‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 125 sur 175 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

de tenir mes engagements à l'époque désignée , soit parce que les prêtres

que je leur destinsis ne sont Pas encore arrivés d'Europe, soit parce que

le mauvais temps les a emmpêchés de se ju à: 6ù route , alors ces bons

insulaires se montrent très-afDigés , ils éclatent en viaintes, et ils m'a

dresseraient certainement de vifs reproches si je ne parvonais à leur

Prouver l'impossibilité où je suis de satisfaire leurs désirs.

» Un des princisaux chefs , arrivé ici depuis plusieurs semaines , à fait environ quatre-vingt-dix lieues pour venir me voi . l3ien qu'i: se montrât plein d'afféction pour moi » 868 traits exprimaient un vif mécontentement ; aussi, après les premiers saluts, m'adressa-t-il les paroles suivantes : « Evêque, tu m'as trompé, muiet les miens, — Comment cela ? lui dis-je. — Parce qu’il y a envir un an » {u m'as promis un de tes prêtres qui devait aborder ici dans +‘ 0Ïs; mais tu n'ar pas dit vrai. Quand le Verrons-nous ? jamais ! , : cœur est dévoré par à chagrin et la tristesse. J'ai annoncé à mon peuple et : quelques tribus du voisinage que le Père était sur le point d'arriver. À ma voix » (ous se tenaient prêts à entendre ses instructions de tout genre; en peu de temps nous avions bâti une bonne maison pour le loger ; eh bien, maintenant cette belle habitation tombe en ruines , et tes prêtres ne sont pas encore venus. Ce n'est pas tout ; mes gens m'accusent de leur avoir menti en leur annoncant l’arrivée d'un missionnaire , et ils se rient de moi. Oh! que mon cœur est dans le

trouble ! Et c'est tui qui as causé ma honte! »

» Telles étaient ses paroles autant que je puis les traduire, car il est difficile dans une langue étrangère de rendre l'énergie du Nouveau- Zélandais, plus concis et plus expressif que les idiomes d'Europe. Combien d’autres chefs m'ont adressé des plaintes aussi amères, bien que je fnsse moi-même plus afligé qu'eux du retard de mes nouveaux collaiosrateurs , qui enfin sont en ce moment auprès de moi !

» Quant au chef dont je viens de parler, j'avais heureusement une bonne nouvelle à lui apprendre ; on venait de m'informer que mes missionnaires étaient partis de Londres pour Sidney. Je lai en fis part ; il fut convaincu de ma bonne volonté pour lui et pour les siens, et nous fimes bientôt réconciliés. Cependant il ne voulut Pas encore retourner auprès de sa tribu, décidé qu'il était à n'y rentrer cette fois qu’en compagnie d’un missionnaire,

» Quelque temps anrès , il revint me demander si mes prêtres étaient venus, Je lui r#,ondis que j'avais reçu tout récemment la nouvelle de leur arrivée à Sidney, Il m'en témoigua la plus vive satisfaction, et n'en

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continua pas moins de rester dans le voisinage avec les indigènes de sa connaissance , jusqu'à ce qu'il apprit l'arrivée de mes confrères si impatiemment attendus. Aussitôt il accourut pour les voir et causer avec eux ;

* je lui servis d’interprète. Il leur touchait la main à tous, et s'étant assis

auprès d'eux , il les regardait l’un après l’autre, d’un air empressé et affectueux, comme pour déterminer son choix. Ensuite il me demanda quel était celui que je destinais à sa tribu , et les montrant du doigt successivement : « Est-ce celui-ci? dit-il; est-ce celui-là? » Ses questions nous amus-rent beaucoup. Je lui f: comprendre qu'ils avaient tous le plus grand désir de se consacrer à l'instruction de son peuple , mais que je ne pouvais pour le moment lui désigzer celui qui était destiné à cette'mission. « Cela suffit, répondit-il; je compte maintenant sur ta parole; nous aurons donc à l'avenir un Père pour nous. Evêque, donne-le-moi bientôt, je le conduirai moi-même dans ma tribu; promets-moi que tu viendras aussi toi-même nous visiter ; tous mes gens désirent te voir et t'entendre. Ne dis pas que ton nouveau prêtre ne connaît pas notre langue; si tu veux nous le confier, nous l’aurons bientôt mis à même de pouvoir nous enseigner la parole de Dieu. » .

» Cependant je lui persuadai de laisser avec moi le futur apôtre de sa tribu , au moins pendant un mois, afin de commencer moi-même à lui annoncer les premiers éléments de la langue zélandaise , attendu qu'il me compre ‘rait mienx que des étrangers. Il y consentit enfin , et quelques jours ,rès, il envoya sa femme annoncer à sa peuplade la prochaine arrivée de l'évêque et du prêtre , et en même temps avertir les tribus du voisinage de se disposer à nous recevoir. Quant à lui, il demeura à la Baie-des-Iles , pour nous y attendre et nous conduire en personne au milieu des siens. Ce fait, cité entre mille autres du même genre , prouve assez à quel point les Nouveaux-Zélandais sont impatients d'embrasser notre sainte foi, »

Extrait d'une lettre du même prélat à sa mère.

« Baie-des-Iles (Nouvelle-Zélande), 25 novembre 1842.

» Quand je m'éloigne d’une chrétienié pour porter à d'autres îles le flambeau de la foi , il se présente toujours ue grand nombre de néophytes

qui sollicitent la faveur de m’accompagner, dans l'espoir qu'en courant

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