CHAPITRE
droit d'y célébrer la messe une fois par an, Nous e*mes aussi le bonheur d'y offrir le saint sacrifice,
» Près de l'église du Cénacle, dont nous avons parlé , se trouve aussi l'emplacement du palais que David fit bâtir et où il conserva pendant trois mois l'ar.+ ‘alliance. On y vénère son tombeau , mais défense expresse est faite aux chrétiens d'entrer dans la salle qui le renferme. Ce ne fat que par un privilège particulier qu'il nous fut donné de voir, d'une des salles supérieures, le haut du cénotaphe du roi-prophète.
» En descendant de la montagne de Sion, du côté de l'orient, nous traversâmes un toient desséché. C'était ce torrent que David, plein de trisesse, avait franchi, fuyant devant Absalon; c'est celui aussi «ne le no=veau David, l'âme triste jusqu’à la mort, avait traversé p':* aller à Gethsémani : c'était le torrent de Cédron. Gn a marqué la pli :\ où une tradition veut que le Sauveur soit tombé alors que les soldats l’emmenaient garrotté. Au ” là de ce torrent, nous trouvâmes bientôt le jardin de Gethsémani. Ce jardin , de soixante pas en ré, esi dépourvu de clôture ; il renferme encore, debout dans son enceinte, huit antiques oliviers qui annoncent une extrême vétusté, « Leurs troncs , Chenus et bossés, dit un vieil auteur, surpassent en grosseur tous les autres arbres de la Pslestine. Ces huit arbres étant les seuls que les Turcs aient exemptés de la taxe imposée sur les autres plantes aux environs de Jérusalem depuis que cette ville est tombée dans leurs mains , on en a conclu, et avec raison, qu'ils sont d’une très-haute antiquité, que peut-être même ils existaient du temps de Notre-Seigneur. Les Souverains-Pontifes ont défendu d’en : arracher du bis vert ; on recueille avec soin les branches sèches ou tombées par terre, dont on fabrique des chapelets. L'huile et les noyaux des olives se distribuent aussi comme objets de piété. On montre à Gethsémani le lieu où les trois apôtres, accablés de tristesse et de sommeil, furent réveillés trois fois par le Sauveur, et aussi la place où Judas donna à son
Maître le perfide baiser. Quant au village de Gethsémani, il n'en existe plus rien ; c'était jadis un petit bourg dont le nom, Pressoir des Olives, indiquait la production et l'industrie de ces lieux ; il est placé entre Jé.usalem et le mont des Oliviers. Il paraît qu'il avait té donné aux prêtres et aux lévites pour faire paître les animaux qui devaient être offerts dans le temple. De là on les conduisait par la porte des Troupeaux, ou de Saint- Etienne, à la piscine probatique. Ce n’était que lorsqu'i's avaient été purifiés dans cotte piscine qu'ils étaient reconnus propres au sacrifice.
» Tout auprès du jardin des douleurs est un souterrain obscur : c’est
la grotte où le Sauveur répandit une sueur de sang. On y entrait autrefois de plain-pied ; aujourd'hui on y descend par sept à huit degrés grossièrement façonnés. Dans le fond et au-dessus de l'autel, où il nous a été donné de célébrer plusieurs fois les saints mystères, sont écrites ces étonnantes paroles : Hic factus est sudor ejus sicut quttæ sanguinis decurrentis in terram (4). Nous nous mtmes à genoux sur cette terre où s'était prosterné le Sauveur, priant avec tant d'amertume. Qui ne se sentirait vivement porté au regret de ses fautes lorsqu'on se trouve sur le lieu même oùelles apparurent à la pensée du Sauveur des hommes et lui causèrent de si cruels tourments ?
» Sortant de Gethsémani, et passant sur un pont d’une seule arche, jeté sur la ravine du torrent de Cédron, nous nous rendîmes à la maison d'Anne. Cette maison, située près de la porte de David, au pied de la montagne de Sion et en dedans des murs de Jérusalem, a été convertie en ane église placée sous le vocable des saints Anges. On y vénère surtout le lieu qui retentit du sacrilége soufflet au bruit duquel les ennemis de Jésus poussèrent des ris insolents. Les Arméniens schismatiques sont seuls en possession de cette église.
» De là, ayant déjà visité sur le mont Sion la maison de Caïphe , nous accompagnâmes par la pensée le Sauveur jusqu'au palais de Pilate. Ce palais est aujourd'hui tout en ruines. A l'entrée du prétoire , ouverte sur la grande rue qui traverse Jérusalem de l’est à l'ouest, est un escalier composé de onze marches ; ces marches sont d'un côté engagées dans le mur du palais, et de l’autre reposent sur un mur d'appui en forme de rampe. On croit que cet escalier remplace celui qui était là anciennement et qui avait vingt-huit marches ; celui-ci a été transporté à Rome , où il est vénéré sous le nom de Scala sancta. Trois fois Notre-Seigneur monta et descendit par cette échelle sainte, d’abord étant conduit de Caïphe à Pilate ; et il en descendit, étant traîné du palais de Pilate à celui d'Hérode; il la monta une seconde fois quand il fut renvoyé d'Hérode à Pilate, et il en descendit quand de chez Pilate il fut conduit au lieu de la flagellation ; il la monta de nouveau, après la flageilation, pour venir recevoir la couronne d'épines , et il en descendit enfin y 1 prendre la croix et la porter au Calvaire. Lorsqu'on est parvenu au haut r'e cet escalier, on entre dans une cour assez vaste, et sur la droite commencent deux grandes et longues voütes : ce fut sous l’une d'elles, sans doute, que les soldats jetèrent sur les épaules ensanglantées de Jésus une espèce de manteau de pourpre,
(1) « foi il fut couvert d’uno sueur de sang qui coula jusqu’à terre, »
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