CHAPITRE
où il es VII dans nons >, le Esquisse des mœurs égyptiennes.
près ange Extrait d'une lettre de Mgr Guasco, évêque de Fez et délégat apostolique beau de l'Egypte et de l'Arabie, à MM, les membres du conseil central de la scen- : Propagation de la foi, à Lyon.
rdant s par * « Alexandrie d'Egypte, le 16 octobre 1844, saïe , 6 sé- » Le but que je me propose en vous adressant cette esquisse des mœurs y vic- égyptiennes , est d'offrir à vos associés un gage de ma vive reconnaissance. vers, Je n'ignore pas que ce tableau souvent ébauché par beaucoup d'historiens rifice et de voyageurs, ne se composera en grande partie que de traits déjà notre connus ; mais si la vérité des descriptions peut suppléer à l'intérêt de la plus nouveauté, si le caractère d'un peuple a toujours quelque chose de saisissant lorsqu'il est tracé avec exactitude , j'aurai aisément ce modeste ou avantage; car, en peignant les Egyptiens tels qu’ils sont, ce sera simplets ment redire ce qui se passe autour de moi et sous mes yeux. dernes » La population indigène se partage en deux familles principales, les et la N Arabes et les Cophtes ; ces derniers, comme seuls descendants des anciens t em- Egyptiens , se présentent aussi les premiers à ma pensée. L'étymologie de iscité , leur nom, suivant quelques historiens , paraît dériver de Cophtos ou Kypt, ue ville autrefois célèbre dans ce pays. Il en est qui lui attribuent une autre “e origine ; mais quelle que soit la diversité des opinions à ce sujet, tous les aies auteurs s'accordent à regarder les Cophtes comme les habitants primitifs par le de la contrée.
» Soumis depuis plus de vingt siècles au despotisme étranger , ils ont de ce oublié peu à peu le génie, les arts et les connaissances de leurs ancêtres ; à avec toutefois , ils ont conservé plusieurs de leurs usages ; etles notions qu’ils sé # se sont transmises de père en fils, touchant les terres ensemençables et , mor
les produits les plus favorisés par l’inondation périodique du Nil, les font choisir, même aujourd’hui, pour remplir les fonctions de secrétaires ou d'intendanis, sous l'autorité des beys et des gouverneurs. N'allez pas croire que , pour servir d'instruments à une civilisation qui n’est pas la leur , ils démentent leur origine : loin de là; comme les pères écrivaient
en caractères hiéroglyphiques , pour dérober au vulgaire le secret de leurs sciences , ainsi les fils écrivent en cophte pour inieux cacher l'intelligence de leurs calculs. Voilà, sans aller en chercher d’autre cause, d’où vient que la langue des Egyptiens ne s'est point perdue. .
» Les Cophtes embrassèrent la foi chrétienne presque aussitôt qu'elle fat apportée en Egypte par l'évangéliste saint Marc. Ils la gardèrent dans toute sa pureté jusqu’à la naissance du monothélisme. Abandonnant alors les saines traditions pour les nouveautés de la secte, ils portèrent dans leur égarement cette opiniâtreté et cet esprit de parti qui rendent l’aveuglement presque incurable , surtout lorsqu'à la faveur d’une épaisse ignorance il a reçu la sanction du temps et de l'habitude. L'hérésie , d'ailleurs, perdit bientôt chez eux son caractère primitif, en s’alliant aux superstitions locales et en faisant aux souvenirs de l'ancien paganisme des emprunts plus coupables encore.
» Au reste, les Cophtes valent mieux que leurs croyances ; ils sont doux , humains et hospitaliers; sensibles à la tendresse paternelle, comme à l'amour filial, ils honorent et respectent les liens du sang. Le commerce qu'ils font dans l'intérieur du pays, et l'administration des affaires qu'on leur confie volontiers , leur procure parfois des trésors considérables. Mais ces richesses mêmes sont presque toujours la source de leurs malheurs; car à peine a-t-on deviné leur opulence, que des malveillants et des envieux les accusent de concussion ou de rapine , et sans plus d'examen le gouvernement les dépouille sans pitié. Trop heureux encore s'ils pouvaient toujours s’en tirer par la perte de leur fortune. Malgré ces vexations continuelles, ils n'ont jamais rien entrepris contre la tyrannie qui les écrase ; au contraire , ils en supportent le joug avec une patience à toute épreuve ; tant il est vrai qu'une longue habitude peut rendre légers les fers mêmes de l'esclavage,
» Après les Cophtes , les Arabes sont le plus ancien peuple de l'Egypte. Ils formèrent à peu près les deux tiers de la population. Leurs mœurs diffèrent avec le genre de vie auquel ils sont adonnés. Je ne parlerai pas des fellahs, parce que le silence est le seul voile que: la charité puisse jeter sur leurs défauts.
‘» Ceux qui sont connus sous le nom de bédouins, et qui couvrent les solitudes brûlantes situées à l’orient et à l'occident de l'Egypte, présentent des caractères beaucoup moins odieux. Divisés par hordes nomades , ils dédaignent la culture, vivant de fruits sauvages et du produit de leurs troupeaux. Aussitôt que les pâturages où ils ont fait une halte passagère
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