‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 134 sur 175 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

J'ai baptisé tous ceux que j'ai pu trouver, Parmi ces petites créatures , on comptait l»s enfants du roi assassin et ceux des bourreaux du P. Chanel; c'est une consolation pour nous de voir qu'aucun d'eux n'est mort sans baplême. Les malades ont aussi eu part à notre sollicitude ; par le moyen du bon frère Marie-Nizier, nous avons pu les préparer au sacrement de la régénération. De ce nombre, se trouvait la femme du roi défunt, qu’on accuse d'avoir beaucoup contribué à la mort du P, Chanel, par la haine qu'elle lui portait et par les mauvais conseils qu’elle donnait à son mari; mais, Ô miséricorde de Dieu ! dans sa dernière maladie elle me fit demander pour l'instruire et la baptiser. Elle mourut quelques jours après avoir obtenu cette grâce.

» Ce voyage me procura le bonheur d'abolir le dernier reste de l'idolâtrie

à Futuna. Au milieu d'une place publique, se trouvait encore plantée une pierre sacrée, dans laquelle les habitants du Pays Supposaient que la divinité résidait spécialement ; elle a été abattne et brisée par la main de ses anciens adorateurs, » Pendant que je parcourais les divers endroits où avait été le P. Chanel, combien mon cœur était oppressé de sentiments douloureux ! Ici, il était obligé pour vivre, de défricher un petit champ, dont ses ennemis li laissaient à peine. recueillir quelques fruits. Là, dans des chemins h6rissés de pierres aiguës, il marchait au-pieds par raison d’économfe ! Là, il travaillait à confectionner sa maison avec des bambous! Là menait en prient pour ceux qui méditaient sa mor ses disciples à l'ombre de ses cocotiers ! J servait dans ses voyages, avec la souta jour même de son glorieux m

il se prot ! il se reposait avec ai encore le bâton dont il se ne ensanglantée qu'il portait le arlyre; mais rien n’excite plus mon émotion que la vue des lieux où il commença à répandre son sang , Où il tomba sous le coup de la hache du bourreau ; Où son corps fut enseveli. Aujourd'hui la tombe de l'apôtre de Futuna est souvent visitée au point du jour ; beaucoup de naturels s’agenouillent au près de la croix que notre vénérable évêque a plantée dans le lieu où reposent quelques restes du Père.

» Quelle est notre consolation de Penser que le martyr intercède pour nous dans le ciel! Nous recreillons maintenant ce qu'il a semé dans les peines et les souffrances. Le 17 juillet, nous avons pu baptiser encore trente adultes , parmi lesquels se trouvait le ministre du roi ; Sam fut son parrain, Un Américain qui demeure ici a eu part au même bonheur ; il avait trouvé, dans la lecture des livres que nous lui avions prêtés, 14 véritable Eglise de Jésus-Christ. Mais de toutes les cérémonies , celle qui nous a le plus

consolés jusqu'à présent, c'est celle du baptôme de soixante catéchumènes, le jour de l'Assomption. Elle fut précédée d'une instruction analogue à la circonstance ; les naturels écoutèrent avec plaisir le récit des merveilles de celle qu'ils appellent leur bonne Mère, Tsi Cinana Malie. Cette cérémonie attendrissante fit verser des larmes de joie à plusieurs de nos bons Polynésiers. J'espère que, dans quelques mois, lorsque les habitants de Futuna seront suffisamment instruits , ils recevront tous la même grâce. à

» En finissant, monsieur le supérieur, je vous prie de me recommander à notre divin Maître , et à Marie, notre bonne Mère. »

Autre lettre du même Père à M. le curé de Grézieux-le-Marché (Rhône). « Futuna, 22 février 1843,

» Il n’y a guère plus de huit mois que nous sommes à Futuna, et déjà nous avons deux églises, huit cent quarante insulaires baptisés ; et, suivant toutes les apparences, les catéchumènes qui nous restent encore, au nombre de deux ou trois cents , recevront bientôt le sacrement de la régénération, qui les.introduira dans le bercail du divin Sauveur. En outre, le trèsgrand nombre de nos néophytes pourra être admis sous peu à la table sainte. Depuis notre arrivée, le roi et la reine ont le bonheur de communier souvent, ainsi que quelques néophytes de Wallis qui sont venus passer ici quelque temps, sous la conduite d'un jeune chef nommé Hugahala. :

» La ferveur de ces nouveaux chrétiens s'accroît de jour en jour ; ils sont animés d’une sainte émulation pour recevoir l’enseignement religieux , et ce désir ne domine pas seulement dans le cœur des jeunes gens , il est commun aux néophytes de tout âge et de tout sexe. Vous seriez charmé de voir nos vieillards réunis, silencieux autour du roi, ‘couter attentivement les vérités saintes de la religion qu'il leur explique, après nous en avoir demandé la permission. Déjà les jeunes gens commencent à savoir lire les petits écrits que nous leur donnons; il en est aussi un certain nombre qui savent écrire, et ils en profitent pour entretenir avec les habitants de Wallis un touchant et pieux commerce de lettres.

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