CHAPITRE V
fait là ils ne cessaient de verser des pleurs. Plusieurs fois je suis allé leur it de porter des paroles de consolation, mais rien ne Pouvait tarir leurs larmes. e, at Sans doute que pendant que le père et la mère se désolaient sur la perte urnit de leur fille unique, ce pelit ange , cette innocente Marie priait pour eux > des dans le ciel ; elle fut exaucée. Le père, miné par le chagrin, étani tombé zèle dangereusement malade, on désesnérait de ses jours, lorsque je fus appelé COn- auprès de lui pour l'instruire des saintes lois de l'Evangile. Par une faveur erche inespérée , les forces Iui revinrent avec ce calme ineffable qui se fait dans ffec- un cœur où pénètrent enfin les douces clertés de la foi. Il s’est parfaiteleur ment rétabli, et m'a demandé le baptême , bien résolu de servir jusqu’à
sont sa mort le Dieu que possèée déjà sa petite Marie. Toujours le premier sont aux prières , il est pour sa peuplade un modèle d'édification , comme il res ést pour moi l'ami le plus dévoué. Il se plaît beaucoup dans ma demeure j A Sije m’absente - ‘on fait 1:
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gardien. Quinze jours après son baptême , à j'ai conféré !, ze, “acrement à sa femme. Beaucoup de grandes peret de 4
Sonnes m6 F 5e, leur accorder aussi celte grâce; mais je diffère ,
afin de leur e: - mieux sentir le prix.
Ad uSs » Recommandez notre mission à la piété de toutes les âmes qui ont à cœur sen la gloire de Dieu. J'ai surtont une grande confiance aux prières des petits pre enfants ; faites-les prier pour les petits enfants de la Nouvelle-Zélande ; truire dites-leur que les Océaniens de leur âge ne sont pas aussi favorisés qu'eux; uelles qu'ils n'ont, pour la plupart, point de prêtres qui leur apprennent à aimer pe Jésus et Marie. »
tea ement Lettre du R. P. Petitjean, missionnaire apostolique de la même Société, : “à à son beau-frère.
Ru | « Wangaroa (Nouvelle-Zélande), 7 mars 1844,
» J'ai reçutes lettres, les premières qui m'aient été adressées à la Nouvelle- 1fants, Zélande ; elles renonvelèrent en moi tous les sentiments que j'avais éprouse vés en quittant la France. J'en pris lecture dans une chapelle solitaire , hef Le au pied d’un modeste autel dédié à saint François Xavier; j'étais là comme doit sa Joseph retiré dans le secret de son habitation Pour y pleurer ses frères. j brie » Que cette première année de mon apostolat s’est rapidement enfuie ! qu'elle Heureux si, pendant ces quelques mois, j'ai pu jeter, sur la terre qui beau- nous est confiée , la semence féconde qui doit produire plus tard des fruits ee de bénédiction t Mais avant que la moisson jaunisse, combien de jours int ,
d'orage se lèveront encore sur nous et sur nos travaux! Ici, comme
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ailleurs, le royaume de Dieu souffre violence ; nous avons aussi nos peines. D'incessantes calomnies sont débitées contre notre évêque et ses ission-
naires. On dit, par exemple, que nous ne s0ïnmes venus en Océanie
que pour nous emparer des terres des naturels; que nous sommes des idolâtres , adorant les images faites par la main des hommes ; que notre religion aime à répandre le sang , el qu’autrefois nous fimes jeter au feu trois jeunes hommes, parce qu'ils refusaient de rendre les honneurs divins à une statue ; c'est une allusion à l’histoire des trois enfants hébreux jans la fournaise de Babylone; admirable bonne foi de nos adversaires qui font peser sur nous la responsabilité des crimes de Nabuchodonosor ! On annonce encore aux Nouveaux-Zélandais que plus tard nous leur remettrons leurs péchés à prix d'argent; comme s'il n'était pas souverainement ridicule de supposer qu'on voulût jamais exiger la plus légère aumône d’un pauvre insulaire qui est mendiant par excellence. Quelque dénuées de vraisemblance que soient toutes ces imputations, elles s'accréditent néanmoins parmi un peuple enfant qui tient pour des oracles toutes paroles qui sortent de la bouche de ses maîtres. Les progrès de l'Evangile en souffrent, bien que nos œuvres et nos discours donnent à nos ennemis un démenti formel ; mais on se lasse à force de réfuter des absurdités que la calomnie est ingénieuse à reproduire sous un nouveau jour. » Le district que j'administre est situé au nord-est de la Baie-des-Iles ; je résifle le plus habituellement à Wangaroa , d'où je puis visiter quelques tribus , peu nombreuses, il est vrai, mais bien dispersées. Nous n’avons, pour nous rendre d’une peuplade à l'autre, que des sentiers tantôt marëcageux, tantôt escarpés, toujours très-étroits e. .- plus souvent recouverts par la fougère. Aussi n'est-il pas rare que le missionnaire perde la trace à peine reconnaissable du chemin qu'il doit suivre. Un jour que cela m'était arrivé, je gravissais des rochers à pic pour retrouver ma roule ; j'avais audessous de moi les abimes de la mer, un faux pas aurait pu me précipiter dans les flots ; je montai néanmoins avec courage, luttant contre les broussailles , dévoré par une soif brûlante, et n'espérant presque rien de tant de fatigues et de dangers. Dans ma détresse, j'entonnai le cantique : Je mets ma confiance, Vierge, en votre secours, et à peine avais-je achevé ces mots que je vis le sentier, objet de mes recherches , s'ouvrir sous mes pas. Parfois , après une journée de marche , j'ai frappé le soir à la porte de cabanes sans habitants ; dans ce cas, le lit du missionnaire n'est pas dificil: à trouver, mais il faut se résoudre à endurer la faim. » Les voyages par eau ont aussi leurs désagréments ; nous les faisons dans
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