CHAPITRE V * 9s
it les ” Condamnation prononcée , elles se chargent de l'exécution, même contre ciait les réclamations de la mère.
bois. » Quand on reproche aux naturels ces atrocités » ils répondent froideaître ment : Æore faka Futuna (C'est la moës du pays) ; Are nea mango it-il. (C'est un usage ancien). Cette dernière excuse est toujours celle qu'ils sun donnent quand ils n'en trouvent plus d'autres , quel que soit d’ailleurs le sujet sur lequel on les presse.
ation » On n’est pas dans l'habitude d'étrangler ici les vieillards , Comme cela sem- se pratiqe® dans quelques iles que j'ai vues ; mais , lorsqu'ils. deviennent mes, à charge, on n'en a pas moins l’art de s’en débarrasser, en les soumettant, tous : sous prétexte de maladie, à une diète si sévère qu'ils ne tardent pas à n'est 1 mourir de faim. Pauvre peuple ! oh! qu'il a besoin qu'on prie pour lui! âture Si la religion ne s’en empare bientôt, qu'il est à craindre qu'un jour pour Futuna ne soit une tle déserte 1
illard | » Avec toute leur férocité, nos sauvages, sous plus d’un rapport, sont une encore de grands enfants qu'un rien suñit pour émerveiller. Il y a peu Heu- . de jours , nous avions fait deux mauvais brancards avec lesquels nous porigeait Ex tions, le P. Chanel, les deux z'rères et moi, des pierres destinées à élever
uu mur d'enceinte autour de nos plantations ; ce ne fut qu’un cri d’admi-
us le ration parmi les spectateurs, Mais ce fut bien autre chose quand , mes le ne ÿ mains venant à manquer de forces , je fus obligé, pour les soulager, r que d’attacher aux brancards une racine d'arbre iès-flexible que ja me passai e. Ce L: sur le cou : E fenoua, s'écriaient-ils » Sara poto le tangata neil (O pays, ants ; : | commes ses hommes sont savants 1)
; les » Ils s’imaginent, dans leur ignorante vanité, que leur île est le principal "osses continent du globe; ceux mêmes de leurs compatriotes qui sont allés à ju les Sidney, n'ont pas encore pu les détromper sur ce point. Les objets de aine , F leur prédilection sont un morceau de fer pour défricher le sol et arracher eures la mauvaise herbe, une hache, un couteau , des ciseanx , Une aiguille, és et : une lime, un rasoir (autrefois ils se faisainc: là warbe ei la frottant avec nfouir la pierre ponce où en l'arrachant poil par : .), un clou pour fabriquer a tête un hameçon, on mieux un hameçon tout fait, quelques verroteries ,; Une 8. La chemise ou un lambeau d’étoffe : voilà ce qu'il y a pour nos insulaires r une de plus précieux au monde: le reste peut exciter leur étonnement ; mais aire, ces bagatelles, ils les convoitent, ils les volent s’ils en trouvent l’occasion. si elle Un vieil habit est encore Pour eux un trésor; aussi le roi n'endosse-t-il ieilles qu'aux jours de grandes fêtes une lévite toute râpée dont le P, Chanel lui
et, la a fait cadean ; et, sous cette guenille , il est plus fier qu'un général avec
son habit chamarré d’or. Qu'il faudrait peu de chose pour gagner la confiance de ce peuple ! mais ‘ce peu-là même, nous ne l'avons pas. »
Mission de Futuna.
Lettre du P, Servan, missionnaire apostolique, à M. Bissardon, supérieur des missionnaires de Lyon.
« Futuna, 19 août 1849,
» Aujourd'hui je viens remplir un devoir de reconnaissance que la distance des lieux ne saurait me faire oublier; je présume qu'en vous exposant l'état de ma mission, je pourrai peut-être vous faire plaisir.
» Ce petit coin de terre a été arrosé par le sang d’un martyr. Le R. P. Chanel avait baptisé environ. cinquante personnes ; il était sur le point de conquérir l'île entière à Jésus-Christ, par la conversion du fils du roi ; déjà un certain nombre de jeunes gens , méprisant les objets de leur culte superstilieux , s'étaient fait inscrire au rang des catéchumènes. Mais il y avait tant d'obstacles à la prédication de l'Evangile, que la semence du christianisme n'était jetée qu'insensiblement et sans bruit; c'était la génération naissante , mieux disposée parce qu'elle était plus pure , qui la recevait avec le plus de courage. On m'a rapporté qu'un enfant de dix ans, pour se soustraire à la #rsécution de ses parents et d’autres infdèles , se retirait chaque jour üans les bois pour prier Dieu , et qu’il cachait comme un trésor la médaille que le P. Chanel lui avait donnée.
» Tel était l'état de la mission à Futuna lorsque les ennemis de l'Evangile, désespérant d'en arrêter autrement les progrès , formèrent l'afreux complot de massacrer le zélé missionnaire. Je n’entreprends pas de vous parler ici des circonstances de 5: giorieuse mort , parce que je présume que vous en avez déjà connaissance.
» Il paraît que le roi était d’une gronde barbarie, tout en paraissant bon à l'extérieur ; car, ce qu'on n’a jamais lu dans les annale de la cruauté humaine , il avait été jusqu'à manger sa propre mère. On m'a dit que, d'après ses ordres, on devait massacrer non-seulement le P. Chanel, mais encore ceux qui avaient embrassé la foi : son propre fils, que ni
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