‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 124 sur 175 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

sions avec moi. Ne faut-il pas que l'homme apostolique se fasse tout à tous , s'il veut tout gagrer à Jésus-Christ ? ne faut-il pas qu'il achète par quelques privations la gloir d'annoncer l'Evangile ?

» Ces peuples, :l est sont quelquefois d’une malpropreté dégoùtante; aussi les Européens ne les approchent qu'avec une extrême précaution et ne les souffrent pas chez eux. Pour moi, je ne puis éloigner ceux que Dieu m'a donnés pour enfants ; je leur permets d'entrer dans ma demeure , de toucher ce qu'ils voient, de me questionner à leur aise, et lorsqu'ils sont satisfaits, ils se retirent en me bénissant : «L’Ariki est bon , disent-ils, il ne ressemble pas aux étrangers. »

» À toute heure , je sillonne les rivière: et la mer pour me rendre auprès de mes néophytes, et lorsque je suis sur leurs pirogues , les Européens qui me reconnaissent à ma soutane, à mon chapeau triangulaire et à mon crucifix, disent : « Voilà le prêtre catholique qui visite son troupeau ; il va prêcher l'Evangile , voir au malade ; tandis que chacun court à ses affaires, celui-là ne crart qu'après les âmes. »

» Dans un de ces voyages, j'appris qu'une petite enfant était près de mourir; je remontai aus’itôt sur le canot des naturels pour aller sauver cette âme en danger. sans doute, je fus bien reçu de la tribu qui fait notre prière avec z’1e, bien qu’elle n'ait pas encore entièrement abjuré ses superstitions ; mais le père refusa de me confier sa fille > SOUS prétexte que, si elle était baptisée, elle expirerait le même jour, et qu'à sa mort il ne pourrait la pleurer à la façon des Maoris. Je dis à ce père tout ce que le zèle put m'inspirer, mais tout fut inutile ; mes efforts restant Sans succès, je vouai l'enfant à Marie, je la recommandai aux saints anges, et enfin j’eus le bonheur de Ini ouvrir le ciel. Voici comment je réussis ; on me prépara de la nourriture, et je la refusai honnètement. « Je ne saurais manger, dis-je à mes hôtes , Mon cœur est triste , à cause de cette

enfant qui ne verra pas le Grand-Esprit, » La pluie venait de tomber ; j'aperçois une feuille qui contient assez d'eau pour le baptème , je la prends et dis au père : « Le baptême n'est pas une chose à redouter; voilà comment je m'y prendrais, situ me laissais faire, » Et j'administrai alors le sacrement. Le père ne s'en irrita pas, et aujourd'hui cette enfant est un ange qui prie au ciel pour la mission et pour les pieux associés À la Propagation de la foi.

» Nos Maoris sont dénués de tont. Le lit du malade est la terre nue, ou recouverte tout au plus d'un peu d'herbe ; sa nourriture est à peu près ja même qu'en état de santé. Où sont nos admirables Sœurs de Saint-Vincent

qui gagnent nos cœurs à Dieu , tandis que d’une main si charitable elles soulagent les membres des pauvres infirmes : Ici peut-être plus qu'ailleurs, la religi-" est appelée à faire cesser bien des misères , à civiliser promptement un peuple qui a des défauts , je l'avoue, mais qui a aussi de grandes qualités, et que sa simplicité enfantine rend si digne d'intérêt, Que je voudrais faire entendre à mes compatriotes ia voix de ces tribus qui sollicitent des prêtres catholiques ! Nous sc: aes déjà assez nombreux pour faire beaucoup à la Nouvelle-Zélande, je le sais, mais abandonnerat-on les innombrables fles de l'Océanie qui res'ent encore sans apôtres? délaissera-t-on ces archipels si riches en population, et qui semblent ouvrir leurs ports pour recevoir les envoyés célestes? Je puis le dire, sans craindre d'être démenti, ici nous sommes entourés des respects et de la bienveillance de tous les insuiaires, sans distinction de nationalité ni de croyance, Mgr Pompallier, par sa patience, par son aménité et son dévouement , a ravi tous les cœurs ; mais le poids de sa charge l'accable , sa sollicitude le consume. Que nul ne craigne de venir à son secours ; tous les postes ne sont pas également difficiles. À ceux qui seront faibles, nous céderons nos peuplades converties pour voler nous-mêmes vers les îles lointaines.

» Au reste, Marie nous protége d'une manière trop spéciale pour que l’avenir de la mission puisse être douteux; et quant à nos personnes, les travaux continuels ne font qu'affermir nos santés. Toutefois , que les pieux associés à l'OEuvre de la Propagation de la foi nous aident de leurs prières, qu'ils appellent sur tant d’âmes des grâces de conversion, et par les sacrements nous introduirons bientôt les Océaniens dans l'Eglise de Dieu!

Extrait d'une lettre de Mgr Por, allier, vicaire apostolique de l'Océanie occidentale, à Mgr Murphy, vicaire apostolique de la Nouvelle-Galles du Sud. .

« Baie-des-Iles (Nouvelle-Zélande).

» .…. Je reçois souvent des visites des indigènes, dont plusieurs font un trajet de trois cents milles dans l'espoir d'obtenir de moi quelques prêtres pour les instruire. Lorsque je leur en promets un, ils se montrent pleins de joie, et ne manquent pas de me rappeler ma parole à laquelle ils ontune confiance entière. Mais si les circonstances ne me permettent pas

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