‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 127 sur 175 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Martyre du P. Chanel, à Futuna (Océanie occidentale). Lettre du P. Chevron au R. P. Colin.

“Wallis, 28 jnin 1841,

» La nouvei. Jue je vous annonce , si elle attriste votre cœur , consolera néanmoins votre foi. Le P. Chanel a mérité le bonheur de verser s0n sang pour la cause de Jésus-Christ (à).

» J'étais avec lui à l'ile de Fatuna, lorsqu’au mois de décembre dernier je dus m'embarquer pour Wallis , afin d'aller en aide au P. Bataillon , qui voyait tous les jours s’accroître son troupeau en même temps que ses dangers. C'est avec un bien vif regret que je quittai Futuna, où je laissais le P. Chanel en pleine persécution. Une seule pensée me consolait, c'est que je sacrifiais la couronne du martyre à l'obéissance , sacrifice qui est bien grand pour un missionnaire, Quatre mois après mon départ, notre pieux confrère recevait dans le ciel Ja palme qui m'était refusée.

» Voici en peu de mots l'histoire de ses derniers instants. Il avait tout récemment gagné à la foi catholique le fils même du roi de Futuna. Ce jeune homme, pour se mettre à l'abri du courroux de son père, que cette conversion avait exaspéré , s'était retiré dans un village qu'habitait la plus grande partie de sa famille. Le 27 mai dermer , le roi vint lui-même trouver son fils, et essaya par tous les moyens possibles de le ramener au culte des idoles ; mais ce fut inutilement, le jeune néophyte resia inébranlable sans sa foi. Alors le roi » après une courte entrevue avec les autres membres de sa famille » se retira , sans doute pour concerter l'exécution du crime qui devait se commettre le lendemain. Dès le matin du 28, vers les sept heures, un insulaire arrive dans la maison du P. Chanel, et le prie de panser une biessure qu'il vient, dit-il, de recevoir, Ta”. lis que le missionnaire se met en devoir de le soulager ,

(1) Le P. Pierre Chanel naquit à Cuet, dans le diocèse de Belley; il quitta la France

en 1836, avec Mgr Pompallier, qui en fit depuis son provicaire et lui confia la mission de Futuna. ii est mort le 28 mai 1841 , à l'âge de quarante ans,

je naturel lui assène un coup de casse-tête sur le front. Le Père ne s’aperçoit qu'alors.que sa demeure est entourée d’insulaires armés. L'un d'eux s’avance, et le frappe à coups redoublés avec un bâton; la victime tombe à genoux, et, en priant, essuie'le sang qui coule de son front. Un troisième assassin lui porte un coup de baïonnette, qui entre vers l'épaule et va sortir sous le bras. Le Père, sans dire le moindre mot, arrache lui-même le fer de la plaie. Cependant, malgré toutes ses horribles blessures , il respirait encore. Celui des meurtriers qui l'avait frappé le premier, ordonne qu'on l'achève; personne ne l'écoute , chacun ne pense qu'à se saisir des petits meubles et du peu de linge qui étaient à l'usage du missionnaire. Alors, prenant un instrument de menuiserie qu'il rencontre sous sa main, il en décharge sur le Père un coup qui lui enlève la partie supérieure de la tête. On dit que le roi lui-même, qui se trouvait avec ces furieux , l'a fait enterrer tout près de sa maison.

» Telle a été la fin glorieuse de notre vénéré confrère ; sa mort laisse la mission de Futuna sans secours. À l’arrivée de Mgr Pompallier, que nous attendons prochainement, j'espère obtenir la faveur d'aller moimême recueillir la moisson fécondée par le sang de notre nouveau martyr. Ses prières m'obtiendront peut-être la mème cou:onne. Je me hâte d'ajouter, pour prévenir ou dissiper vos craintes , qu'au moment où les insulaires se présentèrent à l'habitation du P. Chanel, le frère Marie-Nizier et un Anglais qui demeuraient avec le missionnaire , étaient heureusement sortis pour aller visiter un malade chez les Vaincus. Cuux-ci les ont généreusement protégés jusqu'à l'arrivée du navire qui les a ramenés à Wallis, où ils sont avec nous depuis dix jours. »

Description de l’île de Futuna. — Mœurs et coutumes des Océaniens sauvages.

Lettre du P. Chevron, missionnaire apostolique de la Société de Marie, à sa famille.

« Futuna, 21 octobre 4841.

» Comme je vous l'ai dit dans ma dernière lettre , j'ai été emporté sans le vouloir à Wallis par une goëlette qui, aussitôt après nous avoir reçus

à b nie!

de mis: En :

auq que:

jam:

intéi plag ces | pieu »

sur L (amo naire sépar elles 14° ».

boisé, côtes long autan!

loupe:

les éc petite » 0 l'Océa la par habita:

à sucr du clir le P, ( qu'ici 1 mieux n0n pli est enc

per eux ime Dit.

rers ot , 10rvait te, qui quiqui ne , on.

isse que moieau me nent rère aient 1x-Ci es à

mes

arie,

sans 'eçus

Page 1