‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 17 sur 175 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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lents sujets, aussi utiles à la société que sincèrement attachés à la religion. Ce n'est pas sans me sentir ému jusqu'aux larmes que j'ai été à même d'apprécier leurs progrès dans les sciences et sur. 24 les vertueux sentiments que des mains habiles ont pris soin de développer dans ces jeunes cœurs, Et quand je faisais réflexion qu'il n'y a pas d'autre école ouverte à Constantinople, j'étais heureux Ge conclure que la religion seule est appelée à posséder la génération naissante, Il n'était pas moins consolant Pour moi de voir ces jeunes gens, que nos missionnaires ont élevés ; $e faire gloire des principes qu'ils ont puisés aux sources de la foi. On les rencontre partout, chez les banquiers, chez les négociants, dans les diverses administrations, dans les chancelleries, et partout ils se montrent dignes des maîtres qui les nt formés, Durant tout mon voyage ils m'entouraient d'égards, et se faisaient un bonheur des bons offices qu’ils pouvaient me rendre, Souvent j'ai reçu la visite de personnages distingués que je ne connaissais pas ; c'était comme anciens élèves des missionnaires qu'ils se présentaient à mo,, voulant, me disaient-ils, exprimer à notre congrégation leur reconnaissance pour l'éducation qu’ils en ont reçue et qui a été la source de leur prospérité.

» Un at're sujet d'étonnement et de joie m'attendait chez les Sœurs de la Charité. Dans leur étabtissement » Qui n'a encore qu’nn an d'existence ; je trouvai vingt-quatre orphelines arrachées à la misère par des prêtres catholiques et formées à la vertu par d'humbles religieuses. Aux questions que je leur adressai sur l’histoire , la géographie et l’arithmétique, elles répondirent avec autant de facilité que de justesse, Mais ce qui m'intéressa tout autrement, fut leur tendre piété et la naïve expression de leur reconnaissance pour une religion qui ne s'est fait connaître à elles que par des bienfaits. Je ne pouvais m'expliquer comment, ec aussi peu de temps, on avait pu obtenir d'aussi précieux résultats, et je bénissais le Seigneur , dont la main paternelle se plaît à encourage: notre zèle en donnant à un établissement qui commence des succès si inespérés. Je visitai avec la même consolation les externats de filles dirigés aussi par les Sœurs de la Charité. Les deux cent trente élèves qu'ils comprennent ne sont pas tous catholiques : des Russes , des … es » des Arméniennes et des Grecques schismatiques viennent puiser à la même source l'instruction et la vertu. Quelle que soit la diversité des croyances qui séparent leurs familles , ces eafants n'ont toutes pour leurs maîtresses qu'un même sent:ment d'affection et d'inexprimable confi:uce. On comprend quelle dut être mon émotion en voyant les Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul déjà si admirablement éta-

blies au centre même de l'isiamisme , et ces humbles filles, heurèuses d'être associées par leur dévouement pour l'enfance au ministère apostolique, bénissant mille fois le Seigneur de les avoir choisies pour servir d'instruments à sa miséricorde sur cette terre trop longtemps désolée.

» Cependant les succès qu'elles obtiennent vont les forcer à multiplier les établissements, afin de répondre aux besoins et aux pressantes sollicitations des familles, Bientôt chaque quartier de cette vaste capitale aura son école où viendra se former toute la jeunesse du pays. Quel avenir ne promet pas au christianisme une génération dont il aura lui-même cultivé l'esprit et formé le cœur !

» Pour compléter l'œuvre de l'éducation de la jeunesse à Constantinople, nos missionnaires ont établi dans leur maison une imprimerie, dont les presses, constamment employées à reproduire, dans les diverses langues de l'Orient , des ouvrages d'étudos et de piété, fournissent à peu de frais aux écoliers et aux pauvres les livres dont ils ont besoin.

» Ce n’est pas tout : Constantinople a déjà son bureau de charité ; dans ce moment s'élève un hôpital destiné à fournir des secours aux malades , et un asile à soixante familles indigentes. Non-seulement les chefs des premières maisons de la ville ont voulu concourir à sa fondation, mais le

grand-seigneur a daigné s'y associer par une souscription de deux mille

cinq cents francs. Avant un an, cet hospice sera en état de réaliser le bien

qu'il promet. Les Sœurs de la Charité seront encore appelées à en prendre la direction.

» Je ne puis vous donner qu'un lèger aperçu des fatigues auxquelles se livrent nos confrères pour procurer le salut des âmes. Chaque jour leur église estremplie de fidèles dont un bon nombre participe aux sacrements. Les hérétiques mêmes s'empressent d'assister à nos offices et d'entendre la parole de Dieu , prèchée alternativement en turc, en grecet en français. Nous l'avons déjà dit, l'ignorance est ici l’obstacle universel que rencontre notre ministère; pour la déraciner, M. Elluin fait, tous les dimanches, dans l'intérêt des familles pauvres et avec le plus consolant succès , un catéchisme en grec, fréquenté par pius de trois cents enfants et par beaucoup d'adultes. Un autre missionnaire, M. Bonnieux, dont j'ai admiré le zèle infatigable, passe sa vie à entendre les cou:vssions des catholiques dispersés sur tous les points de la ville et des nvirons. C'est quelque chose de touchant que de le voir partir chaque matin, dans le but de parcourir tantôt l'une , tantôt l'autre rive du Bosphore , pénêtrant dans l'intérieur des familles , distribuant des consolations ou des avis, confes-

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