met en mouvement toute la population, est la construction d’une église à Mangaréva, l'île principale. Vous jugerez, mon révérend Père, du zèle et de l'ardeur de ce bon peuple, par le tableau des fatigues que cet édifice lui coûte.

» Comme l'ile ne fournit pas de pierres , la plupart des pères de famille sont occupés depuis longtemps à exploiter des flots de rochers , situés à près de cinq lieues en mer. Ils amènent ensuite ces matériaux sur des radeaux énormes. Remarquez que, pour aller comme pour revenir, ils sont obligés d'attendre patiemment le vent-arrière. Les pierres , une fois déposées sur le rivage, sont roulées à force de bras jusque sous la main des ouvriers. Une dizaine de naturels, dirigés par le frère Fabien, taillent ces blocs de granit, tandis que d’autres sont chargés d'élever les murs. Les jeunes gens se sont partagé les diverses corvées, de manière à ce qu'une peuplade relève l’autre tous les huit jours. Ceux-ci vont pêcher le corail pour faire de la chaux , ceux-là apportent d’une demi-lieue le sable nécessaire , etc. Les femmes elles-mêmes suspendent de temps en temps leurs occupations habituelles, pour aller chercher à la montagne les roseaux

des ains cor C'e:

Il fa îles pop sont Sin arbr daie nous »

la gé L'arl trop un & n’ava ainsi ce qi temp:

» À laires à sa f « Je jy ti parole nos fl ies jo à ce avance croisé sont te célérit.

tiens « terres coulé.

fois âmes s de , me

rion ,

anent ivent ur le le la \aru.

juesésent ent ,

)Opu- Vous iple ,

mille nés à r des Ir, ils e fois main illent aurs.

à ce her le sable emps eaux

Page 1