‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 149 sur 175 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

en épanchaments d'amitis, parmi les ruines, à l'église, si tant est que l2 chapelle de Bone puisse être ainsi appelée ; partout et toujours sous cette même impression inexprimable en aucune langue. À neuf heures, la première communion des enfants ; À trois heures, les vêpres et le panégyrique de saint Augustin par son indigne successeur. Je croyais rêver, mon émotion me suffoquai ; par intervalle, je croyais que le ciel s’ouvrait, il me semblait que des torrents de lumière » que de douces ardeurs en descendaient; mon Dieu! quels sentiments me font éprouver encore ces souvenirs |

» À huit heures du suir, le canon nous rappelait à bord; le lendemain, nous embarquions nos malades ; j'embrassais en passant le curé de Constantine, qui ns renouvela les merveilles de sa mission...

Situation religieuse d'Alger et de sa province.

Suite d'une lettre de Mgr Dupuch, évêque d'Alger, à MM. les membres du conseil central de Lyon.

« Alger, 15 août 1840,

» Je reprends , hélas! toujours à la hâte, et avant mon départ pour l'Est, les fragments, si j'ose m'exprimer ainsi, de le dernière lettre que j'ai eu le bonheur de vous écrire ; j'ai voulu faire connattre peu à peu à vos inrombrables lecteurs , nos frères bien-aimés dans la foi, dispersés partout sous le soleil, mon diocèse tout entier, et, le premier jour, la ville d'Alger en particulier, Peut-être cet essai intéressera-t-il !

«» Trois portes s'ouvrent; à gauche, c'est Bal-el-Oued (porte du ruisseau), et quelques pas plus loin le cimetière des consuls ; celui des captifs, un peu au-dessus ; la célèbre mosquée de Sidi-Abderaman , de

; tous les pèlerinages des environs le plus fréquenté des dévots musulmans. Aussitôt qu'il nous sera possible de le faire , nous espérons y pouvoir dédier à Notre-Dame des Martyrs un sanctuaire non moins révéré de nos

chrétiens ; car c'est là, à cette même porte de sanglante mémoire, que,

durant plusieurs siècles, un nombre prodigieux de chrétiens captifs

souffrirent et moururent Pour ia foi. Que de touchants récits nous lisions

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à cet égard ces jours derniers dans de vieilles chroniques des religieux rédempteurs de la Merci, dans la vie de saint Vincent de Paul , etc... Ce fut en le couvrant de pièces d'or et d'argent qui devaient servir à sa rançon, qu'un illustre captif acheta ce cimetière , dans lequel reposent ces ossements bénis . préférant généreusement à sa liberté , à la terre de la patrie, le bonheur de faire désormais partager sa sépulture sanctifiée à ceux de ses frères qui mourraient dans l'esclavage.

» À droite , en sortant par la porte Bab-cl-Oued et sur les bords même de la mer, sont assis les deux forts des Vingt-quatre-Heures, et le Fort-Neuf. Les immenses voûtes de ce dernier servirent longtemps de inagasin ou de dépôt , pour les riches captures des corsaires ; douze cents condamnés les habitent maintenant. Souvent nous y sommes descendus avec eux , jamais sans an saisissement inexprimable..….. Quand pourrons-nous y exercer dans toute sa plénitude notre sublime ministère ? ils le reclament à grands cris ; les dispositions de plus en plus bienveillantes de l'autorité supérieure nous font espérer que ce sera bientôt. Depuis notre dernière lettre, les ordres donnés pour l'exécution immédiate des travaux de la cathédrale ; la construction de deux chapelles dans les hôpitaux militaires de Constantine et de Philippeville ; les premières démarches faites et favorablement accueillies pour celles des hôpitaux du Dey et de Mustapha; les dispositions prises pour l'installation des religieuses trinitaires à Oran ; la bénédiction de l’église de Mustapha que nous ferons demain même , jou: du Sacré-Cœur de Marie ; le nombre croissant encore plus de certaines abjurations : ne’sont-ce pas des motifs plus que suffisants pour justifier cette espérance ? Un peu pius loin que le fort des Vingt-quatre-Heures, et en suivant le rivage, c’est l'hôpital du Dey, ainsi nommé de l’élégant pavillon de marbre et des jardins délicieux qui en faisaient l'habitation favorite dp dey durant les ardeurs de l'été. Depuis quelque temps, on y a joint, sous le nom de la Sulpétrière, de curieuses voûtes dont une seule contient quatre cents lits. Dans les jours anciens, ces voûtes servaient de retraite aux barques, tartanes et autres bâtiments légers qui appartenaient au dey , et qu'on y trafnait après ia course aventureuse. Tout à fait au bord des flots et à l'abri d’une roche en saillie, s'offrent chaque semaine, une fois au moins , des sacrifices idolâtres , auxquels il n'est pas rare de voir --sister, étrange confusion t des nègres , des juifs , des maures même , les femmes surtout ; elles paraissent en être les prôtresses. À quelques centaines de pas, un immense cimetière sufhñt à neine à la moisson périodique de la

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