‹ Les missions catholiques dans toutes les parties du monde [microforme]Chapitre 166 sur 175 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

d'autres enfants, cinquante soldats, presque autant de marins âgés et brunis par la mer, recevaient avec eux la confirmation,

» Indépendamment de sa garnison fort nombreuse, Philippevilie, qui a souffert beaucoup depuis un an » 16 compte pas plus de quatre mille habitants civils, en ÿ Comprenant même Stora et le hameau de Saint- Antoine. D'habitants musulmans résidants , presque aucun. II y a trois prêtres; inutile d'ajouter que les communions pascales ont répondu à leur zèle,

» Le 25 mai, nous glissions de nouveau sur la mer, plus paisible

qu'aux derniers jours d'avril ; je revoyais de loin Collo et sa mosquée si Pittoresque ; j'en avais naguère visité la baie et les délicieuses campagnes, au moment de leur conquête. Cent blessés ÿ avaient reçu nos consolations et nos soins ; nous les avions transportés à Philippeville à bord du Sphinæ ; je revoyais Gigelly, où je baptisais plusieurs enfants , en confirmais quelques autres, bénissais deux m:riages ; et durant ce temps-là , le vaisseau canonnait les Kabyles, Hassounah recevait une balle en combattant avec intrépidité , et tombait évanoui, Il est gueri depuis longtemps, grâce à Dieu.

» À Gigelly, il y a environ quatre cents habitants civils et le double de garnison. L'hôpital est remarquable , il est à peine achevé ; j'ai none, il y a plus de dix-huit mois , un curé de Gigelly : il n’a fait qu'y parattre à diverses reprises ; il ne peut encore y résider, faute d'une cabane et surtout laute d'une église,

» Je ne fis que toucher à Bougie ; sa petite église est convenable, le curé y est heureux ; là ville ne renferme que trois ou quatre cents habitants civils, et comme à Gigelly, dont elle est à peine éloignée de quinze lieues marines, le double d'habitants militaires. L'hôpital, un des plus anciens de l'Algérie, m'a toujours paru très-bien tenu.

» Le 28, je débarquais à Alger, et aussitôt j'inaugurais la chapelle de l'hôpital civil. Avant mon départ, j'avais béni la nouvelle église de Notre- Dame-des- Victoires , la chapelle des Lazaristes, celles de la Miséricorde , de Kouba, du Sacré-Cœur, des Orphelins, Avec ces nouveaux sanctuaires, Alger et sa banlieue comptent déjà seize églises ou chapelles , sans y comprendre les églises des villages nouveaux , consacrées depuis.

» Mais comment dire notre retraite ecclésiastique ! ces saints jours de bonheur si vite écoulés, ses trente prêtres de toutes nations ne formant plus qu'une famille, l'évêché devenu comme un séminaire ; DOS agape. fraternelles au milieu de la cour de marbre des Maures et parmi des

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guirlandes de croissants, le zèle apostolique et brûlant de notre saint prédicateur, et la rénovation des promesses cléricales » @t le chant des litanies de tous les saints de l'Afrique dont j'ai poursuivi et retrouvé les restes sacrés (ils : ont déjà plus de cinquante) ; et, les jours suivants , la consécration de l'église de Saint-Eugène de Praria, celle de la charmante église de Sainte-Philomène de Byr-Kadem , etc... Saintes et délicieuses journées , que je compte parmi les plus belles de mon épiscopat.

» Elles duraient encore que. je repartais, traversant !+8 premières : chaînes de l'Atlas, remontant désormais sans effort les gorges pittoresques de le Chiffa, pour gagner Médéa. Quelle jolie église, et comme elle:a été merveilleusement pourvue de tout! la croix la domine ; mais bientôt quel sera le hameau, la cité mauresque ou française sur laquelle elle ne brillera pas ?

» Parmi les enfants que j'y baptisais, je n'oublie ni cette charmante petite Arabe sauvée des horreurs de la prise de la smala (sa sœur avait été massacrée à ses côtés en sortant , Pour jouer avec elle, de la tente de leur père) , et que l'armée victorieuse m'offrait comme son plus précieux trophée ; ni ce petit juif que sa mère, juive encore, et une de ses parenies , en grande parure de juives d'Alger, offraient à leur tour au pied" du même autel devant lequel étaient rangés en demi-cercle un certain nombre de juifs émerveillés.

» Le 6 août, je traversais les montagnes , j'allais à Miliana , je franchissais le col célèbre de Mouzaïa. Quelle soirée ! quelle nuit que cette paisible nuit du 7 au 8 aoûi, chez les Kabyles , sur la paille fratchement battue , sous le pavillon magique du ciel, par ce clair de lune si ravissant ! Le 8, jour anniversaire de ma première communion , arrivé sur le col même et à genoux sur le plus haut sommet, je priais pour ceux qui tant de fois etsi vaillamment y combattirent, et dont je mouillais de mes larmes le“ ossements cachés sous les myrthes et les bruyères… C'est alors que, d'uue voix profondément émue et retentissant par tous ces échos étonnés, je bénis, en étendant ma croix, ces montagnes , ces campagnes immenses et jusqu'à cette mer lointaine, qu’un prince avait déclarées françaises en

-Y étendant sa victorieuse épée , comme je les déclarais chrétiennes en les foulant de ma houlette, en offrant le sang de la Victime sainte |.

» Je célébra* un peu plus tard , sur le revers opposé de l’Allas, avant le fameux bois des oliviers, au plateau de la croix ; il était dix heures. Figurez-vous des grottes profondément creusées dans le roc vif » portant encore la trace séculaire de leurs premiers habitants; et au-dessus ,

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