‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 16 sur 175 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

ses ruines. Dieu laissera les hommes s’agiter , et les gouvernements rivaux tirailler en tous sens cet empire agonisant ; tous leurs efforts n'auront «'autres résultats que de donner à l'Evangile le temr' .5 s'établir partout, de rallier les esprits et de s'enraciner dans les cœurs. La dernière heure de la puissance ottomane ne sonnera que quand son patrimoine sera irrévocablement acquis à l'Eg.ise de Jésus-Christ.

» Telle est la conviction que remportera de l'Orient tout homme attentif aux progrès qu'y fait notre foi à mesure que l'empire s’affaiblit, Cette conviction , les Turcs eux-mêmes la partagent. Ils ont compris que leur règne sst passé, qu'ils ne forment plus qu'une ombre de nation prête à s'évanr”ir, et qu'il leur est impossible de lutter contre le principe de mort qui mine leur constitution. Et, ce qui est plus remarquable , ce peuple , dont le caractère simple , loyal et noble commande encore l'estime au sein Ge ses malheurs, a l'intime persuasion que c'est à nous de recueillir ses débris. Autant il a de mépris pour les sectaires qu'il confond avec les juifs dans une égale aversion, autant manifeste-t-il d'affection pour les catholiques. Est-ce là un indice de la prochaine réunion des enfants de Mahomet à la grande famille de Jésus-Christ ? Nous avons tout lieu de le croire, quand nous voyons partout l'islamisme s'éteindre au profit de la vraie foi...

» En quittant Alexandrie, j'ai traversé la Grèce, sans toutefois m'y arrêter, et je me suis rendu directement en Turquie. Constantinople et Smyrne sont les deux points que je tenais particulièrement à étudier ; DOnseulement parce qu'ils sont le siége de deux florissantes missions , Dais parce qu’ils exercent sur le reste de l'empire une action puissante,

» En Turquie, il ne s'agit pas d'annoncer l'Evangile à des peuples ensevelis dans les ténèbres d'une idolâtrie grossière, ni de soutenir des discussions suivies avec des prédicants de sectes dissidentes. Là , le principal obstacle que l'erreur oppose aux progrès de l'Evangile , la base sur laquelle reposent également l’hérésie et l'islamisme, c'est une commune et profonde ignorance ; seulement chez les hérétiques elle se joint à la superstition, tandis que chez les musulmans elle s'allie au fanatisme. Un premier moyen de favoriser le triomphe de la foi sera donc d'instruire la jeunesse. Le Coran ne conserve encore des disciples que parce qu'il proscrit l'instruction. Mais aujourd’hui cette défense n'est déjà plus respectée par les grands, dont le mépris pour la loi de Mahomet est à peine dissimulé par quelques pratiques qu’ils affichent aux yeux du peuple. Leur tendance à se mettre en rapport avec les missionnaires catholiques est une heureuse disposition

que j'ai été à même de constater, Deux nachas m'ont fait l'honneur de dîner avec moi dans la maison et en compagnie de nos confrères de Constantinapie ; ils ne m'ont pas moins surpris par la franchise et la cordialité de leurs manières, par l'étendue de lewrs connaissances, que par leur estime pour nos doctrines. À son tour , le peuple ne tardera pas à passer sur la loi qui le condamne à l'ignorance , et tout porte à croire que chez lui comme chez les grands l'instruction tournera au profit de la foi. Qu'il lui soit donc permis d'entrer dans nos écoles ; l'Evangile et la science le trouveront également docile à leurs enseignements. Quand déjà ces prédilections ne seraient pas acquises aux missionnaires, la gravité de notre culte, qui va sibien à la noblesse de son caractère, suflirait pour le prévenir en notre faveur. Je le répète, du moment que les Turcs auront le libre choix de leur religion et la permission de s'instruire, l'Eglise sera à la veille de les compter au nombre de ses enfants.

» Cette observation s'applique aussi en grande partie aux hérétiques. L'ignorance presque seule les retient éloignés du centre de l’unité. Ils ne savent même pas quels points de foi les séparent de la véritable Eglise. Cesfrères égarés font consister toute leur religion dans quelques pratiques extérieures qui leur tiennent lieu de symbole et même de prière. Malgré lerr antipathie pour les catholiques , ils aiment nos cérémonies et assistent volontiers à nos sermons. Bon nombre d'entre eux viennent puiser à nns écoles l'instruction qu'il leur est impossible de se procurer ailleurs. Ceux-là ne tardèrent pas à se défaire de leurs préjugés , à sentir que leur foi ne repose que sur des fondements ruineux, et à concevoir de la nôtre une idée plus favorable. Si l'on joint à ces premières impressions l'influence que des maîtres et maîtresses exercent nécessairement sur des enfants , la confiance q:‘’ils leur inspirent par une vie de dévouement et de vertu , les explications souvent répétées du catéchisme, il est facile de comprendre, et l'expérience ne permet plus d'en douter, que bientôt le retour des hérétiques consolera l'Eglise de leur défection.

» Or, ce puissant moyen de favoriser l’essor du christianisme en Tuarquie , il a été bien consolant pour moi de voir qu'il prospère sur les deux poirts principaux de l'empire , et j'éprouve une douce satisfaction à vous présenter le tableau des services que rendent à la jeunesse nos deux missions de Constantinople et de Smyrne. À Constantinople , nos confrères dirigent un collége où sont élevés les enfants des premières familles de la ville , et une école qui ne compte pas moins de sent cinquante externes. De ces deux établissements est déja sorti un nombre considérable d’excel-

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